mardi 20 février 2018

Discriminé par Amazon

Je savais déjà que j'étais sur la liste noire des gros éditeurs, j'ignorais que j'étais sur celle d'Amazon France. Tout a commencé lorsque j'ai décidé d'acquérir l'un des packs Librinova comprenant la nouvelle option permettant aux auteurs d'avoir leur ebook sur Kindle Unlimited, tout en étant simultanément sur les autres plates-formes, et ce, en toute légalité par rapport à Amazon. 

J'ai déjà dit par le passé que Kindle Unlimited n'était pas une solution idéale pour les auteurs autoédités. Je pensais en particulier à la rémunération assez faible, et aux conditions d'exclusivité de KDP Select, qui empêchent les auteurs de distribuer leur ebook sur les plates-formes concurrentes comme Kobo/Fnac, Apple et toutes les autres, dès lors que l'ebook est présent sur Kindle Unlimited. 

Mais il faut reconnaître que le service Kindle Unlimited, qui permet au lecteur de télécharger, pour 9,99€ par mois, dix ebooks que l'on peut renouveler autant qu'on le souhaite, est ce qui se rapproche le plus, dans le privé, d'une bibliothèque d'ebooks. 

Cela permet de toucher des lecteurs voraces et qui ne veulent pas se ruiner, qu'on ne toucherait pas autrement. 

Par ailleurs, ayant fait sur l'un de mes ebooks anglais l'expérience de la rémunération Kindle Unlimited, je peux attester que celle-ci reste intéressante. Infiniment plus, par exemple que ce que fait Deezer au niveau musical, pour ne pas même parler de Youtube (qui devrait être renommé Radin.com). 

La condition d'exclusivité restait quelque chose qui m'empêchait d'opter pour KDP Select. Jusqu'au jour où j'ai appris que Librinova préparait, avec 50 auteurs tests, une formule permettant de bénéficier d'une version de Kindle Unlimited quelque peu différente de celle que connaissent les auteurs autoédités. 

Une version, en gros, destinée aux éditeurs et à des prestataires comme Librinova. 

Librinova n'est pas un éditeur. Librinova est une entreprise d'aide à l'autoédition, qui peut se transformer en agent si vous vendez plus de 1000 livres. En dessous de 1000 livres, il faut s'acquitter du prix initial du pack, 75€ par an si votre ebook fait plus de 45 000 mots, 50€ s'il fait moins de 45 000 mots. On touche alors 100% du prix de vente des revendeurs en ligne, après déduction de leur marge, c'est à dire autant qu'un auteur autoédité. 

Si on vend plus de 1000 livres, Librinova se transforme en agent, et nous prend 10% sur les ventes. 


Evidemment, le tarif d'entrée de 75 € par an était quelque peu rédhibitoire. Néanmoins, la perspective de contourner les conditions d'exclusivité d'Amazon, et ce en parfait accord avec la plate-forme, était pour moi assez séduisante. 

Je savais aussi que des auteurs passés par Librinova avaient pu bénéficier de la fameuse offre éclair d'Amazon, celle que la plate-forme réserve d'habitude aux utilisateurs de KDP Select et à des auteurs triés sur le volet.  

Bref, j'ai décidé d'utiliser ce service très tôt, en devenant le 51ème auteur test, en quelque sorte. 

Dès le 11 décembre 2017, Librinova a demandé l'intégration de l'ebook que j'avais choisi pour ce test, La Trilogie Ardalia, à Kindle Unlimited.

La formule de Librinova permet d'être distribué sur plus de 200 libraires en ligne, mais je savais que même des auteurs Librinova ayant vendu plus de 25000 ebooks vendaient très peu en dehors des trois ou quatre plus grosses plates-formes, et je n'attendais vraiment pas grand-chose des autres librairies en ligne.

Je misais tout sur Kindle Unlimited, et d'autant plus que Librinova avait fait preuve de souplesse, en me permettant de continuer à distribuer moi-même sur Kobo, la Fnac, Apple et Google Play. 

Malheureusement, l'intégration ne s'est pas faite. Plus de deux mois plus tard, après une dizaine d'emails de relance à Ophélie, de Librinova, cette intégration à Kindle Unlimited ne s'est toujours pas faite. 

Je n'ai aucun reproche à faire à Ophélie en la matière: elle s'est toujours montrée réactive, et m'a donné des détails. 

Je sais que l'intégration est un processus qui se fait manuellement, et que c'est la plate-forme Amazon France qui procède à cette intégration. 

Je sais que la personne d'Amazon avait promis à Ophélie de le faire rapidement. 

Et je sais que ça n'a pas été fait. Je suis sûr à 95% d'avoir été discriminé par Amazon, parce que je suis le seul des 50 pour lequel l'intégration n'a pas été faite. 

On ne se refait pas. Je suis l'auteur qui a écrit sur son blog des articles comme La bourde cosmique d'Amazon.fr, Offre Kindle Unlimited: une bonne chose, mais pas pour les auteurs autoédités, Kindle Unlimited est-il viable par lui-même? Comment Amazon peut rétablir ma confiance, ou plus récemment: Nouvelles sorties: les failles d'Amazon

Dans l'édition traditionnelle, on vous dira probablement que je roule pour Amazon. Mais ceux qui vous diront cela n'ont pas bien lu mon blog.

Bien sûr que j'ai fait l'éloge d'Amazon pour de nombreuses choses, puisque le site de Jeff Bezos a permis comme nul autre l'essor des auteurs indépendants -- en fait, c'est un peu plus complexe que cela, c'est une conjonction de choses, et en particulier le fait qu'Apple ait monté la rémunération auteur en premier lieu à 70%, forçant Amazon à s'aligner. 

Mais en même temps, j'ai toujours essayé de faire la part des choses.

Donc, si vous souhaitez souscrire à l'offre que Librinova a rendue officielle, et ouverte à tous, il y a peu, et que vous n'avez écrit aucun des articles que je cite plus haut, vous avez toutes vos chances pour que cela fonctionne pour vous. Il suffit d'en faire la demande par email après avoir acquis l'un des packs, pour bénéficier de l'intégration.

Examinons maintenant les particularités, avantages et défauts du pack à 75€ de Librinova, avec intégration Kindle Unlimited.  

Tout d'abord, si vous êtes fan des relevés de vente quotidien, il vous faudra faire une croix dessus, sauf à opter pour le pack Liberté à 120€ par an, lequel ne vous donnera ces relevés de vente que pendant 6 mois. 

Concernant les fameuses "pages lues Kindle Unlimited", vous ne pourrez pas les repérer dans vos relevés de vente, parce que ça ne fonctionne pas ainsi. Votre ebook se retrouve bien sur KU, et vous bénéficiez du boost sur le classement à chaque fois qu'il est empruné, mais, comme le précise cet article de Librinova, "Un emprunt sur Kindle Unlimited est rémunéré 30% du PPHT dès que l’emprunteur a lu plus de 20% du livre." 

C'est à dire que c'est l'ancienne formule de Kindle Unlimited qui fonctionne: vous êtes rémunéré le même prix quel que soit le nombre de pages de votre ouvrage, ce qui favoriserait la publication de livres court... si vous ne deviez payer un nouveau pack à Librinova pour chacun de vos ouvrages, chaque année. 

Si vous en vendez plus de 1000, en revanche, vous pourrez en publier autant que vous le souhaiterez sans ce coût d'entrée des packs, mais avec le prélèvement de 10% sur les ventes. 

Je pense que, si l'on ne tient pas compte du prix des packs, les gains KU pour l'auteur sont à peu près équivalents à ceux qu'un auteur autoédité KDP Select obtient, mais cela reste à confirmer. 

Pour ce qui est de mes ventes, comme je l'avais prévu, elles se sont faites en très large majorité sur Amazon (mais, rappelons-le, j'avais gardé la main sur la distribution Kobo/Fnac, Apple et Google Play). Elles n'ont jamais pu décoller, l'absence d'intégration à KU étant un handicap majeur pour ce qui concerne la plate-forme Amazon.

Une chose qui joue en faveur de Librinova est la souplesse et la réactivité de cet acteur, qui vous permet de garder la main sur les plates-formes de votre choix (il suffit de l'indiquer par email). 

Un autre avantage, pour les auteurs ne voulant pas s'embêter à publier sur de nombreuses plates-formes, est que tout est pris en charge et se fait rapidement: c'est comme si vous ne publiiez que sur une seule plate-forme. 

L'argument de la simplicité pour choisir KDP Select est en effet souvent utilisé. Avec Librinova, les choses sont tout aussi simples. 

Il y a aussi des défauts: avec le pack à 75€, vous n'avez droit qu'à un relevé de ventes tous les 6 mois, et vous n'êtes rémunéré que tous les 6 mois. Vous ne pouvez pas non plus, en principe, changer le prix de votre ebook en cours de route -- même si j'ai constaté une certaine souplesse de Librinova à ce sujet. 

L'une des contraintes que j'ai trouvé particulièrement ennuyeuses, c'est le nombre de caractères très limité pour la description Amazon. On ne peut pas jouer non plus sur l'interlignage et la présentation en gras, ni bénéficier de cette excellent outil en ligne pour la description de son livre.  

Bref, la description est extrêmement basique. Comparez l'ebook Le Souffle d'Aoles, que j'ai autoédité sur Amazon à celui de la Trilogie Ardalia édité par Librinova pour vous en convaincre. 

Autre contrainte, vous devez envoyer votre manuscrit word ou open office, et c'est Librinova qui se charge de la transformation en ebook. Le travail est certes bien fait, mais ne vous permet pas de peaufiner l'ebook de manière professionnelle, comme le permet gratuitement le site Draft2Digital. 

Si vous vous demandez ce que je veux dire, n'hésitez pas à télécharger un extrait de mon dernier roman, Passager clandestin

Il faut donc abandonner énormément de contrôle. 

J'espère que mon article permettra à Librinova de remédier à ces défauts. Je pense en effet que leur formule, à condition d'être utilisée pour un ebook que l'on est sûr de pouvoir promouvoir, ne serait-ce qu'auprès d'une mailing list suffisamment importante, est rentabilisable. 

Cela comporte un risque, bien sûr. Mais en passant par Librinova, si vous avez une liste de lecteurs suffisamment nombreuse, des lecteurs lisant à la fois sur Kobo, Apple et Kindle, ou même ailleurs, vous êtes sûrs de pouvoir tous les contenter, tout en bénéficiant de Kindle Unlimited. C'est extrêmement appréciable et professionnel. 

Si vous n'êtes pas comme moi dans le collimateur d'Amazon, et que vous avez une assise de lecteurs suffisante, cela vaut la peine d'essayer, avec par exemple juste un ebook pour commencer. 

[EDIT 21/02/2018]: L'option Kindle Unlimited de Librinova permet pour l'instant à votre ebook de figurer sur KU France et Royaume-Uni, mais pas sur KU Etats-Unis. C'est pourquoi je ne recommande pas cette option, dans l'état actuel des choses, pour un roman anglophone ou un auteur anglo-saxon. Par ailleurs, il me semble que l'on peut rentrer moins de mots-clés par rapport au roman qu'en publiant directement via KDP. 

lundi 19 février 2018

Cultura : une nouvelle politique de dédicaces ?

Je viens d'apprendre que les magasins Cultura ne recevraient dorénavant que deux auteurs par mois. Soit 24 séances de dédicace au total par an, dans un magasin donné. Une politique nettement plus restrictive, qui, en tant qu'auteur indépendant, va bien sûr me compliquer la tâche. S'agit-il d'une nouvelle politique nationale de l'enseigne, s'imposant à tous les magasins, ou bien ces derniers gardent-ils une marge de manoeuvre? Cette politique s'applique-t-elle à la fois aux éditeurs et aux auteurs indépendants? Ces points restent encore flous ou à confirmer. 

"On croule sous les sollicitations, et les séances de dédicace sont à chaque fois complexes à organiser. Cela nous prend trop de temps." Les magasins Cultura, à l'instar des Fnac, vendent des produits culturels de manière large: livres, liseuses électroniques, DVD, musique, jeux vidéo. Une enseigne qui semble avoir le vent en poupe, puisque de nouveaux magasins ont ouvert ces dernières années, et notamment dans la région parisienne. 

Le personnel de la librairie ne chôme pas, à tel point qu'en discutant de l'enseigne avec d'autres auteurs, le terme "sous-effectif" a tendance à revenir souvent. 

Un point symptomatique est le fait que les libraires demandent de plus en plus à être sollicité(e)s uniquement par email pour des séances de dédicace, mais que ces emails sont de moins en moins répondus.

C'est aussi un point qui fait penser que les demandes de dédicaces d'auteurs et éditeurs, avec notamment l'essor de l'autoédition, sont en nette augmentation. Voire ont tendance à exploser.

D'où la réponse, très nette et sans détour, que j'ai obtenue après mon appel au Cultura Franconville, en ce mois de février 2018 (voir les premières lignes de l'article). 

La discussion est restée courtoise, bien sûr. La libraire de Franconville (95) m'a expliqué que la nouvelle politique de l'enseigne était d'organiser deux séances de dédicace par mois. Elle a ajouté qu'il n'y avait plus de place cette année, et qu'il faudrait faire le point d'ici la fin de l'année. 

Quand je lui ai demandé s'il était possible de réserver une séance de dédicace plusieurs années à l'avance, elle m'a répondu que c'était impossible, que cela se faisait sur une année seulement. 

Je me suis mis à sa place. Je me suis vu recevoir 800 emails à la fin de l'année 2018 pour les 24 séances de dédicace en 2019. 

Comment le choix va-t-il être fait? Sans doute par genre littéraire, et peut-être par date de venue précédente dans la librairie. Mais si l'enseigne opère de manière classique dans le cadre professionnel, ce sont d'abord ce qu'on appelle les "comptes en or" qui vont être privilégiés: pas forcément les auteurs qui vendent le mieux, mais ceux qui dépendent des éditeurs ayant le plus d'influence auprès du magasin. 

Bref, j'ai compris que les critères de "nouveau livre paru, que je n'ai jamais dédicacé chez vous", ou même de nombre de lecteurs qui attendraient la suite d'un de mes livres, ces critères-là ne pèseraient pas lourd. 

Pour les auteurs indépendants, il est important de savoir faire preuve de souplesse et d'adaptabilité. Est-ce que cela vaut encore la peine de faire une demande de dédicace auprès d'une enseigne Cultura, ou bien est-ce une perte de temps et d'énergie? 

Est-ce que cette politique s'impose vraiment au niveau national à tous les magasins? Si c'est vraiment le cas, je conseillerais à mes confrères auteurs de pratiquer la stratégie du footballeur. 

Prenons un footballeur qui mouille le maillot et donne entière satisfaction. Un nouveau coach débarque, et voilà notre footballeur relégué sur le banc de touche. Si ce footballeur souhaite retrouver du temps de jeu, il n'aura qu'une seule option: demander son transfert, et signer avec une autre équipe. 

Je n'ai aucune raison de mettre en doute la parole de la libraire que j'ai eue au téléphone. 

Une autre expérience me conforte dans l'idée qu'il s'agit d'une consigne nationale (reste à savoir si c'est une consigne obligatoire ou non). 

Le premier signal d'alarme en 2018 s'est mis à résonner dans ma tête quand j'ai reçu un email du Cultura Carré Sénart me demandant de venir récupérer des livres restés en dépôt chez eux. 

En général, je fais deux ou trois séances de dédicace par an dans ce magasin situé en Seine et Marne. Je récupère les livres restés en dépôt (invendus redéposés en rayon) à cette occasion. 

J'avais donc renvoyé un email sollicitant de nouvelles séances de dédicace pour 2018, en disant que je récupérerai les livres à cette occasion. Email non répondu. Trois semaines plus tard, au retour de vacances de la personne s'occupant des dédicaces, j'apprends qu'une nouvelle politique est mise en place. Voici un large extrait de l'email que j'ai reçu: 

Tout d'abord, nous souhaitons organiser nos dédicaces en fonction des opérations qui ont lieu en magasin (Par exemple, programmer des auteurs de littérature jeunesse en dédicace, lors du mois de la jeunesse, des auteurs de polars lors du mois du polars etc ...)

Par ailleurs, notre agenda de dédicaces est toujours complet presque 6 mois à l'avance avec des auteurs que nous recevons fréquemment, pour ne pas dire régulièrement. 
Nous souhaitons aujourd'hui diversifier nos dédicaces et permettre notamment à de nouveaux auteurs de pouvoir faire une dédicace dans notre magasin.
Chose qu'ils ne peuvent faire, et que nous ne pouvons pas organiser, puisque les places disponibles sont généralement prises par les auteurs "habituels" si je puis dire. 

Je ne remets pas en cause les ventes d'ouvrages effectivement, mais comprenez que nous ne sommes pas obligés de programmer des dédicaces selon le bon vouloir des auteurs, et qu'il s'agit d'un service rendu et d'un choix de notre part.

Nouvelle politique, donc, mais apparemment différente de celle du Cultura Franconville, puisqu'il est question d'opérations comme le mois de la jeunesse ou le mois du polar. 

En fait, l'enseigne Cultura a mis en place des opérations similaires, et notamment Livres en live, au cours des années précédentes, donc pour moi, il ne s'agissait pas réellement d'un changement. 

Le vrai changement, c'était d'apprendre que je ne pourrai pas revenir dédicacer dans ce magasin sur toute l'année 2018 si je n'y étais pas invité. Et ce, malgré la sortie de Passager clandestin, mon dernier thriller, début janvier 2018. 

Et ce, malgré plus de 550 livres vendus depuis 2010 dans ce Cultura en 22 séances d'une journée chacune. 

Malgré les 31 livres vendus lors de la dernière séance au Cultura Carré Sénart en décembre 2017.

Ouch.

A la lumière des révélations qui m'ont été faites à Franconville, je suis en droit de penser qu'en réalité, le magasin de Carré Sénart se met à appliquer la politique de deux séances de dédicace par mois. Tout en cherchant en effet à faire venir de nouveaux auteurs, mais sur un nombre de dates très réduit dans l'année.

Donc, on ne m'a pas menti: on ne m'a simplement pas dit toute la vérité. 

L'enjeu financier est évidemment important pour moi: je vis des ventes de mes livres en séance de dédicace. J'ai aussi appris à ne pas dépendre d'un seul acteur, ce dont je me félicite aujourd'hui. 

Il faut aussi savoir que lorsqu'une enseigne reçoit un auteur, ce n'est pas juste une faveur que cette enseigne fait à l'auteur: cela fait de l'animation pour le magasin, et l'enseigne perçoit, dans le cas d'un Cultura, 30% de marge par livre vendu. Dans le cas de centres commerciaux de type Auchan ou Cora, c'est plutôt 20%.

Enjeu ou non, je ne harcèle jamais les libraires, même s'il m'arrive d'appeler si un email renvoyé plusieurs fois n'est pas répondu. Le harcèlement est très logiquement puni par la loi, je déconseille fortement cette voie à tous les auteurs.

Si je dois me résoudre à dédicacer mes livres dans le coffre de ma voiture, je le ferai, bien sûr. Cela peut sembler contre-intuitif étant donné le nombre d'enseignes commerciales présentes sur l'Ile de France, mais il faut savoir s'adapter. S'il est vraiment trop difficile pour un libraire de recevoir un auteur, nous aurons toujours moyen de nous débrouiller par nous-mêmes.

Pour l'instant, mes dates sont heureusement presque bouclées pour l'année 2018. Si vous êtes lecteur et que vous vous demandez où vous pouvez me retrouver en dédicace, toutes mes dates figurent sur la colonne de droite de ce blog. 

[EDIT 21/02/2018]: je viens d'avoir la réponse à la question que je me posais, de la part d'une libraire d'un autre Cultura que ceux précédemment cités, qui me disait que pour sa part, elle organisait quatre séances de dédicace par mois. Il n'y a donc pas de nombre de dédicaces imposées au niveau national par magasin, j'en ai eu la confirmation formelle.

dimanche 4 février 2018

Salon du Livre Paris Porte de Versailles

Faire partie de l'Alliance Rebelle des Auteurs Indépendants implique certaines responsabilités. 



Oui, on peut vendre des livres pendant le Salon du livre de Paris porte de Versailles. 

Une petite parenthèse tout d'abord: si vous vous demandez si mes chiffres sont exacts, n'hésitez pas à vérifier auprès des magasins concernés: même s'ils ne peuvent vous répondre sur une période précise, ils auront au moins une idée du nombre de livres que j'ai vendus chez eux depuis mes débuts. 

Le samedi 22 mars 2014, en plein salon du livre de Paris porte de Versailles, j'ai dédicacé 19 livres au Cultura la Queue en Brie, dans le 94.

Le samedi 21 mars 2015, pendant que 200 auteurs manifestaient au salon du livre de Paris, j'ai vendu 21 livres chez Auchan Plaisir, dans le 78. 

Le samedi 19 mars 2016, tandis que le salon du livre de Paris battait son plein à la porte de Versailles, je dédicaçais 24 livres au Cultura Villennes, dans le 78. 

Le samedi 25 mars et dimanche 26 mars 2017, pendant que se déroulait le salon du livre de Paris rebaptisé Livre Paris 2017, j'ai dédicacé 42 livres au Cultura Franconville, dans le 95. 

Donc, oui, on peut vendre des livres pendant le Salon du livre de Paris porte de Versailles. On peut même les vendre ailleurs. Surtout si on est auteur indépendant. 

Quand je disais que je faisais partie de l'Alliance Rebelle des Auteurs Indépendants, c'était une boutade. Une telle structure n'existe pas, en tout cas pas de manière formelle. 

Il faut savoir que pour moi, qu'on l'appelle Livre Paris ou Salon du Livre de Paris porte de Versailles, ce salon organisé par Reed-Elsevier, devenu le groupe RELX, se trouve être le symbole absolu de l'édition traditionnelle dans tout ce qu'elle peut avoir de prédateur. 

Le prix des stands, tout d'abord. Je n'ai pas vérifié dans le détail pour cette année, mais il y a quelques années, c'était dans les 900 euros pour un stand riquiqui. Les stands des gros éditeurs peuvent dépasser les 100 000 €.

Mais aussi bien sûr, le fait qu'Elsevier souffre d'une très mauvaise réputation de par ses pratiques prédatrices dans l'édition universitaire. Avec des marges phénoménales.

Vous me direz, la principale qualité d'un tel salon est de nouer des contacts au niveau professionnel, et vous aurez raison. Cela peut être une bonne idée, par exemple, pour un auteur indépendant, de parcourir les travées du salon pour vérifier quels sont les prix pratiqués par les imprimeurs. Ou de contacter des graphistes. Ou des correcteurs.

Le salon draine également énormément de monde, et même si une grande partie du public vient pour les stars, il y aura cette année un stand d'auteurs indépendants

Mais en ce qui me concerne, et cet avis est tout personnel, vous l'aurez compris, j'ai énormément de mal avec ce salon. Le samedi 17 mars 2018, je serai à l'Espace culturel Leclerc Le Plessis Belleville, dans le 60.

Je ne me déplace plus aux Imaginales d'Epinal pour une raison similaire, qui est le prix des stands. 

En tant qu'auteur artisan, je préfère les ventes à la notion de notoriété et de retombées, d'ailleurs aussi hypothétiques l'une que l'autre. 

On pourrait me reprocher de m'encroûter, de me rigidifier dans une posture d'auteur idéaliste arc-bouté sur ses grands principes. 

Eh bien, cela vous surprendra peut-être, mais il m'est arrivé d'applaudir la signature d'un contrat d'édition traditionnelle par un auteur indé. Pourquoi? Parce que je connais le sens de l'entreprise de l'auteur en question, et que je lui fais confiance pour prendre la meilleure solution pour lui. Parce que je sais que l'édition tradi connaît une certaine évolution, dans ce sens où des éditeurs précis, qui souhaitent démarcher les auteurs connaissant le succès sur Amazon, sont prêts à leur laisser leurs droits numériques, en tout cas sur la plate-forme Amazon, qui se trouve être souvent la plate-forme pour laquelle ces auteurs publiaient auparavant en exclusivité. 

Oui, on peut s'hybrider sans perdre son âme.

Quand je vois le nombre de pages lues via Kindle Unlimited et le classement de ces auteurs sur Amazon, je comprends aussi leur choix d'y publier en exclusivité, même si ce choix n'est pas le mien. 

Concernant les évolutions en cours, le message que j'ai envie de lancer à la sphère indé, c'est que les prochains droits qu'il faudra défendre avec vigueur, outre le numérique, ce sont les droits des livres audio. 

L'auteur Michael Sullivan s'est ainsi séparé de son éditeur Del Rey parce que la maison mère de Del Rey, Penguin Random House, avait décrété que les contrats ne pouvaient être signés que si l'auteur cédait ses droits audio à l'éditeur.

Si vous lisez l'anglais, cet article est vraiment édifiant.

Or, Michael Sullivan et son épouse, dans leur grande sagesse, avaient déjà négocié les droits audio avec un éditeur audio, parce que l'argent que leur donnait cet éditeur ne se refusait pas, et l'emportait sur leur contrat initial avec Del Rey. 

Faire en sorte qu'il n'y ait rien à négocier avec l'éditeur pour votre prochain livre parce que les droits en question ont déjà été cédés est donc une excellente manoeuvre, susceptible de vous mettre en position de force... à condition d'avoir fait vos calculs, et d'être prêt à aller jusqu'au bout dans le "non", en rompant le prochain contrat faute d'accord. 

Ce qui me fait aussi dire que vous ne devriez vous engager dans vos signatures de contrat que sur un seul roman, pas davantage.