mercredi 19 avril 2017

Promos anglo-saxonnes : enfin des bénéfices !

Il aura fallu de la patience. J'ai publié sur les différentes plates-formes d'autoédition la traduction anglaise du Souffle d'Aoles, The Breath of Aoles, en février 2014, il y a trois ans. Sa suite, Turquoise Water, est sortie en mars 2015. Le dernier tome, The Flames of the Immolated, est sorti en août 2016. Il aura malgré tout fallu attendre cette année 2017, et ma promo sur la trilogie anglaise réunie en coffret ebook pour qu'enfin, l'argent investi dans les sites de promo de livres électroniques, américains pour la plupart, engendre un retour sur investissement. Deux facteurs auront été déterminants pour obtenir ce résultat.  

Vous vous souvenez de mon article de janvier dernier sur une promo anglo-saxonne? J'avais investi quelque chose comme 315 € dans différents sites de vente que je détaille dans l'article

Cet investissement n'avait pas été remboursé en janvier (de toute façon, il faut attendre deux mois avant le versement d'un mois en cours), puisque malgré les 250 ebooks vendus en une semaine, je n'avais gagné que 155 €.

Mais quatre mois plus tard, après de nouvelles ventes, à plein tarif cette fois, j'en suis à plus de 345 € de revenus pour The Ardalia trilogy. 

Le retour de bénéfice, une trentaine d'euros, est donc extrêmement modeste, mais réel. L'important pour moi est que je sais quels sites de promo ont été les plus efficaces, et que je suis à peu près sûr de faire mieux la prochaine fois.

Toutes mes promos précédentes sur le marché anglo-saxon les autres années, qu'il s'agisse de pubs Facebook ou de promos sur des sites payants, avaient été déficitaires.

Qu'est-ce qui a changé? Quels ont donc été ces deux facteurs principaux déterminants? 

Si vous avez lu mon article de janvier, vous savez que le coffret ebook The Ardalia trilogy est vendu exclusivement sur Amazon, contrairement aux romans pris individuellement. 

Eh bien ce sont les pages lues sur Kindle Unlimited qui expliquent en grande partie ces bénéfices, il me faut bien le reconnaître. 

Si en janvier, la trilogie anglaise a bénéficié de 4818 pages lues aux Etats-Unis et 3347 au Royaume Uni, ces chiffres sont montés respectivement à 15644 et 4283 en février.

Bien que le chiffre de 15644 pages lues paraisse impressionnant, cela a représenté en réalité 77 $. Néanmoins, cela s'ajoute au reste, et j'ai encore des pages lues ce mois-ci.

Cela prouve aussi que ma trilogie est lue par au moins quelques personnes, ce qui est réconfortant. :)


En mars, on est passé à un tout petit peu moins de 9000 pages lues (US) et seulement 163 (UK).

Les ventes d'ebooks de la trilogie à plein tarif ont été d'une quinzaine en février-mars.

Le second facteur déterminant, celui qui a sans doute permis une partie des ventes à taux plein et des pages lues, me vient des abonnés à ma newsletter anglaise, au nombre d'un millier.

J'ai toujours dit que KDP Select était défavorable à la grande majorité des auteurs, parce que la grande majorité des auteurs ne maîtrisent pas le marketing.

Je le maintiens. Rien n'a changé. Il m'a fallu plusieurs années pour élaborer la bonne stratégie marketing.

Bien qu'étant opposé à la notion d'exclusivité, j'ai malgré tout décidé de tirer parti de Kindle Unlimited, parce que ce service de souscription est ce qui se rapproche le plus d'une bibliothèque dans l'univers des ebooks, parce qu'il me faut diversifier mes sources de revenu, et parce que, de manière pragmatique, je reconnais qu'Amazon est très nettement dominant pour le marché anglo-saxon. 

Néanmoins, j'avais aussi à cœur de satisfaire ceux des lecteurs de ma newsletter anglaise qui possédent un appareil autre qu'une Kindle, et ceux qui habitent dans des pays où Kindle Countdown n'est pas en place (la promo réalisée en janvier était une promo Kindle Countdown exclusive à Amazon), et notamment l'Australie.

J'ai donc mis, la semaine dernière, mes ebooks anglais Turquoise Water et The Flames of the Immolated (The Breath of Aoles étant gratuit) à 0,99$/£ sur les différentes plates-formes. La réponse a été très favorable, puisque, en ne faisant cette fois appel à aucun site de promo, j'ai réalisé 35 ventes. 

Cette promo ne devrait pas générer autant de retombées que celle sur la trilogie complète, mais elle m'a permis, sans rien dépenser, de satisfaire certains lecteurs qui auraient pu être frustrés par la précédente.

Il est intéressant de voir qu'une portion non négligeable des abonnés à ma newsletter anglaise ne sont pas abonnés à Kindle Unlimited. En revanche, la domination d'Amazon est bel et bien validée par cette expérience menée la semaine dernière: bien qu'ayant fourni les liens vers Barnes & Noble, Apple et Kobo en plus d'Amazon dans ma newsletter, je n'ai obtenu que deux ventes sur Kobo (une pour le tome 2 et une pour le 3). Aucune sur les autres plates-formes, et 33 sur Amazon!

Voilà en tout cas deux campagnes coup sur coup qui me rapportent des bénéfices, certes très modestes, mais encourageants! 

Autres articles sur le même sujet:

Une promotion anglo-saxonne 

Traduction de romans: attention, terrain miné!

lundi 17 avril 2017

Pourquoi mon roman n'aurait pas dû être finaliste du Prix Fantasy des Booktubeuses

Le légendaire Syndrome de l'Imposteur aurait-il encore frappé? Je ne pense pas. Le Prix Fantasy des Booktubeuses, pour lequel mon roman Le Souffle d'Aoles a été finaliste, en est à sa deuxième édition et se cherche encore. Je pense que la formule est à revoir en ce qui concerne le processus de sélection des œuvres finalistes. Dans quel objectif? Eh bien, afin de faire réellement de ce prix de Fantasy celui des Booktubeuses.

Plus de 300 ebooks ont été envoyés à Bookelis, l'organisateur du Prix Fantasy des Booktubeuses. L'auteur de Fantasy Olivier Gay a sélectionné les trois romans finalistes. Puis les trois Booktubeuses, Nine, Bulledop et Lili, ont réalisé une vidéo chacune concernant les trois finalistes, avant de désigner le lauréat, Les Fils de la Terre.

Je remercie Olivier Gay d'avoir sélectionné mon roman, mais je pense que ce sont les booktubeuses elles-mêmes qui auraient dû sélectionner les trois finalistes. Pourquoi? Regardez bien chacune des vidéos qu'elles ont posté : 

Première vidéo : les lectures de Nine, 11 avril


Deuxième vidéo : Bulledop, 12 avril


Troisième vidéo : Lili bouquine, 13 avril



Quel est le point commun, pour les trois romans finalistes, et pour chacune des booktubeuses? 

Cela me semble flagrant: elles ne sont rentrées dans aucun des trois livres. A chacune de leur lecture, il a fallu qu'elles s'accrochent. 

Même pour le roman lauréat, Les Fils de la Terre, le coup de cœur n'est venu que dans un second temps.

Je suis persuadé que si les trois booktubeuses avaient choisi elles-mêmes les finalistes, on aurait eu trois autres livres, des livres qui les auraient accrochées beaucoup plus tôt dans leur lecture. 

Si j'étais juste un lecteur qui suit les chaînes vidéo de Nine, Bulledop et Lili, je me féliciterais de l'impartialité de mes booktubeuses préférées, mais je me poserais la question : pourquoi avoir choisi ces romans-ci?

Parce que je saurais que ces booktubeuses ont déjà chroniqué des livres qui étaient vraiment leur chouchou, et que là on est loin du compte. 

Mais je n'écris pas ce billet en tant que lecteur. Je l'écris en tant qu'auteur participant, dont le roman, Le Souffle d'Aoles, a été finaliste. 

J'essaie de jouer un rôle en faveur de la communauté des auteurs autoédités, et je considère donc qu'il est de mon devoir d'évoquer les retombées de ma place de finaliste. 

Je le considère d'autant plus qu'à mon avis, la plate-forme Bookelis fait du bon travail dans son appui aux auteurs autoédités, et que ce prix de Fantasy mérite d'être optimisé pour les prochaines années. 

Au moment où j'écris ces lignes, la vidéo de Nine en est à 7260 vues, celle d'Emilie (Bulledop) à 4491 vues, et celle d'Allison (Lili) à 1747 vues. Donc, 13 500 vues cumulées. 

Sachez que je n'ai vendu qu'un seul ebook du Souffle d'Aoles entre le 10 avril et aujourd'hui, le 17 avril, sur la plate-forme Google Play. 

Voici par exemple mes ventes du Souffle sur Amazon pour la période du 18 mars au 17 avril:  



Une seule vente, mais le 30 mars, bien avant que les vidéos ne soient mises en ligne.

Malgré cette absence de ventes directes, je suis heureux que mon livre ait bénéficié d'un surcroît de visibilité grâce aux vidéos des booktubeuses, parce que chaque petite chose peut aider à la notoriété d'un livre, et que la notoriété peut favoriser des ventes ultérieures, et en particulier en dédicace. 

J'aurais tout de même apprécié que Nine, Emilie et Allison fassent figurer deux liens dans leurs vidéos pour chaque livre, un lien vers la page des ebooks sur la Fnac et l'autre sur Amazon. 

C'est ce que j'ai fait dans mon billet annonçant la gagnante du prix, Stéphanie Barrabino.

Posez-vous la question: pensez-vous que le prix Goncourt serait aussi prestigieux s'il ne générait aucune vente? 

J'ai le sentiment que les 400 000 ventes que permet le prix Goncourt ont un lien avec le prestige de ce prix. 

Je peux me tromper, bien sûr, mais j'irais jusqu'à dire qu'il est dans l'ADN d'un prix littéraire de favoriser les ventes. 

Tel qu'il est structuré, le Prix Fantasy des Booktubeuses aurait dû permettre au moins quelques ventes pour les trois finalistes. 

Maintenant, certains d'entre vous se demandent peut-être pourquoi Bookelis a fait le choix de faire sélectionner les trois finalistes par un auteur de Fantasy et non par les booktubeuses. 

Il faut savoir que le travail de sélection des œuvres prend beaucoup de temps. Or, l'une des booktubeuse, Nine Gorman, est elle-même romancière. Vous pouvez retrouver le prologue de son roman Le Pacte sanguinaire sur Wattpad

Les deux autres booktubeuses, Emilie (Bulledop) et Allison (Lili) sont des libraires, et Allison écrit également. Ce sont des lectrices éclectiques, mais pas forcément des spécialistes de Fantasy, comme vous le confirmera cette vidéo de présentation. Elles n'ont aucun préjugé à l'encontre des livres autoédités, même si leur fonction de libraire les amène à lire davantage de livres édités traditionnellement.

Lire trois livres prend donc beaucoup de temps, auquel vient s'ajouter leur métier, et le travail lui-même sur les chaînes Booktube.

Donc de prime abord, le choix de Bookelis de faire sélectionner les trois finalistes par un spécialiste de la Fantasy pouvait paraître sensé. 

Il me semble évident qu'en réalité, cette formule ne fonctionne pas.

Comme je voulais écrire un billet le plus constructif possible, j'ai réfléchi au moyen de faire en sorte que les booktubeuses puissent réellement s'approprier ce Prix, et les romans choisis. 

En plus de sa présentation de type quatrième de couverture, chaque roman devrait être accompagné d'un pitch en trois ou quatre lignes maximum. 

Le comité de lecture de Bookelis devrait faire une sélection des cinquante meilleurs romans parmi ceux qu'on leur envoie. 

Une fois ces romans choisis, ils seraient envoyés avec leur pitch et leur quatrième de couverture aux booktubeuses.

Nos trois booktubeuses devraient trier les cinquante pitchs qui les attirent le plus, par ordre de préférence. Elles devraient à ce stade se concerter une première fois pour bénéficier de la même liste, hiérarchisée dans le même ordre. 

Cela ne prendra pas trop de temps, puisqu'on parle de quelques lignes à lire à chaque fois.

Ensuite, elles devraient lire dans le même ordre les quatrième de couverture de chaque livre, puis les dix premières pages. 

Si l'une d'elle tombe sur un roman pour lequel elle va être accrochée dès les premières pages, elle prévient les deux autres. 

Si les trois sont d'accord avec son choix, elles conviennent d'aller plus loin. Dans ce cas, elles lisent la suite du roman, et ne stoppent que si elles sont arrêtées dans leur lecture parce qu'elles décrochent.

Elles continuent ensuite la liste pour le deuxième finaliste et le troisième. 

Si les choses se passent bien, en plus des trois romans finalistes, elles ne devraient avoir à lire qu'une centaine de pages. Le surcroît de travail par rapport à la formule actuelle ne me semble pas excessif.

Si l'on avait procédé ainsi, mon livre n'aurait pas été choisi, cela me paraît évident.

Mais peu importe: l'idée d'avoir trois finalistes, et des vidéos correspondantes, me paraît très bonne. Selon moi, il faut vraiment que les booktubeuses s'approprient ce prix, ainsi que les livres finalistes. Et tant pis si elles ne sont pas vraiment des spécialistes du genre, ce n'est pas le problème!

Cela irait complètement dans le sens de leurs chaînes Youtube, qui sont des chaînes de passionnées visant à faire partager leur passion, et à provoquer l'envie de lire. 

vendredi 14 avril 2017

Prix Fantasy des Booktubers: le gagnant

Le gagnant du prix Fantasy des Booktubers organisé par Bookelis est Les Fils de la Terre, de Barrabino. Je remercie Bookelis d'avoir ouvert ce concours à tous les auteurs autoédités, et les booktubeuses, pour leur travail! 




Vous pouvez retrouver les Fils de la Terre, de Stéphanie Barrabino, en vente sur la Fnac ou Amazon. Je félicite bien sûr la lauréate!

J'ai suivi la sympathique discussion en live qui a annoncé le vainqueur, et j'ai été heureux d'apprendre que l'une des booktubeuses, Bulledop, a placé mon livre en tête. Franchement je ne m'y attendais pas! 

Si vous êtes booktubeuse ou blogueuse (y compris de sexe masculin! ;) ) et que vous souhaitiez chroniquer en format numérique l'un des trois tomes du cycle d'Ardalia (je conseille de commencer par le premier), ou bien mon thriller Le Vagabond, ou encore mon recueil de Science-Fiction Les Explorateurs, vous pouvez me contacter à l'adresse suivante: alan1spade at gmail.com.  

Je remercie au passage l'une des booktubeuse (Nine je crois) d'avoir mentionné en réponse à un internaute qu'Amazon pouvait aussi avoir du positif, en ce sens qu'il s'agit de l'un des seuls moyens de diffusion large que possèdent les auteurs autoédités, dont les livres sont très peu représentés en librairie -- en dehors des séances de dédicace. 

jeudi 13 avril 2017

Troisième vidéo du Prix Fantasy des Booktubers: Lili bouquine

Après cette troisième et avant-dernière vidéo du Prix Fantasy des Booktubers, avant le "live" qui désignera le 14 avril le vainqueur, il n'y a plus, pour moi en tout cas, beaucoup de suspense. C'était déjà une très bonne surprise d'être dans les trois finalistes. Mais je vous laisse vous faire votre opinion.



Retrouvez le lauréat ce soir à partir de 21h sur la page Facebook du Prix Fantasy des Booktubers Bookelis.

mercredi 12 avril 2017

Deuxième vidéo du Prix Fantasy des Booktubers: Bulledop

La deuxième vidéo du Prix Fantasy des Booktubers, celle de la très enjouée Bulledop, vient de sortir. Il apparaît que les descriptions jouent un rôle important dans ces deux premières vidéo, ce qui semble handicaper mon livre, Le Souffle d'Aoles. 


Un avis très bien construit, tout comme dans la première vidéo. Bulledop n'est pas la première à regretter le manque de descriptions, c'est un écho que j'ai aussi de pas mal de lecteurs.

Tous ne sont cependant pas gênés par cet état de fait. L'un de mes objectifs a été de jouer sur les sonorités des mots pour faire surgir des images dans la tête des lecteurs.

Pour ceux d'entre vous qui voudraient appréhender un peu mieux mon univers, je vous dirige vers cette page de mon site (faire baisser l'ascenseur) ainsi que vers l'ebook Une brève histoire d'Ardalia, pour l'aspect historique.


mardi 11 avril 2017

Première vidéo du prix de Fantasy des Booktubers: les lectures de Nine

La première vidéo du prix de Fantasy des Booktubers, organisé par Bookelis, celle de Nine Gorman, vient de sortir. J'avoue que je suivais jusqu'à présent très peu de chaînes Booktube, mais le travail réalisé par des blogueuses telles que Nine est vraiment méritoire. 



A noter que Nine Gorman est elle-même l'autrice du Pacte Sanguinaire, dont vous pouvez retrouver le prologue sur Wattpad.

Prochaines vidéos:

- Bulledop, le mercredi 12 avril
- Lili bouquine, le jeudi 13 avril
 
Le gagnant sera annoncé le 14 avril. Suspense! 

dimanche 2 avril 2017

Mission réussie pour Space X

Le jeudi 30 mars 2017 est une date historique dans l'histoire de l'exploration spatiale: la société Space X est parvenue à réutiliser un étage de fusée déjà envoyé dans l'espace, puis reposé sur Terre en avril 2016. C'est la deuxième date historique à mettre au crédit de Space X, après le premier atterrissage avec succès d'un premier étage de fusée le 21 décembre 2015. 

Selon Wikipédia, depuis janvier 2017, Space X ne considère plus les atterrissages de premier étage comme expérimentaux, mais bien comme des procédures de routine. Sacrée révolution tout de même!

La réutilisation effective d'un étage déjà lancé était en conséquence très attendu, car d'elle dépend la baisse de coût d'envoi des fusées dans l'espace. Une baisse de coût cruciale dans l'exploration spatiale. 

C'est donc chose faite depuis le 30 mars 2017. 

Reste une interrogation majeure: quelle économie cela permet-il de réaliser? D'après Space X cela fait baisser de 30% le coût du lancement d'une fusée Falcon 9, lancement normalement fixé à 62 millions de dollars. 

Je me suis bien sûr posé la question du coût de la remise en état de l'étage lancé en avril 2016. Nous devrions avoir des données très précises à ce sujet. Hélas, pour l'instant, rien ne filtre à ce sujet de la part de Space X, c'est l'opacité.

On sait que la navette spatiale américaine, dont l'activité a été abandonnée, coûtait plus de 400 millions de dollars à remettre en état, un véritable gouffre! Mais on a vu que les fusées Falcon 9 reviennent nettement moins cher.

Si vous avez des renseignements à ce sujet à mettre en commentaire, je suis preneur!

Elon Musk a en tout cas annoncé sur Twitter que le prochain objectif était rien moins que la remise en état et le lancement d'un étage déjà utilisé en 24h! Wow!

On peut faire confiance à Space X, en tout cas, pour continuer à essayer de casser le coût du lancement. Ainsi dès cette année 2017, au mois de mai, la société va réutiliser pour la première fois l'une de ses capsules Dragon déjà utilisée pour approvisionner la Station Spatiale Internationale. Une autre première en perspective!



Au sujet du deuxième étage de la fusée, celui qui monte beaucoup plus haut dans l'espace, sa récupération s'est avérée beaucoup plus complexe. Trop complexe? En tout cas, d'après cet article du New-York Times, Space X aurait abandonné l'idée de le faire atterrir pour récupération et réutilisation.

Au niveau médiatique, en France, la chaîne TF1 a enfin daigné parler dans son 20h00, très brièvement, de cet exploit historique de Space X, celui du 30 mars 2017. Pour une fois, Elon Musk n'était plus uniquement présenté sous le jour du "milliardaire américain extravagant qui veut lancer le tourisme spatial".

Extravagant pourquoi pas, mais il me semble qu'il faut avoir une ou deux qualités pour lancer une société comme Space X et la rentabiliser, lancer une société comme Tesla (société automobile, sachant qu'aucune nouvelle grosse société automobile n'a été rentable aux Etats-Unis depuis 60 ans en dehors de Tesla) et la rentabiliser, lancer une société comme SolarCity et la rentabiliser. 

En fait, je crois que le plus gros défaut qu'a Elon Musk aux yeux des médias hexagonaux, c'est qu'il n'est pas Français. Et en plus il concurrence Arianespace. C'est pour ça qu'ils ne commencent à en parler que maintenant, parce qu'il leur est difficile de faire autrement.

Fait intéressant, et qui montre aussi que l'absence dans les médias français de Space X se teinte de patriotisme, ou au moins de patriotisme étendu à l'Europe, la présentatrice de TF1 a enchaîné en disant que cette avancée de Space X avait contraint Arianespace a accélérer son projet de lancement d'Ariane 6.

Fantastique, une nouvelle Ariane! Mais sera-t-elle au moins partiellement réutilisable?

Ce n'est pas ce que laisse augurer cette présentation officielle.

Permettra-t-elle l'exploration spatiale? Ne serait-ce que d'aller sur la Lune?

Telle ne semble pas être son ambition, contrairement au Falcon 9 heavy de Space X, nouvelle fusée qui va être lancée cette année. Une année décidément très excitante pour Space X.

N'oublions pas aussi que les fusées Ariane sont lancées à partir du site de Kourou en Guyane. En terme de réputation par rapport aux Guyanais, il serait bon qu'Ariane n'apparaisse pas comme un gros parasite, dont l'activité n'offre aucune retombée économique à la population locale.

On semble assez loin du compte pour le moment, hélas.

Autres articles sur le même sujet: 

- Le plus grand scandale médiatique de ces dernières années
- Le match Arianespace contre Space X

mardi 14 mars 2017

Auteurs autoédités et syndicalisme

Un article très complet sur la problématique actuelle des auteurs autoédités vient d'être publié par Chris Simon sur son blog. Le titre, Est-il souhaitable de rassembler les autoédités dans un pôle unique?, constitue déjà une réponse en soi. Chris développe une thématique que j'avais à peine effleurée dans mon article Nous sommes nos propres labels, le syndicalisme des auteurs autoédités. Elle pointe aussi vers un autre article intéressant sur le sujet, celui de la romancière Lizzie Crowdagger. 

L’autoédition grâce à la technologie (numérique, POD, réseaux sociaux) est une irruption dans le système éditorial. Elle fonctionne bien en système de cellules indépendantes, en réseaux car elle est plus proche de l’ADN d’une guérilla que d’une corporation. Je ne suis pas sûre qu’elle fonctionnerait en une structure qui engloberait entièrement. De plus l’autoédition me semble plus gérable en petites unités qui communiquent, car le bénévolat à ses limites et ne peut être érigé en un système quand le temps de chacun est limité - Chris Simon

Voilà une citation importante. J'ajouterais une chose: est-il raisonnable de penser parvenir à fédérer tous les auteurs autoédités? La Fédération des auteurs indépendants d'Elen Brig Koridwen, que Chris et moi soutenons, rassemble peut-être 200 auteurs indés, alors qu'il existe aujourd'hui des milliers d'auteurs indés en France! 

Je dirais, vraiment à vue de nez, que les indés sont au bas mot 2000 à s'autopublier sur Amazon, la plate-forme la plus populaire.

Et au niveau des syndicats à proprement parler? Il faut bien sûr, comme le dit Chris dans son article, regarder du côté de l'existant. En France, le SNAC, Syndicat National des Auteurs Compositeurs, peut-il réellement prétendre avoir pour adhérents inscrits l'intégralité des auteurs et compositeurs qui touchent des droits d'auteur de manière traditionnelle? 

J'en doute.

Quand je regarde aussi du côté de l'Authors Guild aux Etats-Unis, je peux vous affirmer que ce syndicat ne comporte qu'une infime minorité d'auteurs traditionnellement publiés - sans même tenir compte, bien sûr des "indies"!

Donc, côté représentativité, il ne faut pas se leurrer, un syndicat des auteurs indépendants ne sera qu'un groupe de pression comme un autre. 

Je reconnais, bien sûr, l'utilité théorique d'un tel groupe, pour avancer notamment sur le statut des auteurs indépendants. Si un candidat élu à la Présidence de la République cherchait à demander conseil à ce sujet, il se tournerait vers l'instance la plus représentative des indés... même si elle ne devait compter que 200 auteurs.

Mais d'un autre côté, je mets aussi en garde contre les dérives possibles. On l'a vu avec l'Authors Guild aux Etats-Unis, qui a joué à fond le jeu du groupe des auteurs traditionnellement édités ayant le plus de pouvoir. On peut citer par exemple le soutien de l'Authors Guild au Mandat d'Agence dans l'affaire Amazon/Hachette (impossibilité pour Amazon d'abaisser le prix des ebooks les plus chers par des promos, afin de rendre l'ebook plus attrayant). Et, surtout, le soutien par ce même syndicat des grosses agences littéraires, lesquelles servent bien davantage les intérêts des gros éditeurs que des auteurs pourtant censés être représentés par ces agences! 

Un syndicat est un contre-pouvoir, ce qui est une bonne chance parce que c'est indispensable d'en avoir. 

Mais en étant un contre-pouvoir, le syndicat qui réussit devient aussi un lieu de pouvoir, et court le risque intrinsèque de ne représenter les intérêts, non seulement que des adhérents, mais bien plus encore, du petit groupe d'adhérents ayant le plus d'influence au sein du syndicat.

Autre risque possible, être repris en sous-main par certaines puissances financières: je ne voudrais pas d'un syndicat qui s'aligne systématiquement sur Amazon, par exemple. 

Donc, assez rapidement, le syndicat risque de ne plus représenter ni les idées du plus grand nombre d'auteurs ni même de la majorité de ses adhérents.

Je ne fais, on l'a compris, pas une panacée de l'idée de syndicat, et c'est là mon opinion strictement personnelle. C'est pourtant, je dirais, un mal nécessaire, à partir du moment où les intérêts économiques d'une catégorie d'auteurs convergent. La part de marché de ces intérêts étant bien sûr en augmentation avec l'ebook, mais surtout très mal connue du fait de son caractère officieux. Nous restons une industrie de l'ombre.

C'est un peu moins le cas aux Etats-Unis, grâce au site Author earnings.

Je pense donc qu'il devrait exister quelque chose de très basique, un syndicat des indés, tout en ayant conscience de la fragilité intrinsèque d'une telle structure, qui dépendrait de la bonne volonté de quelques-uns. Je sais, je me répète par rapport à mon article sur les labels, mais c'est un point important.

Relisez l'article de Chris Simon, et vous constaterez la précarité d'existence des structures mises en place par les indés. Je sais de quoi je parle, moi qui avais mis en place à l'époque un site appelé Babelpocket, destiné à vendre les ebooks des auteurs indépendants.

Il m'a demandé énormément d'heures de travail, qui auraient mieux été employées à écrire. Je plaide coupable!

jeudi 9 mars 2017

Le Souffle d'Aoles finaliste du Prix Fantasy des Booktubers de Bookelis

Mon roman Le Souffle d'Aoles, premier tome de la trilogie Ardalia, est l'un des trois finalistes du Prix Fantasy des Booktubers 2016! Il se retrouve en lice aux côtés de Thormäe - Le Cantique du Soleil, livre 1, de William Rivelake, et de Les Fils de la Terre, de Barrabino. Terre, Soleil et Vent, donc. Le gagnant sera annoncé le vendredi 14 avril.



Amazon   La Fnac   Kobo   Apple


Bookelis, qui organise ce prix, est un site d'aide à l'autoédition dont Cyril Godefroy, auteur de l'ouvrage 82 Questions sur l'autoédition, me disait récemment le plus grand bien. Je n'utilise pas Bookelis pour mes livres, mais le concours était ouvert à tous les romans de Fantasy autoédités de plus de 100 000 signes. 
C'est l'occasion pour moi de saluer les deux autres finalistes, en vous donnant les liens vers les romans: 


Voilà en tout cas une annonce qui arrive à point nommé, au moment où j'écrivais l'article "Nous sommes nos propres labels de qualité" ! ;)

Je disais dans cet article: quand j'ai vu que Bookelis, site de bonne réputation d'aide à l'autoédition, lançait cette année, pour la deuxième année le Prix Fantasy des Booktubers, j'ai sauté à pieds joints: un prix de la Fantasy pour les auteurs indés, et qui ne soit pas organisé par Amazon? Bien sûr que l'on peut compter sur moi! 

J'espère que cette formidable initiative de Bookelis sera suivie par d'autres, qui toucheront à terme tous les genres littéraires. 

Je rêve aussi d'un Grand Prix de la Blogosphère pour les auteurs indés. Qui sait, tout peut arriver. Autant de prix, autant de possibilités de visibilité accrue pour les auteurs!

Cette nomination est évidemment valorisante, puisqu'il y avait plus de 300 participants à cette édition 2016. Je n'oublie tout de même pas, que, s'il existe des critères objectifs de qualité, ne serait-ce que la grammaire, l'orthographe et la syntaxe pour parler des plus basiques, passé un certain niveau de qualité, c'est avant tout le coup de cœur du moment qui va désigner un lauréat. Tout ce qu'il y a de plus subjectif donc. 

Les livres vont être chroniqués sur trois chaînes You Tube comportant 90 000 abonnés: 

- Les lectures de Nine, le mardi 11 avril
- Bulledop, le mercredi 12 avril
- Lili bouquine, le jeudi 13 avril

De vraies passionnées de lecture, ce qui fait bien plaisir! 

Ce sera intéressant d'évaluer les retombées d'un tel prix pour un roman. 

J'ai beaucoup de chance d'avoir été choisi, mais ça ne changera rien à ma philosophie: ne pas se fier à la chance, mais avant tout au travail. C'est tout le sens de ma démarche en tant qu'auteur autoédité, et c'est ce qui devrait me permettre, dès cette année, de dépasser le seuil des 3000 exemplaires papier du Souffle d'Aoles vendus depuis sa parution en mars 2010 (j'en suis actuellement à 2970 papier, plus environ 800 ebooks). 

lundi 6 mars 2017

Nous sommes nos propres labels de qualité

Il existe un débat amical à l'heure actuelle entre auteurs indépendants pour savoir s'il faut mettre en place un label de qualité des auteurs indépendants. Il semblerait que ce label soit réclamé par de nombreux lecteurs. Je suis dans l'autoédition depuis suffisamment longtemps pour avoir mené cette réflexion de manière assez intense avec d'autres auteurs il y a déjà plusieurs années, et mon avis là-dessus est tranché: l'idée du label est une perte de temps. Certains disent qu'il n'y a pas un label de qualité, mais des labels de qualité, et je suis d'accord. J'irais même plus loin, chaque auteur indépendant est son label de qualité, de la même manière que chaque maison d'édition est son label de qualité.

Sous l'impulsion de la romancière Elen Brig Koridwen, un groupe, ou fédération des Auteurs Indépendants s'est mis en place. Ce groupe, que je soutiens, se veut avant tout un site ressource pour les auteurs. Vous retrouverez le site officiel en suivant ce lien

C'est principalement cette Fédération qui mène en ce moment une réflexion sur le label de qualité, sur ce groupe Facebook.

En parallèle, l'Alliance des auteurs indépendants (AAIF) a été lancée par l'auteur Neil Jomunsi, sorte de syndicat des auteurs indépendants. Constatant l'existence du groupe des Auteurs Indépendants, Neil a cependant préféré s'effacer au profit de ce dernier. 

D'autres ressources existent, créées par et pour les auteurs indépendants. Me viennent pêle-mêle à l'esprit l'indispensable Mag des Indés de Chris Simon, le site ebookgang, pour les lecteurs, mais utilisé comme site promotionnel par les auteurs, le site Espaces comprises, le blog de Jacques Vandroux, et le site Indylicious, centre de presse destiné à faire la promo des auteurs indépendants. 

L'idée de pouvoir avoir un centre de ressources où sont regroupées toutes les initiatives des auteurs indépendants me semble donc bonne, car on le voit, ça foisonne! 

Mais si vous voulez connaître mes raisons contre le label de qualité, lisez l'article de Neil Jomunsi. Je suis entièrement d'accord avec ses arguments, et notamment ce passage: En créant des différences labelisées entre les différents ouvrages, on ne fait ni plus ni moins que reproduire le travail d’un éditeur, sans les moyens – ce qui semble assez bizarre quand on se lance justement dans la publication indépendante. 

Je comprends et partage le désir d'Elen et de bien d'autres que notre travail soit reconnu pour sa qualité par des tiers indépendants, qui pourraient donner une sorte de "coup de tampon officiel" à la qualité de nos ouvrages. 

Ce travail sur la reconnaissance de la qualité, on peut le faire, bien sûr, mais je préfère prévenir Elen: c'est épuisant de se lancer là-dedans.

Il existe des structures composées d'auteurs indépendants qui choisissent des textes indés sur des critères de qualité, et notamment le magazine l'Indépanda

Je ne veux rien décourager, bien au contraire: j'ai soutenu le projet l'Indépanda en leur soumettant l'une de mes nouvelles, Le Vagabond, et j'ai eu la fierté de le voir sélectionné pour le numéro 2 du mag. 

J'ai aussi été heureux de voir rassembler ainsi des textes de qualité dans des magazines facilement téléchargeables au format ebook sur Amazon. 

De même, quand j'ai vu que Bookelis, site de bonne réputation d'aide à l'autoédition, lançait cette année, pour la deuxième année le Prix Fantasy des Booktubers, j'ai sauté à pieds joints: un prix de la Fantasy pour les auteurs indés, et qui ne soit pas organisé par Amazon? Bien sûr que l'on peut compter sur moi! 

Non pas que je ne soutienne pas Amazon, mais je ne souhaite pas que la notion d'auteurs indépendants devienne l'équivalent chez le grand public, à force d'incitation à l'exclusivité, d'"auteurs Amazon". 

Tout cela est utile, mais prix ou label, cela demande du travail, c'est souvent le projet de deux ou trois personnes, et comme n'importe quelle petite maison d'édition, c'est très fragile. 

Par ailleurs, j'ai presque terminé (91% sur ma liseuse) le formidable roman d'Elen Brig Koridwen, Les trois Sages, Elie et l'Apocalypse. Incroyable d'érudition et de maîtrise, et très prenant!

Eh bien ce roman est en lui-même son propre label de qualité. Non pas qu'il n'aurait pas besoin d'être davantage connu, bien sûr que c'est le cas! 

En fait, je préfère que la romancière continue à écrire et faire sa promo plutôt que d'épuiser son énergie dans des structures qui sont avant tout dévoreuses de temps, dont l'efficacité en terme de diffusion envers les lecteurs est encore à construire intégralement, et qui resteront de toute façon fragiles par définition. 

En revanche, je me positionne en faveur de sites ressources qui ne demandent pas trop d'investissement. L'idéal pourrait sembler être une sorte de Wikipédia des auteurs autoédités, mais même cela demanderait énormément d'investissement en temps pour les modérateurs/correcteurs des articles. 

Nous cumulons déjà beaucoup de casquettes en tant qu'auteurs autoédités. A-t-on vraiment besoin de créer de nouvelles structures, ou la structure globale pour la recherche de qualité et la recherche de ressources n'existe-t-elle pas déjà, sous la forme d'Internet?

jeudi 16 février 2017

Une promotion anglo-saxonne

J'ai parfois l'impression d'être le canari dans la mine, ou si vous préférez, de jouer les cobayes pour la trentaine d'auteurs qui me suivent sur Facebook. Je ne me plains pas, cela dit: c'est un choix personnel, et je ne suis pas le seul auteur dans ce cas. Cela donne un peu plus de sens à mon activité d'auteur autoédité. Aujourd'hui, je présente le résultat d'une promotion Kindle Countdown Deal de mon coffret anglais The Ardalia trilogy, vendu en exclusivité sur Amazon. 

Un petit mot sur l'exclusivité Amazon: l'idéaliste en moi est toujours contre cette notion d'exclusivité. C'est pourquoi mes romans à titre individuel sont toujours vendus, même en anglais, sur chaque plate-forme. 

Il faut aussi savoir que je ne vends pas le coffret en français de la trilogie Ardalia, roman de Fantasy, sur les sites d'Amazon. Vous le trouverez notamment sur Kobo ou la Fnac, mais pas sur le site de Jeff Bezos. En contrepartie, j'ai donc choisi de vendre le coffret en anglais en exclu sur Amazon. 

C'est une concession que j'ai faite au pragmatique qui est en moi. 

Je vends très très peu d'ebooks en anglais sur d'autres plates-formes qu'Amazon, qui possède 75% du marché sur les ebooks aux Etats-Unis. Mes expériences avec un coffret en exclu peuvent aussi être utiles à la communauté d'auteurs. Par ailleurs, un seul coffret vendu en exclu n'est pas suffisant pour entraîner une dépendance envers Amazon.

Pour conclure sur le sujet, je dirais que, même après cette expérience du Kindle Countdown Deal que je présente ici, je ne retranche pas un mot du billet que j'avais adressé à l'attention d'Amazon

Les lecteurs de ce blog se souviennent de la promo réussie que j'avais effectuée en collaboration avec la plate-forme Kobo/Fnac sur la trilogie Ardalia en français. Elle avait donnée lieu à cette capture d'écran (cliquez sur l'image pour agrandir): 





La promo avait duré une semaine. J'avais reçu un soutien fort de la plate-forme Kobo/Fnac, avec l'équivalent de l'Offre éclair d'Amazon sur une journée, ce qui avait occasionné 63 ventes sur la journée en question, le dimanche 8 novembre 2015. 

Sur le mois complet, j'avais vendu 120 trilogies, mais une seule le mois suivant (!), ce qui ne m'avait pas permis de rentabiliser mes investissements sur les pubs Facebook. Je considère néanmoins toujours cette promo comme réussie, parce qu'elle a apporté de la visibilité à la trilogie. 

La promo Kindle Countdown Deal sur la trilogie anglaise a quant à elle eu lieu récemment, du 23 au 29 janvier 2017. 

Kindle Countdown Deal (KCD) ne représente pas une aide aussi massive que celle que j'avais reçue de Kobo, ou l'Offre éclair d'Amazon, laquelle n'est proposée qu'à des auteurs triés sur le volet. KCD est réservé aux auteurs ayant un ebook en exclusivité sur Amazon (KDP Select), et ne fonctionne que sur les plates-formes américaines et Royaume Uni.

Avec KCD, votre ebook est listé dans une catégorie spéciale d'Amazon. J'ai vérifié, mon ebook y était bien. Néanmoins, cette catégorie ne peut pas être trouvée par un lecteur sans recherche spécifique "Kindle Countdown Deal" sur le moteur de recherche Amazon. Autant dire que ce coup de pouce d'une catégorie spécifique est en réalité quasiment inexistant. 

En revanche, Amazon va indiquer, directement sur la page de vente de l'ebook, un décompte de type compte à rebours du temps restant avant le prochain changement de prix.

Ce décompte est ce qui signale une promo spéciale sur la page du livre. Ce type de signalement par rapport à une promo est unique à Amazon, et gagnerait à être utilisé par la concurrence. C'est en effet très utile, notamment grâce aux mailing lists (lecteurs abonnés), qui vont vous permettre "d'envoyer" vos lecteurs directement sur la page de vente de l'ebook sur Amazon Etats-Unis ou Royaume Uni. 

On a la possibilité de mettre différentes tranches de prix pendant la semaine de promo KCD. On n'est pas obligé de dépenser toute sa semaine de promo KCD d'un coup, on peut la répartir sur différents jours par période d'exclusivité de trois mois. Néanmoins, à mon sens c'est plus efficace d'utiliser toute la semaine d'un coup. 

De la même manière que pour la promo Kobo, j'ai baissé le prix de la trilogie à 0,99$ la plupart du temps, mais en le remontant tout de même à 3,99$ les deux derniers jours. Ces variations de prix sont permises par la promo KCD, ce qui est très utile pour étalonner les performances suivant les prix. 

Pour cette promo, j'ai principalement utilisé des sites payants préconisés par l'auteur britannique de thrillers Mark Dawson: Kindle Books & Tips le premier jour, Ereader News Today, Bargain Booksy et Bookraid le deuxième jour,  The Fussy Librarian le troisième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly les quatrième et cinquième jour. 

A mon grand regret, je n'ai pu utiliser les services de Book Barbarian, un site très utile pour la promo des ebooks de Fantasy et Science-Fiction. Il fallait s'y prendre plus de trois mois à l'avance, je n'avais pas la patience. Mais pour l'avoir déjà testé, je sais que ce site vaut les 50$ qu'il demande, pour mes romans de Fantasy en tout cas. 

J'ai aussi utilisé ma mailing list d'un peu moins de 1200 lecteurs anglophones amateurs de Fantasy, en grande majorité Américains. Si j'ai déjà obtenu autant de lecteurs abonnés anglais, c'est notamment grâce au site Instafreebie, gratuit le premier mois et coûtant 20$ par mois ensuite, et qui permet de grouper des promos avec des auteurs anglo-saxons. Le site est relié à la plate-forme de newsletter Mailchimp, ce qui est très utile.

J'ai mis un budget d'un peu plus de 300€ dans ces différents sites et sur une pub Facebook qui ciblait ma propre mailing list. A comparer avec les 200€ de ma promo de 2015. 

Le site qui m'a coûté le plus cher a été Books Butterfly: 167€. Le site est censé garantir les ventes, mais en fait, ne fournit qu'un acompte pour une prochaine promo si l'on n'atteint pas le chiffre garanti. Il n'est pas très adapté aux ebooks de Fantasy et s'est révélé décevant dans mon cas. 

Mon objectif était de vendre 200 ebooks dans la semaine, ce qui peut sembler ambitieux, mais j'avais déjà une idée des performances de la trilogie grâce à la promo Kobo, et de mon ebook anglais The Breath of Aoles, notamment sur des sites comme Kindle Books & Tips et Ereader News Today.

C'était ma toute première promo Kindle Countdown Deal, et dans un premier temps, j'ai complètement loupé le marché du Royaume Uni: si vous lancez une promo KCD, vous devez en effet définir les prix sur chaque plate-forme, américaine et anglaise, une à une. Ça n'est pas globalisé. 

Ma promo en direction des lecteurs UK n'a donc débuté que le mercredi au lieu du lundi, ce qui m'a conduit à envoyer un email d'excuses à ma mailing list. Voyons maintenant les différents résultats: 


Premier jour, Kindle Books & Tips + newsltetter 


53 exemplaires. Un bon départ compte tenu du fait que je n'avais jamais utilisé ma newsletter anglaise pour des promos uniquement sur mes ebooks: en général c'était pour des promos communes avec d'autres auteurs. Nous y reviendrons. 

Le jour suivant, l'ebook a grimpé aux alentours de la 6000ème place: 

Deuxième jour Ereader News Today, Bargain Booksy et BookRaid: 

Les ventes atteignent leur pic, 81 exemplaires. Ce qui est mieux, sur une journée, que ma trilogie française avec la mise en avant Kobo. C'est principalement dû au site Ereader News Today, mais aussi à ma newsletter, qui continue à produire des ventes. 

L'ebook entre dans le top 3000 des livres payants, sa meilleure place:  

Dans la sous-catégorie "Mythe enfance, général & autre", cela lui permet de se classer brièvement, ô joie, à la première place devant les ebooks de Rick Riordan! 


Par rapport au classement précédent de la trilogie, au-delà de la millionième place, la remontée est spectaculaire: 






A noter ce mail très classe de Book Raid, un site honnête, qui ne vous facture qu'en fonction du nombre de clics sur le lien dans leur newsletter (8 grâce à eux): 



Troisième jour The Fussy Librarian, relance de la newsletter

On descend ensuite à 22 exemplaires  (oui, la chute est rude). 

Quatrième et Cinquième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly

Des deux sites, c'est Books Butterfly qui donnera le plus de ventes. Néanmoins, avec 15 ventes le quatrième jour et 37 le cinquième, ce site ne vaut pas la somme importante que j'ai mise dedans (plus de 160€). C'est sur ce poste que je réduirai mes coûts la prochaine fois. 

Sixième et septième jour, deux bonnes surprises

Le sixième jour, alors que l'ebook est passé à 3,99 € et que je n'ai plus aucune promo sur aucun site, j'obtiens 23 ventes ce qui est une bonne surprise. L'ebook reste parmi les 7000 mieux vendus d'Amazon US.





Enfin le septième jour (le dimanche), bien que ne vendant que 7 exemplaires, j'obtiens 3312 pages lues sur KEMP, c'est à dire des livres lus via le système d'abonnement Kindle Unlimited. Cela correspond à une somme d'une vingtaine d'euros assez modeste, mais toujours bonne à prendre! D'autant que les prêts pendant la période de promo n'ont pas été aussi importants qu'espérés.



Retour sur la mailing list

Un petit retour sur les abonnés anglo-américains à mon Groupe de Lecteurs (mailing list). J'ai obtenu seulement 35% d'ouverture du mail le lundi, ce qui représente 778 personnes laissées sur le carreau.

Le mercredi, le nombre de personnes abonnées à ma newsletter est passé de 1194 à 1136! Et je n'ai obtenu que 36,2% d'ouverture du mail, ce qui représente 727 personnes laissées sur le carreau.

Le vendredi, en utilisant Mailchimp, j'ai ciblé les personnes n'ayant pas ouvert aucun des deux premiers emails, et j'ai obtenu 20,8% d'ouverture, et donc 695 personnes qui ont totalement ignoré cette campagne de promo. 

Et en termes de clics sur la page de vente de l'ebook, me direz-vous? Eh bien, 126 clics le lundi, 83 le mercredi, et tout de même 52 clics le vendredi, pour les lecteurs n'ayant pas ouvert les deux premiers emails. 

Cela fait donc 261 clics en tout pour ma mailing list. On peut évaluer à 20% le chiffre de ventes par rapport à ces clics, c'est à dire que ma mailing list m'a rapporté 52 ebooks vendus. Et croyez-moi, ce n'est pas négligeable, même si le chiffre peut sembler dérisoire par rapport au nombre initial total d'abonnés (1194). 

L'apport de la mailing list est donc très intéressant. Mais il faut voir que le service Mailchimp est pour l'instant gratuit, mais me coûtera, je crois, une vingtaine d'euros par mois au-delà des 2000 abonnés. 

Comme une bonne partie de cette mailing list est en quelque sorte une masse inerte, un poids mort, j'ai tout intérêt à faire du tri. Ma méthode va donc consister à envoyer un email avec comme sujet: "Veuillez répondre à cet email si vous souhaitez rester dans mon groupe de lecteurs". 

Et ensuite? Ecrémage. En tant qu'auteur autoédité, on ne peut pas s'offrir le luxe de payer pour des gens qui ne s'intéressent pas à vous.

L'une des leçons que je tire de cette promo, c'est de ne pas attendre que votre liste ait atteint les 2000 personnes. Il vous faut faire le tri par rapport aux personnes qui vous lisent vraiment, et le plus tôt est le mieux. L'auteur Mark Dawson fait aussi des sondages qui lui permettent de mieux connaître sa mailing list. 

Quant à la pub Facebook qui ciblait ma mailing list, elle m'a coûté 16€. J'ai très rapidement arrêté: j'ai su que je ciblais bien mon Groupe de lecteurs grâce à un "j'adore" mis par une lectrice de ma liste, mais le coût, à ma surprise, était prohibitif en regard du nombre de clics (genre plus de 2€ par clic).

Je n'ai pas essayé les Lookalike audience (audiences similaires), mais j'avoue que ma foi en l'outil Facebook n'est pas au top en ce moment. 

Ventes globales

Si j'ai attendu après le 15 février pour rédiger ce blog, c'est qu'il me fallait obtenir mon relevé de compte en provenance d'Amazon, pour connaître mes revenus d'auteur sur la période de promo. 

J'ai fait en tout 246 ventes de la trilogie, 226 aux Etats-Unis et 20 au Royaume Uni. Objectif atteint, donc.

Dans les tableaux suivants, c'est la colonne "Redevance" qui importe, car elle correspond à ce que je vais réellement toucher, et non celle "Revenu": 


En tenant compte des livres prêtés sur Kindle Unlimited, mes revenus d'auteur s'élèveront à 155€ sur la période de janvier, ce qui ne couvre évidemment pas les 300 € dépensés. 

La surprise désagréable que j'ai eue, ça a été les coûts moyens de livraison de la trilogie, qui fait plus de 1200 pages: à 0,43$ le coût moyen de livraison, si vous multipliez par 226 exemplaires, on est à 97$ (environ 94€) rien que pour le marché américain. 

A cause de ces coûts de livraison, le fait de percevoir 70% pendant la promo KCD sur des ebooks vendus à 0,99$ n'est qu'un mince avantage: chaque ebook vendu m'a rapporté 0,38 cents. 

Bref, sans ces coûts, il serait tout à fait envisageable d'avoir un retour sur investissement. 

En effet, l'effet boule de neige est plus important en ce mois de février pour cette promo KCD qu'elle ne l'avait été sur Kobo. Avec 7 ebooks vendus à plein tarif (9,99$), plus les lectures Kindle Unlimited, nombreuses, j'en suis à environ 100$ de revenus d'auteur estimés rien que pour ce mois de février (qui n'est pas encore achevé, nous sommes le 16 au moment où j'écris ces lignes).  

Donc, 155 + 100 = 255€. On n'est plus très loin d'un retour sur investissement. Je ne suis pas entièrement confiant sur le fait que celui-ci ait lieu, cela dit, les ventes se raréfiant avec le temps. 

Au final, cette promo m'a permis de cibler les sites les plus utiles pour moi. Il faudra que je fasse un sérieux tri dans ma liste d'abonnés, mais je suis relativement confiant sur le fait de rentabiliser ma prochaine promo de ce type.

Je trouve donc les outils promotionnels d'Amazon intéressants, mais je reste persuadé que le site les fait payer beaucoup trop cher aux auteurs, en réclamant l'exclusivité.

vendredi 10 février 2017

Logiciel de correction orthographique en anglais

Juste un petit mot en passant. Pour les personnes qui rechercheraient un logiciel de vérification orthographique/grammaire/syntaxe autre qu'Antidote en anglais, il existe l'Editor de Serenity. Le logiciel semble jouir d'une bonne réputation auprès d'auteurs anglais. Il existe deux versions, une à 55$, l'autre à 75$. Cliquez sur ce lien pour accéder au site de Serenity.

dimanche 15 janvier 2017

Trois ans déjà

Trois ans déjà que j'ai quitté mon CDI au Pôle Emploi pour travailler à temps plein sur l'écriture. Je ne regrette rien, et j'ai de la gratitude envers mes proches, qui ont soutenu ma démarche, et envers mes lecteurs. 

Quand je pense à ma situation d'auteur autoédité, et à cette décision de tout lâcher pour m'efforcer de vivre à temps plein de l'écriture, au fait aussi que je ne m'endette pas suite à ce choix, je repense immanquablement à cette scène du film de Pulp Fiction, à partir de 1 minute 25 dans la vidéo: 


Je me sens comme les personnages joués par John Travolta et Samuel L. Jackson après qu'on leur ait tiré dessus -- incroyablement chanceux. 

J'avais pris cette décision en décembre 2013, pas totalement par moi-même, mais à la suite de la décision du déménagement de l'agence Spectacle parisienne du Pôle Emploi, à l'époque situé dans le XIème arrondissement (rue de Malte), pour aller dans le XVème. 

J'avais eu besoin de ce petit coup de pied aux fesses du destin pour prendre cette décision. Je me souviens de m'être dit qu'en étant au pied du mur, en n'ayant pas d'autre choix, je serai forcé de faire le nécessaire pour survivre. 

Je dois reconnaître aussi qu'à l'époque, j'étais dans une situation extrêmement privilégiée par rapport à de nombreux Français, n'ayant pas de loyer à payer, et ayant remboursé mon prêt immobilier suite à certains héritages (pas le genre d'héritages qui vous rendent riche à millions, mais de ceux qui vous permettent de compléter l'achat d'un pavillon). 

Depuis ce passage à temps plein dans mon activité d'auteur autoédité, j'ai écrit et publié un recueil de nouvelles, Le Vagabond et quatre autres thrillers, j'ai travaillé sur les corrections et la publication de la traduction du Souffle d'Aoles, The Breath of Aoles, et, avec l'aide précieuse de ma correctrice anglaise Dawn Lewis, j'ai assuré la traduction des deuxième et troisième tome, Turquoise Water et The Flames of the Immolated

Bref, j'ai réalisé un rêve. 

J'ai aussi vendu, la plupart du temps en dédicace, 975 livres papier en 2014, 1167 en 2015 et 1387 en 2016. 

Il faut bien vivre. 

Tout cela demande du travail. Ecriture, relecture, mise en page des exemplaires papier, création des ebooks, investissement sur les couvertures, sur les exemplaires auprès des imprimeurs, sur la correction, la traduction (pour le premier tome de ma trilogie), les déplacements, la promotion via les pubs Facebook ou sur des sites spécialisés. Investir toujours, prendre des risques calculés, et apprendre sans cesse, se former au marketing. Et bien sûr, les signatures dans les grands centres commerciaux, entre 10h00 et 19h00 chaque semaine.

Je pourrais estimer que chaque auteur qui travaille moins que moi ne mérite pas de travailler à temps plein sur l'écriture. Je pourrais estimer que le revenu universel inconditionnel est un renoncement par rapport à la valeur travail, qu'il va favoriser les fainéants et les parasites.


Mais ce serait oublier que quelqu'un comme Manuel Valls me considère peut-être bien déjà comme un fainéant et un parasite, du moment que je ne travaille pas 10 heures par jour à creuser des piscines. 

Ce serait oublier à quel point je me sens chanceux d'être dans ma situation. 

Le revenu universel inconditionnel est un vaste sujet, que je ne résoudrai pas en quelques lignes sur ce blog. 

Il faudrait s'arrêter dans un premier temps sur ce que l'on considère comme la "valeur travail", dans un pays où le secteur industriel a quasiment disparu. Le travail me semble beaucoup plus difficile à quantifier et à évaluer dès lors qu'il devient essentiellement intellectuel et non plus physique. 

Le président de Total n'extrait pas lui-même le pétrole avec ses petits bras musclés. Les ingénieurs et techniciens qui ont mis au point les machines d'extraction, les mathématiciens qui ont mis au point les formules et algorithmes permettant la création de robots, les professeurs qui ont enseigné les mathématiques aux grands hommes, ne contribuent-ils pas davantage au PIB que le président de Total?

Combien de métiers qui n'en sont pas dans notre société? Combien de métiers très bien payés à ne rien faire, à la fois dans les grandes entreprises et dans la fonction publique? 

Ce qu'il faut traquer, c'est le gaspillage de ressources, à la fois dans le public comme dans le privé. 

Avec le revenu universel, il faut absolument considérer le verre à moitié plein. C'est pourquoi il faut le mettre en place de manière à "protéger et à émanciper les individus"

Il faut le considérer comme un investissement sur l'avenir, sur chaque Français.

Il faut considérer que la dette de la France est organisée par les grandes entreprises qui ne payent pas leurs impôts comme elles le devraient

Il faut considérer que le chômage en France est organisé par les grandes entreprises, des multinationales dont dépendent le plus souvent les milliers de PME: il faut maintenir une tension sur le travail, il faut que le chômage reste une menace pour "motiver les troupes".

Il faut aussi considérer que l'effort pour que les entreprises s'acquittent de leurs impôts doit être fait au niveau mondial et non national. Puisque l'on a affaire à des multinationales.

Les vrais parasites ne sont pas ceux que l'on croit. 

lundi 9 janvier 2017

Mutualisation de commentaires

En mars 2016, j'évoquais dans un billet intitulé Passerelles le fait que Google Books, via sa plate-forme Google Play, répercute sur ses pages d'ebooks en vente les commentaires publiés sur Babelio. Désormais, sachez que Google Play affiche aussi les commentaires parus sur le site de la Fnac. Dans ce contexte, il est extrêmement curieux que les commentaires du site Kobobooks, partenaire historique de la Fnac, n'apparaissent pas sur le site de la Fnac, et vice-versa. 



Si j'étais Michaël Tamblyn , PDG de Kobo, je serais extrêmement mécontent. Comme s'il ne suffisait pas que Kobo, et son site kobobooks.com, ait perdu son rattachement au site Goodreads et les millions de commentaires qui allaient avec, à présent, on se retrouve avec le géant Google qui récupère les commentaires que postent les clients de la Fnac sur son propre site de vente d'ebooks. 

Et ce, alors même que Kobo et la Fnac sont censés avoir un partenariat privilégié depuis l'arrivée de Kobo en France! Il y a là au minimum de quoi brouiller les cartes dans le jeu des alliances, et si l'on voit un peu plus loin, une opportunité manquée pour Kobobooks d'agréger des commentaires plus nombreux. 

La mutualisation des commentaires Fnac et Kobobooks me semble donc aller de soi, même si cela ne figurait pas dans le partenariat initial -- rien n'interdit de l'amender pour l'améliorer. 

L'Internet 2.0 progresse, et, je pense, va offrir des opportunités plus importantes pour les entreprises se montrant suffisamment agiles.

Dans l'article intitulé Passerelles, j'écrivais: "Kobo, (...), gagnerait sans doute à démarrer de nouveaux partenariats, cette fois avec des blogueurs."

Les conseils que je vais développer ici ne sont pas valables seulement pour Kobo, mais aussi pour les autres plates-formes comme Amazon ou Apple.

Une plate-forme ayant mis en place des contacts avec les auteurs indés et éditeurs est idéalement positionnée stratégiquement pour augmenter le flux des commentaires. 

En effet, la personne en lien avec les auteurs et éditeurs sur une plate-forme comme Kobo est en situation de leur proposer des partenariats livres ou ebooks gratuits en échange d'un commentaire honnête sur un blog, jouant ainsi le rôle de tierce personne si précieuse dans la relation auteurs-blogueurs.

Ce rôle de plate-forme organisatrice de relations entre blogueurs et auteurs, un site comme Livraddict l'a déjà brillamment mis en place, en proposant à des blogueurs des "pools" (groupement) de livres ou ebooks en partenariat, ce qui permet à ces blogueurs (souvent des blogueuses), de choisir les lectures les plus attrayantes, selon leur goût. 

C'est selon moi la formule la plus efficace, celle qui donne un véritable choix aux blogueurs, qui peuvent ainsi "venir faire leur marché" en toute quiétude.

Si un site de vente entrait dans ce cercle, à quel endroit les blogueurs viendraient-ils faire leur marché? Eh bien je verrais bien une section spéciale du blog Kobo, ou d'un blog Amazon par exemple. 

Je verrais bien les ingénieurs de la plate-forme de vente développer un code HTML que les blogueurs intégreraient dans leur article, code qui permettrait au commentaire de se retrouver directement sur la page du livre chroniqué sur le site de vente, en plus de figurer sur le blog.

En échange, les blogueurs qui intégreraient le code HTML auraient un lien direct vers leur blog dans la signature de leur commentaire sur le site de vente. 

Il faudrait bien sûr que la personne en lien avec les éditeurs ou auteurs vérifie que chaque blogueur réclamant un livre dispose bien d'un véritable blog de chroniques. 

Les points de tension à prévoir pour la personne chargée de la relation avec les éditeurs ou auteurs seraient bien évidemment les délais avant chaque chronique, ou le degré de satisfaction de l'auteur une fois la chronique/le commentaire posté.

Chaque acteur, auteur ou blogueur, aurait intérêt à se montrer le plus respectueux possible envers l'autre afin que l'expérience se pérennise, mais la présence du site de revente comme filtre entre les deux devrait permettre de modérer naturellement les choses.
Bon, je suis peut-être trop optimiste. Il y a peut-être, pour un site de vente, un conflit d'intérêt dans le fait de mettre en place de manière trop active un système de commentaires.

Ce conflit d'intérêt pourrait cependant être désamorcé au moins en partie par la fameuse phrase du blogueur/commentateur: "j'ai reçu ce livre gratuitement en échange d'un commentaire honnête." Ce serait en tout cas dans l'intérêt commun de tenter le coup, ne serait-ce que sur une période d'essai de six mois.
   

dimanche 1 janvier 2017

Le match Arianespace contre Space X

La société américaine Space X a célébré le 21 décembre dernier sur Tweeter le premier anniversaire de l'atterrissage sur Terre d'une fusée ayant lancé un satellite en orbite. Cette fusée, c'est la fusée Falcon 9. J'expliquais dans un billet en novembre dernier à quel point le silence médiatique en France à propos de cet événement incroyable me semblait scandaleux. En lisant un article à propos de la réutilisation du premier étage du Falcon 9, il m'a semblé entrevoir une certaine crainte du futur de la part du PDG d'Arianespace, Stéphane Israël

L'article en question, en anglais, est paru sur le site Space News en avril dernier. Cliquez ici pour y accéder. 

Bon, je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas un spécialiste des questions spatiales. Vous avez ici le point de vue d'un profane. 

Mais un profane qui s'informe, et qui essaie de démêler le vrai du faux. 

Je ne prétendrai pas non plus être un observateur neutre: bien que je salue les succès d'Arianespace, et que je suive avec grand intérêt les péripéties de Thomas Pesquet, l'astronaute français envoyé sur la Station Spatiale Internationale, je trouve clairement qu'Arianespace manque d'ambition pour l'humanité. 

La société Space X, à l'inverse, me semble avoir une démarche extrêmement volontariste dans la conquête et la colonisation spatiale. 

Et n'allez pas me dire qu'il faut d'abord régler la faim dans le monde et explorer à fond les océans avant de gaspiller de l'argent dans l'exploration spatiale. Un petit coup d’œil à l'Histoire vous prouvera que ce n'est pas ainsi que les choses se font.

La découverte de Cuba par Christophe Colomb, puis du Vénézuela par Amerigo Vespucci a clairement donné aux hommes une nouvelle perspective sur le monde, mais aussi sur eux-mêmes. 

Alors oui, au vu du comportement barbare des conquistadores, des génocides et du pillage des ressources, au vu de tout ce qu'il se passe de nos jours, il est tout à fait légitime de se demander si l'homme mérite de découvrir de nouveaux mondes. 

C'est d'ailleurs une question que je me pose à la fin de ma nouvelle Marinopolis. 

Je respecte le point de vue de ceux qui estiment que l'homme ne sera jamais prêt à découvrir d'autres planètes, et qu'il doit donc rester sur Terre. 

Mais c'est un point de vue qui me paraît fondamentalement pessimiste. On a le droit d'être pessimiste, mais l'inverse est également vrai. Je ne partage donc pas ce point de vue. Ce n'est tout simplement pas ma vision de la vie.

Sauf erreur de ma part, la clé de voûte de toute la stratégie spatiale d'Elon Musk et de Space X vient de la réutilisation des fusées envoyées dans l'espace.

Pour citer Elon Musk, le PDG (entre autres) de Space X, sur son site: Si l'on pouvait comprendre comment réutiliser des fusées comme on peut le faire avec les avions, le coût de l'accès à l'espace se trouverait réduit d'un facteur d'une centaine. Un véhicule pleinement réutilisable n'a jamais été réalisé auparavant. Ceci est la percée fondamentale nécessaire pour révolutionner l'accès à l'espace.

Dans mon article sur Space X, j'écrivais: Alors certes, tout n'est pas encore réglé. Space X doit encore prouver que les fusées qui se sont posées sont réutilisables après maintenance.

Et c'est en effet le point critique. Space X se montre extrêmement discret sur la réutilisation du premier étage de la fusée ayant atterri. La remise en état de cet étage pour un coût abordable, et surtout la fiabilité de cet étage après remise en état, est en effet un défi qui promet d'être énorme pour Space X.

Dans l'article sur la réutilisation de la fusée Falcon 9  de Space X, on trouve un extrait des propos de l'ex-adjoint de la NASA Dan Dumbacher. Il évoque le cas des SSME, les moteurs de la coûteuse navette spatiale américaine, qui se posait sur Terre une fois ses missions accomplies. Nous avons essayé de rendre ces moteurs réutilisables pour 55 vols, dit Dumbacher. Regardez combien de temps et combien d'argent nous avons investi pour y parvenir, et nous n'avions toujours pas réussi à le faire pour l'intégralité des composants des moteurs. Je veux être réaliste: Nous ne sommes pas aussi malins que nous pensons l'être, et nous ne comprenons pas l'environnement autant que nous pensons le connaître.

Un avis d'un expert, et qui a de quoi refroidir les enthousiasmes, n'est-ce pas...

Selon la société Jefferies International, si le premier étage du Falcon 9 devenait vraiment réutilisable, le prix du lancement de chaque fusée coûterait entre 20% et 40% de moins, en fonction de la redistribution à la clientèle de Space X des économies effectuées (dans le premier cas, on est sur 50% de redistribution des économies, dans le second cas 100%).

L'enjeu est donc de taille. 

L'enjeu est plus important encore si l'on considère les propos du PDG d'Arianespace, le Français Stéphane Israël, auxquels l'article fait écho. Selon lui, la société Arianespace ne sera jamais capable de réutiliser des étages des fusées Ariane, car, étant donné le prix de la remise en état des étages, il faudrait, pour en tirer un bénéfice, qu'une fusée partiellement réutilisable soit lancée 35 à 40 fois dans l'année.

Pour qu'une fusée partiellement réutilisable devienne viable, il faut donc de nombreux lancements dans l'année.

Selon l'article, Ariane 6, qui succédera à Ariane 5, devrait être lancée 12 fois par an à partir de 2023.  Insuffisant.

Par curiosité, je suis allé sur le site Spaceflightnow, où l'on voit tous les lancements prévus cette année. 

Pour les fusées Ariane, je n'ai vu que deux lancements en 2017. 

Pour les fusées Falcon 9, j'ai vu douze lancements en 2017, plus deux lancements pour le Falcon Heavy, le successeur du Falcon 9.

Maintenant si l'on prend les lancements par la société Arianespace, à Kourou en Guyane, des fusées Vega et Soyouz, et qu'on les ajoute à ceux d'Ariane, on arrive à 10 lancements dans l'année. On est toujours loin du compte.

J'ai fait quelques recherches sur le net, et je ne suis pas parvenu à trouver d'agenda de lancements de la fusée Ariane, que ce soit sur le site de l'ESA, European Space Agency, l'Agence spatiale Européenne, ou sur des sites dédiés à Ariane. 

Sur le site dédié aux missions de Space X, j'ai vu 42 lancements prévus de Falcon 9 et de Falcon Heavy cumulés, en comptant les missions de réapprovisionnement de la station spatiale internationale. Seulement, aucune date n'est indiquée. 

Je pense que le flou sur les dates de lancement est intentionnel de la part d'Arianespace comme de Space X. L'ambition de la société Space X, cela dit, me semble évidemment transparaître dans son programme de lancement, même s'il n'y a pas de dates. 

Il faut savoir que les dates de lancement sont souvent reportées en raison de difficultés techniques ou météo. 

On voit tout de même que le marché intérieur des lancements aux Etats-Unis est beaucoup plus important qu'en Europe. C'est ce qui fait penser à des personnes comme Stéphane Israël que le coût de réutilisation des fusées n'est pas un objectif atteignable pour une société européenne. 

C'est aussi ce qui me fait détecter une certaine crainte dans les propos du même Stéphane Israël: Space X ne peut manquer de vouloir mener une politique très agressive de lancement de satellites pour rentabiliser son programme de réutilisation, politique qui va aller au détriment d'Arianespace. 

Je signale tout de même au passage qu'une grande incertitude existe par rapport à la politique spatiale de Trump et de son gouvernement. La Nasa reste un client incontournable d'Elon Musk, et je pense que cette incertitude pèse sur l'avenir de Space X. 

Alors, que tirer de toutes ces informations? 

Désolé de devoir le dire ainsi, mais les propos de Stéphane Israël comme la politique d'Arianespace semblent défaitistes au profane que je suis. 

Pourquoi? Parce que ce n'est qu'en réussissant dans un premier temps à faire se poser une fusée au sol après mise en orbite que l'on va être en mesure de déterminer le coût de sa remise en état. 

La société Space X dispose de vraies données en ce sens. Les évaluations de Stéphane Israël par rapport au coût de la remise en état d'un étage, en l'absence de données, me semblent relever du pifomètre. 

Ce n'est qu'en réussissant dans un premier temps à faire se poser une fusée au sol après mise en orbite que l'on va pouvoir déterminer, au moment de la construction de l'étage en question, quels secteurs renforcer, quelles contraintes s'appliquent, comment protéger au mieux les différents composants, comment les fabriquer. 

Certes, selon Dan Dumbacher, de la NASA, c'est super difficile et coûteux de protéger ces composants. Mais on ne peut y parvenir que si on essaye. Il n'y a pas d'autre choix si l'on veut baisser le coût du voyage spatial, et il n'y a pas d'autre choix que de baisser le coût de voyage spatial si l'on veut faire de l'exploration, et en particulier de l'exploration humaine. 

Tout cela passe par beaucoup d'investissement dans la recherche et le développement, des domaines qui sont, il me semble, beaucoup plus le point fort de Space X que d'Arianespace. 

Derrière chaque entreprise, il y a un esprit, une philosophie. Je suis désolé, mais l'esprit d'Arianespace me semble très éloigné de l'esprit des pionniers.

L'état d'esprit que je perçois chez Arianespace est attentiste: on attend que Space X prenne les risques, en croisant très fort les doigts pour qu'ils mettent leurs résultats en open source, afin de pouvoir devenir compétitif le moment venu.

C'est l'esprit pionnier, l'esprit de conquête, à mon avis, qui manque à la société européenne, bien davantage que les moyens financiers.