jeudi 27 novembre 2014

[Archive 29 janvier 2012] Entre hauts sommets et abysses...

...il doit y avoir un juste milieu. Le fait de recevoir un commentaire sur un blog ou un réseau social, ou de faire une vente, génère une petite dose de plaisir. Ces doses accumulées créent une addiction qui entretient le narcissisme, comme me le démontre mon expérience actuelle "sans Facebook pendant un mois". Donc, je crois que j'ai de la chance de ne pas avoir (ou presque) de commentaires sur ce blog, parce que j'y suis trop sensible. Après un tel constat, on serait presque tenté de se retirer totalement du monde. Sauf qu'à mon humble avis, il faut entretenir une relation avec le public. Ou du moins, se réserver une certaine disponibilité.
 
Alors, quelle conclusion ? En ne répondant plus à personne, un auteur peut facilement passer pour hautain et méprisant. Mais il peut aussi donner l'impression d'avoir "pris le melon" s'il parade sur les réseaux sociaux. Ma conclusion est qu'il ne faut pas rechercher le contact avec les autres auteurs ou le public, mais essayer de répondre aux questions dans la mesure du possible, si on le juge nécessaire. Il n'y a pas de règle fixe en la matière, c'est à l'appréciation de l'auteur. Cela dépend aussi de son état d'esprit.
 
Le plus important pour le lecteur, c'est de toute façon le prochain livre de l'auteur, s'il a apprécié son dernier. C'est là notre principale responsabilité, à nous autres auteurs. Avec deux enfants, une femme, un travail alimentaire et de gros efforts pour rendre visible mes livres au public, je sais ne pas pouvoir consacrer autant de temps que je le souhaiterais à l'écriture. Mais ce temps, je dois le prendre où je peux. C'est un combat de tous les jours. L'un des seuls qui vaille vraiment d'être mené, à la vérité.

[Archive 27 octobre 2011] Vampire, vous avez dit vampire?

Les vampires existent, je les ai rencontrés. Les vampires, c'est moi, c'est vous, c'est nous. A défaut de sucer le sang, nous nous gorgeons d'émotion. Dans les médias, dans les arts, dans les divertissements, dans la vraie vie et la virtuelle, les émotions et sentiments sont notre pâture, notre mets préféré. Je ne devrais pas dire ça, c'est sûr. On pourra me reprocher à juste raison de cracher dans la soupe. Les émotions, c'est une grande partie de mon travail, de mon gagne-pain, de mon business, appelez ça comme vous voudrez. C'est un truisme, bien sûr, mais il me serait impossible de toucher des lecteurs si mes ouvrages étaient aussi désincarnés que le bottin... Le problème, c'est que je ne suis pas le seul à faire ce travail de romancier. Les médias le font. Les hommes politiques s'entourent de conseillers pour leur bâtir un story telling bien poignant. Et finalement, tout le monde vampirise tout le monde. Pas étonnant qu'un livre (et un film) comme Twilight soient dans l'air du sang euh... du temps, pardon. Et avec lui, toute la littérature de type bit lit.


Il existe évidemment une infinité de registres et de gammes d'émotions, de celle, de type Mc Do, bien grasse et gouleyante que l'on va trouver dans les chiens écrasés à celles beaucoup plus subtiles et raffinées qui nichent dans les recoins de bibliothèques. Mais peut-être importe-t-il, de temps en temps, de s'arrêter et de se poser une ou deux questions. Où va nous mener cette boulimie ? J'ai conscience, en écrivant ces lignes, de la banalité de mon propos, mais je ne suis pas sûr que cela en diminue pour autant la pertinence. Toutes ces émotions factices que l'on se crée ne vont-elles pas, à terme, tuer toute vérité de sentiment en nous ? Réagissons-nous ainsi par défiance envers la montée des technologies, pour nous retrouver en terrain connu ? Et paradoxalement, cette surexposition ne nous transforme-t-elle pas en machine dans notre vie quotidienne, à force de nous blinder contre les images qui nous sont imposées ? Le jeu, faire battre un peu plus vite nos coeurs, en vaut-il toujours la chandelle ? Ceux qui alimentent cette grande machine des passions dans notre société des loisirs, et moi le premier, le savent : si l'effet recherché est celui produit, l'argent est à la clé.
 
Je ne suis pas sûr que cela puisse me dédouaner, mais en ce qui me concerne, quand j'écris, je ne cherche pas seulement à faire vivre des émotions et des sensations. Je recherche la justesse et le sens. Et, si possible, la justesse de sens. Je me suis demandé en écrivant ce billet si je ne devrais pas me tourner vers l'écriture de polars, qui privilégient les capacités de déduction et de réflexion. Il est possible que je le fasse un jour. Mais je crois malgré tout qu'il est possible d'aller vers la justesse quel que soit le genre littéraire que l'on privilégie - y compris la bit-lit. En conclusion, mon conseil sera des plus banals, mais plus que jamais d'actualité : faites fonctionner vos neurones et votre sens critique. Privilégiez la presse écrite, sur le net, le papier ou les liseuses, celle qui donne à penser plutôt qu'à voir. N'oubliez pas que les hommes politiques s'entourent de conseillers pour se construire une image, et qu'à partir du moment où il y a information, il y a mise en forme et manipulation. Et gardez votre coeur pour les moments propices.

mardi 25 novembre 2014

[Archive 5 août 2009] Droit de préférence : abusif dans le cadre de l'édition numérique

Si le droit de préférence, clause de priorité portant sur les prochains ouvrages d'un auteur, apparaît comme abusif dans le cadre de l'édition numérique, ou édition à petits tirages, c'est tout simplement qu'il n'a pas été conçu pour ce mode particulier d'édition que permettent les nouvelles technologies d'impression. Pourquoi les éditeurs ont-ils recours au droit de préférence? Pourquoi celui-ci est-il plus adapté à l'édition faisant appel à la technologie offset d'impression ? Explications.
Les éditeurs ont parfois recours au pacte de préférence, pour un à cinq ouvrages au maximum, entendant ainsi ne pas se faire ravir un auteur qui connaîtrait le succès par une maison d'édition rivale aux moyens plus puissants, susceptible de proposer un contrat ou des à-valoirs (avances sur les droits d'auteur) séduisants à cet écrivain ayant trouvé son public.  En effet, pour un petit éditeur ayant décidé de faire une mise en place des ouvrages de l'auteur conséquente en librairie, c'est à dire lui garantissant une véritable exploitation dans les points de vente, l'investissement va sans problème atteindre plusieurs milliers d'euros. "Mise en place conséquente ?" Une mise en place de combien d'ouvrages au fait ?

Eh bien en 2004, d'après le Centre national du livre, on recensait 2500 à 3000 points de vente qui avaient le livre pour activité principale. Même si le nombre de points de vente a diminué, il faudrait donc au bas mot une mise en place dans ces points de vente de 2000 exemplaires pour assurer une véritable exploitation au livre. Ce tirage très important requiert donc un investissement à la hauteur, et ce, d'autant plus si l'on prend en compte les frais annexes de stockage des livres, les frais de distribution et de retours de libraires, et les frais de promotion. On comprend mieux qu'avec de tels investissements, un éditeur soit en droit d'essayer de s'assurer une certaine continuité de  travail avec son auteur. Et d'inclure un pacte de préférence au contrat qu'il lui fait signer.


 
Une imprimerie offset


Avec l'"édition numérique", on change radicalement d'échelle, puisqu'il s'agit d'éditer des livres à petits tirages à l'aide de la technologie numérique, qui se rapproche de celle des photocopieuses en plus perfectionnée. Les tirages vont entre 1 et 1000 exemplaires. A partir de 1000 livres et plus, c'est l'impression en offset qui va être privilégiée.  Un éditeur utilisant la technologie numérique va le plus souvent opter pour des tirages réduits de 50, 100 ou 200 exemplaires, dans le but bien sûr de minimiser le risque financier.


Une imprimerie numérique
 
Pour savoir si le droit de préférence est adapté à l'édition numérique, faisons un petit calcul. Si l'éditeur assume un tirage de 100 exemplaires, cela va lui revenir à 4 à 5 euros pour un ouvrage de 200 pages, et cela peut même monter à 7 euros l'exemplaire si l'ouvrage fait environ 400 pages. Donc un investissement, disons de 700 euros. A cela peuvent s'ajouter des frais annexes : frais de référencement du livre chez Dilicom, la base de données des libraires, par exemple, frais de promotion. Il sera rare, toutefois, que l'investissement de l'éditeur excède un SMIC mensuel. Maintenant, prenons l'auteur auquel on va demander de s'engager sur, par exemple, ses trois prochains exemplaires. Le travail sur ces trois exemplaires sera très rarement inférieur à un an, et cela peut demander beaucoup plus selon les auteurs. Donc en échange d'un investissement d'un SMIC mensuel, cet auteur garantirait à un éditeur le fruit de plus d'un an de travail  ?  Et n'oublions pas que les perspectives de vente seront évidemment limitées puisque le livre ne pourra être présent dans tous les points de vente.

En conséquence, l'application d'un droit de préférence pour l'édition numérique semble tout sauf équitable. On peut même parler d'une clause abusive du contrat, puisque c'est une clause empruntée à un mode d'édition se faisant sur une bien plus grande échelle.

La même chose peut être affirmée, et avec plus de force encore, concernant la cession des droits, qui ne devra jamais être dans l'édition numérique "tout le temps que durera la propriété littéraire de l'auteur", c'est à dire à vie plus 70 ans, mais de préférence pour une durée ne devant pas dépasser, à mon avis, 5 ans renouvelable tacitement.


Marc Autret, l'auteur de 150 questions sur l'édition, a une position claire à ce sujet : l'édition numérique est un univers où les parties devraient toujours se garantir mutuellement contre des contrats aliénants et longue durée. Il faudrait, bien au contraire, privilégier la flexibilité maximale. Cela n'empêche pas un contrat d'être précis et bien balisé.

J'ajouterais qu'à partir du moment où les enjeux financiers demeurent restreints, il paraît naturel que ce soient des liens de confiance réciproques qui animent les deux parties, beaucoup plus qu'un contrat. Si l'éditeur fait son travail de conception de l'objet-livre, direction littéraire, promotion et mise en valeur dans les salons, il n'y a pas de raisons que l'auteur ne lui accorde pas sa confiance pour un autre livre à l'avenir. Ce n'est qu'un avis personnel, bien sûr.

lundi 24 novembre 2014

[Archive 10 janvier 2014] Si je devais mourir demain

Il arrive parfois qu'à la mort d'un auteur, sa notoriété s'accroisse et que les ventes de ses livres s'envolent. Dans ces cas-là, on peut avoir l'impression que la seule chose qui empêchait à la société de faire du business autour de l’œuvre d'un auteur, c'était l'auteur lui-même.

Il faut parer à toute éventualité, même à la plus inconcevable ou irréaliste. Même au succès après sa mort. C'est pourquoi j'ai dit aujourd'hui à ma femme que si je devais mourir demain (ou en tout cas avant elle), elle toucherait bien sûr les droits sur la vente de mes ebooks et sur les exemplaires imprimés à la demande via Createspace, et nos descendants si le cas se présente, jusqu'aux 70 ans après ma mort, mais que je ne souhaitais aucun business auprès de l'édition traditionnelle.

Oui pour une adaptation auprès d'Hollywood si par extraordinaire il devait y avoir des propositions, mais non à la republication de mes ouvrages par une maison d'édition quelle qu'elle soit. Pas de livres de poche, pas de présence en librairie. Pas tant que les 70 ans après ma mort ne se soient écoulés. Après cette période, le business se fera s'il doit se faire, mais du moins, ce ne seront plus forcément les personnes qui auront vécu pendant que j'étais de ce monde qui tireront les marrons du feu. 

On va me dire, c'est égoïste. Certes. Mais c'est aussi pour moi le moyen de rétablir une certaine justice. Les lecteurs auront moyen d'accéder à mes livres après ma mort, mais uniquement sous le format ebook ou sous format papier grâce à Createspace ou un éventuel autre imprimeur à la demande que j'aurais choisi moi-même de mon vivant.

Pourquoi ? Parce que ce sont les deux seuls formats, qui de mon vivant, ont été justes avec moi. Le système traditionnel est tellement inique, tellement déséquilibré contre la très grande majorité des auteurs, que seul un méga succès peut permettre à un auteur de rétablir l'équilibre et d'obtenir des droits corrects.

Anti-système ? En tout cas oui, j'ai toujours trouvé injuste ce qui était arrivé à Van Gogh. L'aveuglement de la société qui consiste à dire "il doit en baver pour être un grand artiste" doit cesser. Est-ce que l'art de Michel-Ange aurait été plus abouti s'il n'avait bénéficié du mécénat d'un prince, et s'il avait dû se serrer la ceinture toute sa vie? Je ne le crois pas.

Le format numérique a donné à tous les auteurs l'espoir d'un vrai changement, changement qui n'a pas pris une ampleur souhaitable pour les artistes en France pour le moment. Les décisions politiques y sont pour beaucoup.

Mais que se passera-t-il si les sociétés technologiques aujourd'hui généreuses en terme de droits d'auteur deviennent les grands prédateurs de demain, me direz-vous? Après tout, elle sont déjà ressenties comme telles.
On ne peut pas tout contrôler. Je fais confiance à ma femme pour s'informer et prendre les décisions que j'aurais prises moi-même.

samedi 22 novembre 2014

[Archive 2 juillet 2012] Le tournant de ma carrière

On peut à bon droit se demander s'il n'est pas trop tôt pour parler, en ce qui me concerne, de carrière d'auteur. Je retiens deux critères pour me situer dans mon cheminement professionnel. Celui de Joe Konrath qui estime qu'un auteur peut être considéré comme pro à partir de 5000 exemplaires vendus. J'en suis à plus de 2500 en comptant les différentes auto-éditions d'Espace et Spasmes devenu Les Explorateurs, et en englobant les ventes d'ebooks. Et celui de Dean Wesley Smith selon lequel on devient pro à partir d'un million de mots écrits. J'en suis à plus de 500 000 depuis 2001 (je parle bien évidemment uniquement de textes de fiction, pas de mes articles en tant que journaliste ni de mes billets sur ce blog). Les deux critères me classent en tant que semi-pro, ce qui signifie qu'il y a au moins embryon de carrière. Même si ces chiffres peuvent prêter à sourire si on les compare à ceux d'auteurs renommés, il y a eu un moment dans mon parcours où je suis passé de "presque rien" en termes de ventes à "quelque chose". Cette expérience peut servir à d'autres, c'est pourquoi je juge utile d'en parler ici.
 
Dans un parcours de vie, il y a des événements, positifs ou négatifs, qui en déterminent d'autres. Parfois, le négatif peut déboucher sur du positif, à condition de réagir. De 2001 à 2008, si j'ai vendu 150 livres, et principalement à des proches, c'est le bout du monde. Quel a donc été le tournant ?
 
On pourrait parler de la sortie du Souffle d'Aoles en 2010. Ou au contraire revenir beaucoup plus tôt en 2000-2001, et se souvenir de l'éclatement de la bulle Internet qui m'a amené à perdre mon précédent emploi de journaliste titulaire, puis peu à peu mon activité en tant que pigiste, et à développer mon projet d'écriture.
 
Ou bien sûr l'expliquer par la rencontre avec ma femme en l'an 2000, puisque sans son soutien, je n'en serais sans doute pas là aujourd'hui.
 
Ou encore, revenir sur les déconvenues avec les éditeurs : les manuscrits rejetés, le désastre de ma relation avec Bragelonne ou l'expérience peu probante (ou probante à contrario) avec les éditions Lokomodo. Tout cela, bien sûr, m'a conduit à privilégier l'autoédition, un choix déterminant.
 
Ou enfin, évoquer cette période en 2006 où j'ai été amené à me reconvertir pour trouver un boulot alimentaire stable. Etape très importante, parce que j'avais besoin d'une certaine tranquilité d'esprit pour écrire, et parce que c'est ce travail qui nous a permis de déménager en banlieue parisienne et de nous loger de manière plus confortable.
 
Trouver un emploi stable a été un virage très important. Mais en ce qui regarde l'activité de ventes de livres, la quête de lecteurs qui est l'une de mes motivations essentielles dans l'écriture (je dois écrire pour les autres), le véritable tournant de ma carrière a été le fait de quitter Paris début 2007, où je résidais depuis 1996 - d'abord dans le XIIème arrondissement, puis à trois avec ma femme et ma fille dans un 50 m2 à côté de la Porte de Saint Cloud.
 
Lorsque j'étais à Paris, j'avais déjà une activité d'autoédition. Mes couvertures faisaient nettement plus amateur, et je ne suis pas, pendant cette période, parvenu à obtenir une seule séance de dédicace en librairie. J'en ai été réduit à dédicacer dans une salle de jeux en réseau (oui, c'est en lien avec mon expérience précédente de journaliste critique dans les jeux vidéo). L'expérience s'est soldée par un désastre.
 
J'avais déjà un véhicule à Paris, mais qui m'encombrait davantage qu'autre chose. En arrivant à Pontoise en 2007, nous avons été amené à changer de voiture, en prendre une suffisamment spacieuse pour contenir une famille, mais aussi des cartons de livres.
 
D'un seul coup, les possibilités se sont ouvertes. Je ne m'en suis pas rendu compte sur le moment. Mes échecs précédents m'avaient quasiment persuadés qu'il me serait impossible de vendre en dédicace. A cet égard, mon expérience avec Lokomodo en 2009 a prouvé le contraire. J'ai regagné de la confiance en moi, et bien sûr, je me suis rendu compte que malgré les ventes, mes revenus d'auteur s'avéraient très insuffisants en étant édité.
 
Entre 2001 et 2008, j'ignorais que 25% de la population intra-muros de Paris est liée à une activité autour de l'intermittence du spectacle. Je n'avais pas mesuré à quel point Paris était la capitale du spectacle et du tourisme. Je veux dire, quand vous embarquez dans votre frêle esquif avec votre canne à pêche, vous n'allez pas pêcher dans des eaux infestées de requins, ça ne risque pas de mordre. C'est vous qui risquez de vous faire mordre.
 
J'ai compris que les conseils de ceux qui prétendaient que s'éloigner de Paris revenait à "s'enterrer en banlieue" et se couper d'opportunités de travail avec de grands éditeurs, ces conseils-là étaient préjudiciables. En tout cas pour moi. C'est en banlieue parisienne qu'il y a le plus de monde. C'est là que les libraires des grands centres culturels sont le plus ouverts à des auteurs ayant une démarche professionnelle. Pas tous, mais il y en a.
 
Pour l'anecdote, en décembre 2010, j'ai enfin réussi à obtenir une séance dans une librairie au coeur de Paris (derrière le BHV). Il y a eu beaucoup d'affluence dans cette librairie. Et je n'ai fait que six ventes.
 
J'ai beaucoup pensé à une certaine pub du journal Le Parisien ce jour-là. J'ai vraiment pu comparer avec mes séances en banlieue et dans l'Oise. Et je réalise à présent que toutes mes dédicaces dans Paris se sont soldées par des échecs. Toutes sans exception. Cela dit, Paris est une ville merveilleuse... pour y faire du tourisme ou pour sortir.

[EDIT 22/11/2014] Les fameuses pub du Parisien

 

vendredi 21 novembre 2014

[Archive 13 mai 2012] Agents littéraires : un mythe s'effondre

Aux Etats-Unis (on va finir par croire que je suis correspondant permanent aux Etats-Unis, moi, lol), l'association des représentants d'auteurs (AAR) vient de rejoindre la Guilde des Auteurs en envoyant au Département américain de la justice une lettre protestant contre l'abolition du mandat d'agence, ou prix d'agence (agency model). Or, c'est précisément ce mandat d'agence, un arrangement entre cinq grandes maisons d'édition et Apple, qui a permis aux grands éditeurs de garder les ebooks à un niveau de prix élevé. En agissant ainsi, l'association des agents d'auteurs et la Guilde des Auteurs se sont rangés du côté des grands éditeurs et des tenants traditionnels du marché du livre... Tout en se mettant en porte-à-faux contre les auteurs indépendants et les lecteurs qui réclament une baisse du prix des ebooks.
 
L'un des derniers grands pans de l'édition traditionnelle vient de s'effondrer. Pendant des années, j'ai dit, sur mon site, sur ce blog et en interview, que ce qui nous manquait en France, à nous autres auteurs, c'étaient des agents pour représenter nos droits et les défendre auprès des éditeurs. Je suis persuadé que j'avais raison de le dire, parce qu'il est très difficile pour un auteur de négocier directement avec un éditeur, et que l'agent pouvait jouer le rôle de "pare-feu affectif" en représentant l'auteur sur les questions financières.
 
Je reste convaincu que J.K. Rowling, l'auteur des Harry Potter, doit son succès mondial, outre son propre talent, au fait d'avoir trouvé un agent américain. A titre d'anecdote, elle s'en est d'ailleurs séparé depuis. De même, les agents ont été de précieux alliés des auteurs dès lors qu'il s'agissait de défendre les droits sous forme d'adaptation audiovisuelle, les traductions en langue étrangère et droits dérivés.
 
L'arrivée de l'ebook, cependant, est venu chambouler la donne. Le fait d'avoir un nombre beaucoup plus important d'auteurs américains qui, à présent, peuvent gagner directement leur vie en appuyant simplement sur un bouton, sans avoir besoin d'agent, a remis bien des choses en perspective. Les auteurs peuvent désormais avoir l'impression que ceux d'entre eux qui parvenaient à trouver le bon agent avaient autant de chance que s'ils avaient gagné au loto.
 
Et ils peuvent se dire, comme je l'ai déjà fait en 2010 lorsque j'ai décidé de prendre à bras-le-corps mon activité d'autoédition, qu'ils ne veulent plus jouer au loto avec leur travail.
 
L'auteur Joe Konrath vient de démonter sur son blog l'argumentaire de Simon Lipskar, président de la Maison des Ecrivains (une agence littéraire). Simon Lipskar rejoignait l'association des représentants des auteurs (AAR) et la Guilde des Auteurs dans leur requête auprès du département de la justice de rétablir le mandat d'agence.
 
Le billet de Konrath fait suite à d'autres où il se chargeait de faire subir le même sort, arguments à l'appui, à l'action de l'AAR, de la Guilde des Auteurs et au mandat d'agence en lui-même.
 
En substance, les éditeurs accusent Amazon d'avoir vendu à perte en baissant les prix des ebooks des bestsellers, et de vouloir devenir un monopole. De son côté, Joe Konrath et de très nombreux auteurs indépendants accusent les grandes maisons d'édition de se comporter comme un cartel, notamment en s'accordant sur les très faibles droits consentis aux auteurs sur le prix des livres et des ebooks, mais aussi bien sûr en élevant induement le prix des ebooks.
 
Le jeu des agents d'auteurs et des grands éditeurs est de dire : "les ebooks doivent être chers, car les grands éditeurs ont des charges très importantes, et plus les ebooks seront chers, mieux les auteurs et les agents pourront être rémunérés. C'est aussi de cette seule manière que pourra survivre la chaîne du livre."
 
Le jeu des auteurs indépendants est de dire : "nous n'avons plus besoin de grands éditeurs ni d'agents, nous pouvons faire de la vente quasiment directe aux lecteurs. Nous voulons des ebooks moins cher pour nos lecteurs. Si les grands éditeurs veulent survivre, ils doivent s'adapter et améliorer grandement nos droits d'auteur, la transparence des comptes et de nombreux autres aspects du business".
 
Konrath a aussi mis en évidence que la chaîne de librairies américaine Borders était déjà au bord de la faillite en novembre 2009 c'est à dire avant l'explosion de l'ebook. De nombreux auteurs constatent que depuis la disparition de Borders, des librairies indépendantes ont ouvert en nombre plus important, et cohabitent très bien avec l'ebook. Les deux ne sont donc pas incompatibles.
 
Ce ralliement des agences littéraires au mandat d'agence, et aux intérêts des grands éditeurs, a mis en évidence une chose : ce sont les éditeurs qui payent en premier lieu les agents littéraires, puisque ceux-ci perçoivent une commission sur les avances faites aux auteurs. Bien que dans leurs statuts, la loyauté première des agents littéraires doive aller aux auteurs, dans la réalité, c'est bien aux grands éditeurs que va leur dévouement.
 
Résultat des courses ? De nombreux auteurs sont en train de laisser tomber leur agent. Konrath lui-même, qui a gardé son agent, est en désaccord frontal avec cette dernière concernant le mandat d'agence. Une auteur comme Kristine Rusch a parfaitement relaté comment, avec l'arrivée des ebooks et le resserrement des conditions de signature de contrat pour les auteurs chez de grands éditeurs, certains agents se sont mis à trahir leurs auteurs de milieu de liste pour favoriser les auteurs best-sellers, en faisant signer aux premiers de nouvelles clauses défavorables.
 
Vous pensez peut-être que tout cela n'arrivera pas en France ? C'est vrai, les agents littéraires sont pratiquement absents du marché français. Ce seront donc les autres aspects du modèle traditionnel, les aspects les plus étouffants pour les auteurs et les plus défavorables aux lecteurs qui seront mis à mal. Et on ne va pas s'en plaindre. Vive la révolution ! 

[EDIT 21/11/2014] Je suis tombé presque par hasard l'autre jour sur un document PDF étudiant les mérites comparés des différentes agences littéraires en France. 

jeudi 20 novembre 2014

[Archive 15 juillet 2010] Un site comparateur de contrats d'édition ?

Je diagnostiquais dans ma récente interview au blog Belisamart (je me cite)  : "L'absence d'agents artistiques qui effectueraient un vrai travail de prospection et d'intermédiation se révèle (...) très fortement préjudiciable à l'éclosion de nouveaux talents." Pour tenter de commencer à remédier à ce problème (restons modeste) propre à la France, afin aussi de permettre aux éditeurs de gagner du temps et de l'énergie dans le tri des manuscrits qui leur sont proposés, il serait peut-être bon de créer un site qui, sous forme de tableau, comparerait les différents contrats d'édition proposés aux nouveaux auteurs de manière simple et synthétique. L'annuaire Audace, de Roger Gaillard, publié par l'Oie plate en 2005 et réactualisé, le fait déjà, mais tout le monde ne peut se l'offrir. Si les éditeurs acceptaient de communiquer ces données (certains le font déjà) en autorisant leur publication sur ce site en projet, les auteurs enverraient leurs manuscrits en toute connaissance de cause, et chacun gagnerait du temps.
 
On pourrait noter sur ce tableau des éditeurs à compte d'éditeur le pourcentage de droits d'auteur pratiqué, le montant de l'à-valoir s'il y a lieu, la durée de la cession des droits, l'existence ou non d'une clause de préférence indiquant que l'auteur doit publier son ou ses prochains romans (et dans ce cas, leur nombre) chez ce même éditeur, la cession ou non des droits audiovisuels dans le cadre du contrat initial, le pourcentage de droits d'auteur sur les exemplaires numériques (ebooks), le nombre d'exemplaires papier destinés à l'auteur et à la presse, la périodicité du relevé de comptes et du versement des droits.
 
Autres données très importantes à rajouter, le tirage moyen pour un nouvel auteur, et le fait de mentionner si l'éditeur a déjà, par le passé, fait des traductions en langue étrangère ou négocié des adaptations audiovisuelles (avec citation des oeuvres concernées).
 
Faisons donc l'expérience, si vous êtes éditeur et que vous souhaitiez me communiquer ces données, je m'engage à les communiquer sur un site ou un blog (les blogs permettent plus facilement l'actualisation) créé pour l'occasion, de manière transparente, afin de venir en aide aux uns comme aux autres, auteurs et éditeurs. Merci d'avance...
 
 
P-S : si en lisant ce billet, vous souhaitez me suggérer d'autres données utiles, n'hésitez pas à le faire en commentaire.

mardi 18 novembre 2014

[Archive 22 juillet 2013] La deuxième identité secrète de J.K. Rowling

Cela a été révélé récemment : l'auteur de Harry Potter, J.K. Rowling, avait écrit un polar, The Cuckoo's Calling, sous l'identité secrète de Robert Galbraith. Polar qu'elle avait fait éditer, sans doute par l'intermédiaire de son agent. Et si nous nous laissions aller à une petite fiction? Qui sait si elle n'a pas autoédité, sous une deuxième identité secrète (un troisième nom), un autre roman?

Cela peut paraître fou de se dire qu'une auteur plus riche que la reine d'Angleterre aurait autoédité un livre. Elle ne l'a sans doute pas fait, bien sûr. Mais l'idée, c'est qu'elle a pu le faire.

En réalité, elle a à tout moment la possibilité, de chez elle, d'autoéditer un ebook sans en parler à personne, et en particulier sans en parler à son agent, en prenant un autre nom de plume. De nos jours, l'édition, et l'autoédition, est quasiment devenue aussi simple que de presser un bouton - et oui, c'est une grande et belle chose.

Et vous savez quoi ? Si j'étais auteur édité, mais que mes relations avec mon éditeur ne se passent pas bien, c'est ce que je ferais dans un premier temps avec un roman inédit, pour "tester les eaux". Dans un deuxième temps, bien sûr, si l'essai est concluant, je m'arrangerais pour récupérer mes droits sur mes romans publiés, et pour les passer progressivement en autoédition.

Je crois fort possible, à l'avenir, d'avoir des révélations de type : tel auteur célèbre a secrètement autoédité l'un de ses livres. Pourquoi ? Parce que les auteurs édités, en particulier aux Etats-Unis, ont depuis longtemps été habitués à prendre de nouveaux noms de plume lorsqu'ils connaissaient l'échec commercial et que l'un de leurs noms se retrouvait "grillé".

lundi 17 novembre 2014

[Archive 9 mai 2012] Aux Etats-Unis, les mauvais comptes ne font plus les bons amis

Je tiens à saluer ici le courage des auteurs américains Kristine Rusch et Joe Konrath. La première, pour avoir dénoncé des malversations dans le paiement de ses droits d'auteur et pour avoir mis en lumière le comportement plus que douteux de certains agents littéraires. A la suite de ses dénonciations, elle s'est fait pirater ses sites internet. Le second, pour avoir donné la parole à une auteur d'Harlequin qui, après calcul, s'est rendue compte qu'elle ne percevait que 2,4% de droits d'auteur par livre. Joe Konrath appelle les auteurs à témoigner sur son blog et à se révolter contre ces tarifs outrageusement bas, qui n'apparaissent souvent pas en tant que tels dans les contrats.
 
Ceux qui regardent de près le contenu de ce blog savent que je ne fais pas dans le manichéisme. Il ne s'agit pas de dire que les éditeurs sont tous pourris et les auteurs, tous des anges. Il est évident, à mes yeux, que ce qui était caché jusqu'à présent dans les contrats d'édition arrive à la lumière grâce à l'arrivée du premier véritable concurrent aux éditeurs qu'est Amazon (dans le domaine du livre, dans la musique, Apple avait joué le même rôle).
 
Donc, de nombreux auteurs savaient. Ou du moins, ils se doutaient. Ils fermaient les yeux. Ce qui me fait dire ça ? Le fait d'avoir vu, sur Internet, un auteur commenter sur un blog qu'il serait prêt à toucher 0% de droits d'auteur pour être présent dans toutes les librairies. Certains auteurs seraient prêts à signer à 0%.
 
J'irais plus loin : je ne serais pas surpris que certains l'aient déjà fait. Après cette révélation de droits d'auteur à 2,4% chez Harlequin, je ne serais pas surpris d'apprendre que des auteurs se soient faits éditer pour leur premier livre à compte d'auteur déguisé par de grands éditeurs. C'est à dire que de grands éditeurs aient accepté de l'argent en provenance d'auteurs pour les éditer à 0% de droits d'auteur sous le couvert d'une édition à compte d'éditeur. Etant donné l'opacité des contrats et l'omerta (loi du silence) dans le milieu de l'édition, comment ferait-on pour le savoir ? Bien sûr, je n'ai aucune preuve. Il s'agit uniquement de supputations de ma part.
 
Alors, qui serait coupable, dans ce cas-là ? L'auteur, ou l'éditeur ? Les deux, mon commandant. Et quel est le mobile du crime ? Le fait de vouloir être diffusé le plus largement possible, pour l'un et de tirer parti de cette demande pour l'autre. De la même manière, des auteurs autoédités, dont je fais partie, vont mener des opérations de gratuité ponctuelle sur un ouvrage numérique, afin d'augmenter leur lectorat. Tout n'est pas tout blanc ou tout noir en ces matières. Il y a des nuances de gris.
 
Evidemment, ce n'est pas parce que l'esclavage volontaire existe dans le milieu de la littérature qu'il ne faut pas le dénoncer. Dans le cas de ce qui se passe aux Etats-Unis, même si les auteurs savaient, ou se doutaient, un contrat est quelque chose de légal. Si ses termes ne sont pas respectés, on est en droit d'attaquer en justice. L'action actuelle de Joe Konrath et de Kristine Rusch est on ne peut plus légitime, et devrait apporter un bol d'air sain dans un milieu on ne peut plus vicié.
 
Pourquoi les auteurs apparaissent-ils si souvent comme la cinquième roue du carosse, l'élément dont on peut se passer dès qu'il s'agit de rémunération ? Tout simplement parce que l'offre, en matière de manuscrits, est pléthorique. Pour un éditeur, il n'y a qu'à se baisser pour ramasser. Et c'est d'autant plus facile, lorsque l'on bénéficie du prestige de l'éditeur.
 
Je pense sincèrement que les choses vont évoluer. Avec les actions menées par des auteurs comme Kris Rusch et Joe Konrath, les éditeurs vont enfin perdre de leur aura.
 
Dans un univers numérique dominant, les myriades d'ebooks gratuits et à 0,99 € écrits par des auteurs d'aujourd'hui seront identifiés comme suspects par les lecteurs. Des ebooks plus chers autoédités seront des succès, et rapporteront 70% à leurs auteurs.
 
C'est pour cela que je milite à fond pour les ebooks et livres numériques. Parce que le prix de l'édition et la diffusion des livres papier en librairie se paie trop souvent au prix fort pour les auteurs. Celui de l'esclavage. Parce qu'il est plus facile de vérifier avec Amazon si une vente effective se traduit en droits d'auteur. Les choses sont beaucoup plus transparentes.

vendredi 14 novembre 2014

[Archive 18 septembre 2012] S'éduquer au numérique

Le numérique est un fantastique outil de démocratisation de la culture. Je pourrais ajouter, "à condition de le mettre à portée de tous en terme de prix et de facilité d'achat", mais cette condition ne se pose même pas grâce aux sites de téléchargements illégaux. A ce sujet, vous croyez que toutes les oeuvres numériques sont piratées ? C'est faux. Pour un artiste, avoir son oeuvre piratée est une marque de reconnaissance du public. A titre personnel, je suis satisfait de savoir que mes ebooks ont la possibilité d'être diffusés par ce canal. Néanmoins, la diffusion n'est pas tout. Je suis persuadé que nous autres auteurs, musiciens, chanteurs, dessinateurs, réalisateurs et créateurs de tout poil devons nous éduquer au numérique, et éduquer à ce sujet nos enfants. Simple question de bon sens.
 
Loin de moi l'idée de dire "c'est mal de pirater", ou "c'est mal de télécharger". Les enjeux tuent le jeu, dit-on. Le piratage peut se trouver détourné à des fins financières ou pour des motifs idéologiques ou politiques, mais par essence, c'est un jeu entre l'attaque numérique et la défense.
 
Le téléchargement illégal peut quant à lui répondre à des motifs de curiosité, de prix trop élevés, de produits non disponibles sur le marché, ou même de volonté parfaitement légitime de ne pas acheter plusieurs fois le même produit (sous forme physique et numérique). Dans le cas notamment de la curiosité, il joue un rôle d'ouverture culturelle. Il peut même s'avérer bénéfique pour l'achat ultérieur d'autres œuvres de l'artiste.
 
Là où le téléchargement illégal devient condamnable, à mon humble avis, c'est quand il se transforme en réflexe systématique de consommation. "C'est numérique, donc ça doit être gratuit. Ça ne peut pas se consommer d'une autre manière que gratuitement. Puisqu'il y a moyen d'obtenir les fichiers gratuitement, on se ferait avoir si on devait les payer." Cet idéal du tout gratuit est évidemment destructeur pour les artistes à partir du moment où tout le reste n'est pas gratuit dans la société.
 
Nous vivrions dans un Etat providence, où le travail se ferait sur la simple base du volontariat et où chacun aurait de quoi se nourrir et se loger gratuitement, je n'aurais pas de problème avec le tout gratuit numérique. Nous n'en sommes pas (encore ?) là.
 
Donc, je n'aime pas l'idée de faire la morale ou de devoir pointer du doigt les uns ou les autres, mais désolé, à partir du moment où un artiste se procure exclusivement des fichiers en téléchargement illégal, il se tire une balle dans le pied. S'il donne cet exemple, comment s'étonner après qu'il ne puisse vivre de ce qu'il fait ? 
 
Pour recevoir, il faut aussi savoir donner. Je veux dire, il y avait 8000 intermittents du spectacle dans les années 80 en France, il y en a plus de 100 000 à présent. Et combien y a-t-il d'auteurs ? Un million en France ? Davantage ? Nous allons vers une société de loisirs. Une société de loisirs majoritairement numériques, en attendant peut-être une autre technologie, qui sait.
 
Eduquons-nous. Achetons des morceaux de musique quand un artiste nous plaît. Apprenons à nos enfants à reconnaître les mérites du travail artistique. Donnons-leur cette culture. Apprenons-leur que les fichiers MP3 ne restituent pas l'intégralité des sons.
 
Quand on ne connaît pas un romancier, télécharger illégalement l'un de ses ebooks, oui pourquoi pas, si les extraits du livre sont trop courts pour se faire une idée, si l'ebook est trop cher et si vous ne le trouvez pas en bibliothèque. Mais à un certain moment, il va falloir apprendre à récompenser le travail des uns et des autres, si l'on espère soi-même en faire un moyen de subsistance.

jeudi 13 novembre 2014

[Archive 2 septembre 2012] Les chiffres du numérique et comment les interpréter

Le "mommy porn" Fifty Shades of Grey s'est vendu à trente millions d'exemplaires dont la moitié d'ebooks. Parallèlement, Hachette Book Group aux Etats-Unis annonce que le numérique représente 27 % de ses profits. Et à titre personnel, ma nouvelle gratuite Les Explorateurs a été téléchargée plus de 10 000 fois sur l'iTunes Store d'Apple. Qu'indiquent ces chiffres ? Que les choses bougent, bien sûr, mais on peut déjà faire certaines déductions plus fines sans risque de se tromper.
 
Mettons de côté le cas Fifty Shades of Grey, parce qu'on est dans l'érotique, que les livres électroniques permettent davantage de discrétion dans la lecture et que ce chiffre n'est sans doute pas tout à fait représentatif du marché. Celui qui me frappe le plus est celui d'Hachette Book Group: 27% des profits avec les ebooks !
 
Hachette a tendance à vendre ses ebooks plus cher qu'il ne devrait pour protéger ses ventes papier. Et on parle de profits. Cela signifie qu'en terme de nombres d'exemplaires, les ebooks représentent déjà au moins 30 ou 35 % du nombre d'exemplaires vendus par Hachette aux Etats-Unis. 
 
Imaginez maintenant, si Hachette Book Group divisait par deux le prix de ses ebooks. On peut imaginer qu'en termes de nombres d'exemplaires vendus, cela représenterait au moins 60 ou 70% du total. En termes de profit, on serait à au moins 50%.
 
Le chiffre total de vente d'ebooks aux Etats-Unis en 2012 représenterait environ 25% du total tous livres confondus. Mais ce sont les chiffres officiels. Ces chiffres prennent-ils vraiment en compte les autoéditeurs, qui vendent leurs ebooks moins cher ? J'ai un doute.
 
Je ne serais pas surpris qu'en termes de nombre d'exemplaires, on soit déjà à plus de 50% d'ebooks vendus aux Etats-Unis, tous livres confondus.
 
Pourquoi le nombre d'exemplaires est-il si important ? Parce que cela détermine le nombre de lecteurs que l'on touche. Tous les auteurs édités savent qu'ils touchent moins de lecteurs que s'ils autoéditaient le même ebook en fixant eux-mêmes son prix, parce que les éditeurs ont des frais, et augmentent donc le prix des ebooks. Plus vous touchez de lecteurs, plus vous avez de chances de vendre d'autres livres. C'est là que la logique de l'éditeur diverge profondément de celle de l'autoéditeur.
 
Après, bien sûr, il y a la question du "prestige de l'éditeur". Mais attention, parce que là, on entre dans le TRES subjectif.
 
Mais la France, dans tout ça ? Totalement à l'écart du phénomène ? Pas tant que cela. L'éditeur de l'imaginaire Voy'el explique dans une interview sur iDBOOX que ses chiffres de vente sur le numérique lui permettent de survivre. Les retours de livre papier lui coûtent en effet trop cher, et sans le numérique, Voy'el aurait sans doute déjà dû mettre un terme à son activité.
 
Ce n'est pas une surprise pour moi. Tous les libraires que je vois en séance de dédicaces me parlent du déclin de la vente des livres, et l'on sait par ailleurs que les éditeurs les plus prospères louent les meilleurs emplacements pour les ventes, au détriment des autres.
 
Cette année 2012 de l'ebook en France est en tout cas porteuse d'espoir. En ce qui me concerne, il faut une cinquantaine de téléchargements gratuits pour avoir une vente d'un exemplaire payant, soit du recueil complet Les Explorateurs, soit d'une autre des nouvelles payantes du même recueil (je dois être à 200 ebooks vendus de mes nouvelles de SF et du recueil pour l'année 2012).
 
L'intérêt, c'est aussi les notes et les commentaires, pour les ebooks gratuits. Les Explorateurs a été noté 81 fois sur iTunes. Il m'est arrivé à plusieurs reprises d'encourager des proches à me rédiger des commentaires en ligne, mais je ne le fais plus. J'ai décidé de laisser les choses se faire d'elles-mêmes pour ne pas truquer le système. Et si vous regardez le seul commentaire fait sur ma nouvelle Les Explorateurs sur iTunes, il y a un vrai parfum d'authentique, non ?
 
Le parfum que j'apprécie le plus, celui de la sincérité.

mercredi 12 novembre 2014

Vers plus de transparence dans l'édition : les chiffres de Lune Ecarlate Editions

Suite à la demande d'information du précédent billet, l'éditrice de la maison Lune Ecarlate, Nathy, dévoile en toute transparence ses chiffres. Une initiative que je ne peux que saluer, et qui mérite un coup de chapeau. En effet, bien qu'étant auteur autoédité, j'essaie d'être pragmatique et non dogmatique, et de donner au maximum des éléments permettant aux auteurs de faire leurs choix. Si d'autres maisons d'édition souhaitent faire de même ici, elles sont les bienvenues. 

Le bon vieux paradigme de l'édition, c'est qu'une maison d'édition n'a pas à faire de publicité, sur le net ou ailleurs, pour attirer des auteurs. Les auteurs sont ceux qui doivent être motivés pour se faire publier, c'est à eux de s'informer sur les salons, auprès des professionnels, d'autres auteurs, etc. Une maison d'édition ayant à faire de la publicité est une maison d'édition qui n'a pas "fait ses preuves", d'après cette théorie.

On peut se demander à quel point les petites ou moyennes maisons d'édition ne sont pas victimes de ce paradigme: elles proposent la plupart du temps de meilleurs chiffres de droits d'auteur que les grosses maisons, elles permettent parfois une plus grande souplesse avec une cession de droits d'auteur limitée dans le temps, sans bénéficier véritablement de cet avantage concurrentiel par manque de communication. 

Oui, je parle de concurrence, parce qu'il est évident qu'avec l'essor de l'autoédition et des plates formes comme KDP Publishing ou Kobo Writing Life, où l'auteur ne donne que 30% de marge sur le prix de ses ebooks sans concéder ses droits, cette concurrence existe de fait pour les éditeurs.

Lune Ecarlate n'est pas le premier éditeur à faire preuve de transparence, je sais que d'autres le font lorsqu'on les interroge, et s'ils veulent me communiquer leurs chiffres, je les publierai également sur ce blog.

Le but est évidemment d'aider les auteurs à faire leur choix en toute impartialité, chiffres à l'appui.

Lune Ecarlate est, il faut le savoir, une maison d'édition qui travaille essentiellement en numérique. Les livres papier sont imprimés à la demande, sur le site de Lune Ecarlate ou sur Amazon via Createspace. La maison d'édition dispose bien sûr d'un comité de lecture. 

Les chiffres de Lune Ecarlate : 

Tirages : impression à la demande
Avances: aucune
Imprimé : 10%
Numérique : 30%
Rémunération sur la couverture pour l'illustrateur : 5%

Paiments des droits :  à l'année en avril de l'année suivante 
Cession de droits :  trois ans renouvelables par tacite reconduction de trois ans.

Le pourcentage correspond au prix HT total des livres ou ebooks. Il faut toujours se méfier avec les pourcentages, parce qu'un éditeur communiquant sur 25% net signifie en réalité: "25% sur ce que nous rapportent les ebooks". A savoir, un éditeur recevant 70% du prix de l'ebook sur Amazon va reverser 25% sur ces 70%, c'est à dire en réalité, 17,5% du prix de l'ebook.

Concernant les livres papier, l'éditrice précise qu'un auteur Lune Ecarlate désirant vendre lui-même ses livres dans un salon se verra accorder la remise libraire de 35% sur les livres qu'il acquerra auprès de Lune Ecarlate. 

Pour Lune Ecarlate, il s'agit bien, en numérique, de 30% sur le prix total hors taxe des ebooks (100% du prix), donc près de deux fois ce que propose un gros éditeur. 

Si je juge important de donner les chiffres, c'est parce qu'il est essentiel dans le projet de vie d'un auteur de savoir si son activité d'auteur pourra être partielle, en complément d'une autre activité ou à plein temps. En d'autres termes, va-t-il pouvoir en vivre? Ne nous le cachons pas, en France, 99% du temps la réponse sera négative.

Après, d'autres paramètres, qui ne sont pas discutés ici, sont à prendre en compte, comme la réputation de la maison d'édition, le travail sur les textes, etc. En général, il est bien sûr recommandé d'acheter des ouvrages de cette maison pour savoir si le travail éditorial vous plaît en tant qu'auteur. 

Si vous êtes auteur, je ne me prononcerai bien sûr pas à votre place sur votre choix : je reste un auteur autoédité "pur jus", mais cela ne m'empêche pas d'admirer l'abnégation de certaines petites structures.

[Archive 21 février 2014] D'utilité publique : les chiffres des droits d'auteur et d'avances

Si un blogueur en France informe sur les droits d'auteur et avances des éditeurs français, je serais heureux de reproduire ici son billet, avec un lien vers son blog. Voici en tout cas les droits d'auteur et avances aux Etats-Unis tels qu'on peut les retrouver sur le blog de Brenda Hiatt. Et notamment ceux d'Harlequin, Hachette, Pocket... Je ne pense pas qu'une traduction soit utile, les chiffres parlant d'eux-mêmes...

Le premier chiffre en haut à droite est le nombre de titres inclus dans l'étude.
Avon/HarperCollins………………………………………………………………………61
Average advance (first book): $17,400  Median: $8000
Average advance (subsequent books): $28,300  Median: $12,500
Advance range: $5000 – $180,000
Standard print royalty: 8%  Electronic: 25% (net)
Average earn-out: $18,000  Median: $13,500  Range: $9,000 – $35,000

Baker/Revell……………………………………………………………………………….12
Average advance: $8800  Median: $9250
Advance range: $6700 – $10,000
Standard print royalty: 8-17% (net) Electronic: 25-50% (net)
Average earn-out: n/a

Ballantine………………………………………………………………………………….21
Average advance (first book): $40,000  Median: $40,000
Average advance (subsequent books): $172,000  Median: $175,000
Advance range: $40,000 – $275,000
Standard print royalty: 8%
Average earn-out: n/a

Bantam/Dell……………………………………………………………………………….15
Average advance: $17,000  Median: $20,000
Advance range: $7500 – $25,000
Standard print royalty: 8%
Average earn-out: n/a

Barbour & Co. (Novellas) …………………………………………………………………12
Average advance: $1000  Median: $1000
Standard print royalty: 2.5%
Average earn-out: n/a

Barbour & Co. (Trade Fiction) ……………………………………………………………4
Average advance: $8750  Median: $8750
Standard print royalty: 8%
Average earn-out: n/a

Belle/Bell Bridge Books……………………………………………………………………..7
Average advance: $330  Median: $250
Standard print royalty: 8% Electronic: 40% (net)
Average earn-out: $13,000  Median: $10,600

Berkley/Jove………………………………………………………………………………78
Average advance (first book): $8100  Median: $7000
Average advance (subsequent books): $12,200  Median: $8000
Advance range: $4000 – $40,000
Standard print royalty: 6% – 8% Electronic: 15% (cover) – 25% (net)
Average earn-out: $15,700  Median: $10,000  Range: $5000 – $50,000

Berkley (novellas) ………………………………………………………………………………4
Average advance: $6900  Median: $6300
Standard print royalty: 2-3.75%
Average earn-out: n/a

Breathless Press …………………………………………………………………………………8
Average advance: none
Standard electronic royalty: 40%
Average earn-out: $200  Median: $150

Cerridwen/Blush (EC)……………………………………………………………………………9
Average advance: none
Standard print royalty: 7.5% Electronic 37.5% onsite 37.5% (net) elsewhere
Average earn-out: $400  Median: $100

Dutton/Signet/NAL……………………………………………………………………………..35
Average advance (first book): $9400  Median: $10,000
Average advance (subsequent books): $21,000  Median: $12,500
Advance range: $6000 – $85,000
Standard print royalty: 7.5 – 8%
Average earn-out: n/a

Ellora’s Cave……………………………………………………………………………………..138
Average advance: none
Standard print royalty: 7.5% Electronic 40% onsite 40% (net) elsewhere
Average earn-out: $3100  Median: $2300  Range: $250 – $14,000

Ellora’s Cave (anthologies/novellas) ………………………………………………….38
Average advance: none
Standard electronic royalty: varies by number of authors
Average earn-out: $2250  Median: $2100  Range: $430 – $7100

Entangled…………………………………………………………………………………11……….11
Average advance: none
Standard print royalty: 9% Electronic 40% onsite 40% (net) elsewhere
Average earn-out: $89,000  Median: $32,600  Range: $500 – $500,000

Five Star/Thorndike (hardcover) ………………………………………………………….8
Average advance: $1150  Median: $1000
Advance range: $750 – $2000
Standard print royalty: 10%
Average earn-out: $1850  Median: $850  Range: $750 – $4000

Grand Central Publishing (Warner/Hachette) ……………………………………….61
Average advance (first book): $7000  Median: $6000
Average advance (subsequent books): $16,500  Median: $10,000
Advance range: $5000 – $75,000
Standard print royalty: 8%
Average earn-out: $38,500  Median: $31,500  Range: $8300 – $100,000

Harlequin American…………………………………………………………………………..23
Average advance (first book): $4400  Median: $4500
Average advance (subsequent books): $5000  Median: $5000
Advance range: $4000 – $8500
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out: $7100  Median: $7600 Range: $4500 – $10,100

Harlequin Blaze………………………………………………………………………………..31
Average advance (first book): $4350  Median: $4000
Average advance (subsequent books): $5500  Median: $5300
Advance range: $4000 – $10,500
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out: $12,500  Median: $12,300  Range: $10,500 – $15,000

Harlequin Desire ……………………………………………………………………………..42
Average advance (first book): $4400  Median: $4000
Average advance (subsequent books): $5600  Median: $5000
Advance range: $4000 – $8,000
Standard print royalty: 6%  Electronic 6%
Average earn-out: $17,200  Median: $17,000  Range: $11,000 – $26,000

Harlequin Historical …………………………………………………………………………33
Average advance (first book): $3400  Median: $2500
Average advance (subsequent books): $5400  Median: $5500
Advance range: $2500 – $8,000
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out: $9100  Median: $8650  Range: $6700 – $13,000

Harlequin Intrigue……………………………………………………………………………..23
Average advance (first book): $3900  Median: $4000
Average advance (subsequent books): $4700  Median: $4500
Advance range: $3500 – $7000
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out: $12,000  Median: $12,000  Range: $8,000 – $17,500

Harlequin Mills & Boon (Incl. Medical) ……………………………………………….24
Average advance (first book): $3600  Median: $4000
Average advance (subsequent books): $3900  Median: $4000
Advance range: $2000 – $5000
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6% (20%net)
Average earn-out: n/a

Harlequin Nocturne……………………………………………………………………………..10
Average advance: $6300  Median: $62500
Advance range: $6000 – $8000
Standard print royalty: 6%  Electronic 20% (net)
Average earn-out: n/a

Harlequin Nocturne (Bites)…………………………………………………………………..5
Average advance: $1000  Median: $1000
Standard print royalty: 6%  Electronic 20%
Average earn-out: $1000  Median: $1000

Harlequin Romance……………………………………………………………………………..16
Average advance (first book): $2400  Median: $2400
Average advance (subsequent books): $3200  Median: $2400
Advance range: $2400 – $7000
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out:  $10,100  Median: $10,000  Range: $7400 – $12,800

Harlequin Romantic Suspense ……………………………………………………………..13
Average advance (first book): n/a
Average advance (subsequent books): $5600  Median: $5500
Advance range: $4000 – $7500
Standard print royalty: 6%  Electronic 6%
Average earn-out: $11,000  Median: $11,000 Range: $9500 – $13,500

Harlequin Special Edition ……………………………………………………………………29
Average advance (first book): $4100  Median: $4000
Average advance (subsequent books): $7300  Median: $8000
Advance range: $4000 – $13,000
Standard print royalty: 6%  Electronic 6%
Average earn-out: $17,500  Median: $17,000  Range: $12,000 – $23,000

Harlequin Superromance……………………………………………………………………..73
Average advance (first book): $5000  Median: $5000
Average advance (subsequent books): $5500  Median: $5500
Advance range: $4000 – $7000
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out: $15,000  Median: $15,000  Range: $8,000 – $28,000

HQN………………………………………………………………………………………14
Average advance: $18,000  Median: $19,000
Advance range: $8500 – $55,000
Standard print royalty: 8%  Electronic: 25% (net)
Average earn-out: n/a

Harper Teen………………………………………………………………………………………..8
Average advance: $51,000  Median: $40,000
Advance range: $20,000 – $80,000
Standard print royalty: 6% trade 10% hc Electronic: 25% (net)
Average earn-out: n/a

Kensington/Zebra………………………………………………………………………149
Average advance (first book): $3500  Median: $3000
Average advance (subsequent books): $7100  Median: $3700
Advance range: $1750 – $60,000
Standard print royalty: 6 – 8%  Electronic: 25% (net)
Average earn-out: $6200  Median: $3800  Range: $2500 – $17,800

Kensington (novellas) ……………………………………………………………………………29
Average advance:  $2750  Median: $1500
Advance range: $750 – $9000
Standard print royalty: 2 – 3.75%
Average earn-out:  n/a

Liquid Silver………………………………………………………………………………………14
Average advance: none
Standard electronic royalty: 40%
Average earn-out: $900  Median: $230  Range: $70 – $3400

Loose Id…………………………………………………………………………………………..25
Average advance: none
Standard print royalty: 7%  Electronic: 35%
Average earn-out: $2200  Median: $1450  Range: $200 – $9000

Love Inspired ………………………………………………………………………………………….71
Average advance (first book): $4200  Median: $4000
Average advance (subsequent books): $5750  Median: $5500
Advance range: $3500 – $9500
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out: $11,400  Median: $10,900  Range: $6500 – $18,000

Medallion Press………………………………………………………………………………………..6
Average advance: $1200  Median: $1000
Advance range: $1000 – $2000
Standard print royalty: 10%
Average earn-out: n/a

MIRA………………………………………………………………………………………8
Average advance: $80,000  Median: $17,500
Advance range: $15,000 – $450,000
Standard print royalty: 8%  Electronic: 8%
Average earn-out: n/a

Pocket……………………………………………………………………………………..30
Average advance (first book): $10,400  Median: $5000
Average advance (subsequent books):  $16,700  Median: $12,500
Advance range: $5000 – $50,000
Standard print royalty: 8 – 10%  Electronic: 25% (net)
Average earn-out: n/a

Random House/Delacorte (YA)…………………………………………………………………….7
Average advance (first book): $28,000  Median: $18,000
Average advance (subsequent books):  $90,000  Median: $92,500
Advance range: $15,000 – $125,000
Standard print royalty: 6 – 10%
Average earn-out: $110,000  Median:  $128,000

Red Sage (novellas) …………………………………………………………………………………11
Average advance:  $550  Median: $750
Advance range:  $50 – $1000
Standard print royalty: 1.5 – 6% (varies by # of authors)
Average earn-out: $2300  Median: $2250  Range: $1000 – $3600

St. Martin’s Press…………………………………………………………………………………….35
Average advance (first book): $18,000  Median: $7500
Average advance (subsequent books): $37,000  Median: $18,000
Advance range: $4500 – $200,000
Standard print royalty: 7.5-10% Electronic: 25% (net)
Average earn-out:  n/a

Samhain………………………………………………………………………………….28
Average advance: $60  Median: $100
Advance range: $0 – $100
Standard print royalty: 8 – 10%  Electronic: 40% onsite 30% elsewhere
Average earn-out: $3500  Median: $1750  Range: $300 – $15,000

Simon & Schuster Pulse/McElderry/UK (YA)……………………………………………..7
Average advance: $17,000  Median: $22,000
Advance range: $10,000 – $25,000
Standard print royalty: 6%mm 7% t 10%hc
Average earn-out: n/a

Siren Bookstrand………………………………………………………………………………26
Average advance: none
Standard print royalty: 6%  Electronic: 40% onsite 50%(net) elsewhere
Average earn-out: $5500  Median: $1700  Range: $100 – $24,000

Sourcebooks………………………………………………………………………………43
Average advance (first book): $2000  Median: $1600
Average advance (subsequent books): $4200  Median: $1700
Advance range: $1000 – $17,500
Standard print royalty: 6-8%  Electronic: 8-25% (net)
Average earn-out: n/a

Tor/Forge…………………………………………………………………………………22
Average advance (first book): $11,000  Median: $10,000
Average advance (subsequent books): $14,000  Median: $14,000
Advance range: $7500 – $20,000
Standard print royalty: 8%
Average earn-out: n/a

Wild Rose Press………………………………………………………………………………………21
Average advance: none
Standard print royalty: 7%  Electronic: 35% onsite 35% (net) elsewhere
Average earn-out: $3500  Median: $230  Range: $50 – 65,000

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vendredi 7 novembre 2014

[Archive 20 février 2014] Nouveau rapport sur 54 000 ebooks sur Amazon.com

Hugh Howey et son informaticien anonyme, Data Guy, révèlent à présent sur le site authorearnings.com, un rapport qui concerne les 54 000 ebooks les mieux vendus sur Amazon.com, tous genres confondus. De quoi commencer à répondre aux critiques sur l'aspect trop partiel de la première étude (7000 titres). Les tendances se confirment, avec de bien meilleurs revenus pour les auteurs indépendants, et un nombre de ventes qui fait des auteurs indépendants sur amazon.com le premier éditeur d'ebooks américain, si ce n'est mondial.


Pour les auteurs français, bien qu'il s'agisse d'une étude exclusivement américaine, les graphiques les plus intéressants sont à mon sens ceux des auteurs de fiction littéraire (étude portant sur 900 ebooks): ce sont les genres les mieux vus en France, ceux qui donnent souvent lieu aux prix Goncourt, par exemple. On s'aperçoit que les auteurs littéraires, même aux Etats-Unis, sont formidablement "captés" par l'édition traditionnelle, même si en ce qui concerne les revenus ebooks, ils gagnent moins que s'ils s'étaient autoédités.

D'après Hugh Howey et Data Guy, les auteurs indépendants gagnent en effet 5,6 fois plus sur les ventes d'ebooks par rapport aux auteurs traditionellement édités. Ces derniers ont donc intérêt à se rattraper fortement sur les ventes de livres papier.

On comprend mieux, en tout cas, pourquoi dans un pays comme la France, qui donne autant la prééminence aux auteurs de littérature blanche (en dehors, donc, du polar, de la SF, de la Fantasy ou de la littérature sentimentale et érotique), les grands éditeurs ont encore le vent en poupe, et les ventes d'ebooks ne représentent officiellement que 4% des ventes totales.

Je parle bien de prééminence sur un plan dogmatique, liée à la culture et à l'éducation. Je serais curieux de connaître les chiffres réels en France, avec le nombre de ventes en genres littéraires comparés avec les ventes de littérature dite "blanche". Aux Etats-Unis, dans cette étude sur Amazon.com, sur 50000 ebooks les auteurs de fiction littéraire ne représentent que 5% du nombre de ventes quotidiennes, et 6% du revenu total des ventes. 

[EDIT 07/11/2014] Tous les rapports author earnings


 

jeudi 6 novembre 2014

[Archive 12 février 2014] Les chiffres de vente étourdissants d'Amazon.com

L'auteur Hugh Howey, aidé par un programmeur/statisticien, révèle sur son site authorearnings.com des chiffres de vente étonnants sur une journée sur le site Amazon.com, dans les catégories Polar/thriller, SF/Fantasy, Romance/érotique, que ce soit des cinq plus gros éditeurs (les Big Five), des petits éditeurs, ou bien sûr des auteurs indépendants (autopubliés). Des statistiques à prendre avec des pincettes, puisqu'il ne s'agit que d'une journée de vente en janvier 2014 sur le seul Amazon.com, et que seuls ont été pris en compte le top 7000, top 2500 et le top 100. Néanmoins, les révélations sont tonitruantes.

Quelle méthodologie pour ces stats étonnantes ? Eh bien, l'étude s'appuie sur des relevés de ventes d'auteurs. Rappelons que chaque livre vendu sur Amazon est classé, et que le classement est clairement indiqué sur le site, et modifié heure par heure. En recoupant suffisamment de ventes sur Amazon.com et de témoignages d'auteur, qui peuvent consulter en temps réel leur nombre de ventes sur leur interface dédiée KDP Publishing, on peut ainsi déterminer des fourchettes de ventes correspondant à des rangs. Il existe même un logiciel amazon.com qui permet à présent de le faire. Ce logiciel est adapté aux rangs Amazon.com, pas aux rangs Amazon.fr. Inutile de s'en servir sur ce dernier site.

J'aime ce genre d'études, car Amazon s'est toujours montré très secret sur les ventes. En même temps qu'une source d'information vitale pour les auteurs, c'est aussi un joli pied de nez à la compagnie américaine.

Il faut garder à l'esprit que les statistiques seront forcément plus favorables aux ventes d'ebooks, puisqu'Amazon pousse à fond les ventes d'ebooks, et puisque les domaines étudiés (genres littéraires) sont très "perméables" à l'ebook aux Etats-Unis. Les stats seront aussi plus favorables aux autoédités, qui se débrouillent beaucoup mieux dans les genres de fiction étudiés que dans les genres purement littéraires, ou historiques, ou religieux, entre autres.

Les stats ne comprennent pas la longue traîne, c'est à dire les livres au-delà de la 7000ème place sur le jour donné. Mais avec les 7000 mieux classés, on a déjà des tendances stratégiquement très importantes qui se dégagent.

Cela ne concerne aussi que les seuls Etats-Unis. En France, je suis persuadé que de nombreux autoédités ont investi le top 100 sur Kindle. Néanmoins, à cause de la politique sur le prix des ebooks et d'une industrie qui se met quasiment exclusivement au service du sommet de la pyramide, le nombre de ventes en ebook n'est absolument pas comparable.

A titre d'information, les parts se rapportant à "uncategorized single author publisher" sont des ventes dont on n'est pas parvenu à déterminer si elles étaient du fait d'autoédités ou de petits éditeurs.

Je vous livre en fin d'article les diagrammes. Voici brut de pomme mes observations:

- Dans le top 7000, les commentaires sur les livres (1er tableau) obtiennent en moyenne des notes plus élevées pour les autoédités que pour les gros éditeurs (Big Five), ce qui suit d'ailleurs la courbe des prix: plus les prix des ebooks sont élevés, moins les commentaires deviennent favorables, l'expérience de lecture s'avérant moins satisfaisante à prix trop élevé. 



- les auteurs autoédités publient davantage de livres dans les genres concernés (2ème tableau) que les cinq plus gros éditeurs, mais pas beaucoup plus: 35% pour les indépendants contre 28% pour les gros éditeurs. Qu'est-ce que j'en déduis? Que tous ceux qui disent que les auteurs indépendants envahissent le marché avec des torrents d'ebooks feraient mieux de balayer devant leur porte. La surproduction est d'abord le fait des gros éditeurs. Si on ajoute les petits et moyens éditeurs et les gros éditeurs, les autoédités sont derrière. Oui, vous avez bien lu, les autoédités publient moins d'ebooks que les éditeurs.



- l'une des plus grosses révélations, c'est que parmi les bestsellers par genre, en nombre de ventes sur une journée (là encore, il nous faudrait des données annuelles pour les fiabiliser, parce qu'il y a des périodes beaucoup plus propice aux gros éditeurs), les autoédités sont à 39% et les cinq plus gros éditeurs à 34%. C'est énorme pour les autoédités. Nous sommes vraiment une force sur laquelle il faut compter en termes de volume. 



- les deux stats les plus époustouflantes pour moi ont été le rapport entre ebooks vendus et livres papier sur le top 100 et sur le top 2500: 92% des ventes du top 100 sont des ebooks kindle, et sur le top 2500, le chiffre reste à 86%. Les 14% restants se partagent entre livres audio (4%), livres reliés, à couverture souple et livres de poche, qui à eux trois ne représentent que 10%! C'est à dire que lorsque vous avez 10 livres vendus sur Amazon aux Etats-Unis, vous en avez en gros 9 qui sont des ebooks, et seulement un qui est un livre papier! Wow!



- le tableau suivant montre pourquoi les Big 5 sont encore là: ce sont eux qui ont les plus gros revenus (52% des revenus, alors qu'ils n'ont que 28% des titres). Pas étonnant, ils mettent les ebooks trop cher. Les ebooks sont pour eux très profitables, mais cette profitabilité se fait essentiellement sur le dos des auteurs, comme le montre le graphique suivant. 


- en comparaison des autres auteurs, les auteurs autoédités représentent 47% du revenu journalier. Pourquoi un chiffre aussi important? Parce qu'Amazon se montre généreux sur sa redevance d'auteur aux autoédités. Amazon est d'ailleurs tout aussi généreux avec les auteurs publiés par ses maisons d'édition internes.  Les auteurs des cinq plus grosses maisons d'édition ne récupèrent que 32% du revenu journalier, alors même que leurs maisons d'édition captent 52% des profits! Ils se font clairement avoir. La vraie question est pour eux de savoir si les ventes papier compensent ces sacrifices. Pour les best-sellers, sans doute, mais pas sur Amazon.com, en tout cas, étant donné le faible nombre de livres papier désormais vendus sur Amazon.com (en tout cas sur cette période de l'année, n'oublions pas les précautions d'usage). 

  
- le graph suivant est encore plus précis et "meurtrier" pour les gros éditeurs, qui se taillent la part du lion des revenus sur les ventes d'ebooks du top 7000. Les autoédités s'en tirent incomparablement mieux que les auteurs des petites maisons d'édition, et très nettement mieux que les auteurs des grosses maisons d'édition.

  
- le graph suivant est frappant en ce qu'il montre que l'autoédition est clairement le chemin vers les ventes le plus viable pour les autoédités, si l'on ne prend que les ventes d'ebook. Evidemment, il faut aussi prendre en compte le papier, ce qui n'est fait que sur Amazon avec cette étude, c'est à dire de manière très imparfaite. 


- le dernier graphique montre que les auteurs autoédités qui vendent le plus doivent produire davantage de livres. Mais plus on s'éloigne des bestsellers ayant gagné 1 million de dollars sur un an, plus on se rend compte que les auteurs traditionnels doivent publier davantage de livres pour obtenir une somme équivalente aux auteurs autoédités. Là encore, c'est un mythe qui s'effondre: la surproduction vient bien des éditeurs.


Alors, bien sûr, il faut tenir compte des livres papier. Mais Amazon est le plus gros vendeur de livres au monde. Ses statistiques écrasantes en faveur de l'ebook ne peuvent que peser sur le marché mondial. Etant donné la manière dont les gros éditeurs écrasent le revenu des auteurs sous leur panse bien grasse, il faudra vraiment que les auteurs traditionnellement édités qui n'ont pas pu, comme Stephen King, négocier 50% sur les bénéfices du livre papier, en vendent beaucoup pour compenser les pertes de revenus liées à l'ebook.

Ces statistiques sont propres aux Etats-Unis, et à Amazon.com. Mais en édition comme ailleurs, les Etats-Unis montrent souvent la voie...

[EDIT 06/11/2014] Le site authorearnings.com continue de sortir des rapports tous les 3-4 mois. Ils restent toujours aussi intéressants pour les auteurs qui se demandent quel est le meilleur choix de publication. Ils ne sont pas encore tout à fait extrapolables pour la France, puisque le marché du numérique reste inférieur à celui du papier, mais il faut garder à l'esprit que les éditeurs en Europe font tout ce qui est en leur pouvoir, y compris politiquement, pour que le rapport de force avec les auteurs leur reste favorable. Je dirais que le tableau qu'il faut regarder en priorité en France, le plus pertinent, est le n°7, "Daily Revenue to Author, Publisher and Amazon", qui démontre qu'en étant édité par un éditeur, un auteur perdra beaucoup d'argent sur l'ebook, qui représente l'avenir, même en France. Dernier rapport d'authorearnings  Tous les rapports