vendredi 18 août 2017

Interdépendance

On assiste en ce moment à un énième épisode d'hystérie médiatique à la suite des attentats à Barcelone et à Cambrils (Catalogne). Rien de tel que les médias, en particulier audiovisuels, pour transformer ce qui est une piqûre de moustique, à l'échelle de la société, en une charge de rhinocéros. En réalité, le véritable rhinocéros dans la pièce, ce n'est pas le terroriste, mais bien cette charge émotionnelle, relayée et amplifiée à outrance par les médias. Mais les journalistes sont-ils les seuls coupables? Sans demande, il n'y a pas d'offre. J'ai envie de me pencher aujourd'hui sur les questions d'interdépendance dans notre société. 

En écoutant cet été l'ancien journaliste Claude Sérillon évoquer devant Laurent Ruquier, de France 2, la violence professionnelle de France Télévision, et n'être contredit par aucune des personnes présentes sur le plateau d'On n'est pas couché, je me suis dit que les plus grands adeptes du média bashing ("taper sur les médias") étaient soit d'anciens journalistes, soit des journalistes en fonction. 

C'est le même type de réflexion que je me fait lorsque je tombe sur Internet sur un commentaire de livre particulièrement virulent, commentaire en provenance d'un auteur. Les plus grands adeptes de l'auteur-bashing sont des auteurs.

Claude Sérillon disait notamment que le journalisme qu'il avait tenté de favoriser à son époque, à l'instar de Bernard Rapp, était davantage un journalisme de grands reporters plutôt que de faits divers. 

Imaginez maintenant, si Claude Sérillon est déjà aussi critique envers la presse en étant interviewé à la télé, à quel point il doit l'être encore plus dans le privé. Cela laisse songeur.

On me pardonnera donc d'avoir une petite dent contre les médias, puisque j'ai moi-même été journaliste pendant 8 ans. Quand on a été formé sur un métier, on se fait toujours une idée de ce que devrait être ce métier.

Pour revenir sur la situation actuelle, quels sont ces attentats auxquels on assiste, si ce n'est des faits divers un peu particuliers, car mis en œuvre de manière à pouvoir être facilement montés en épingle. 

La recette est connue:

- s'en prendre à l'autorité sous toutes ses formes: militaire, gouvernementale, religieuse
- choisir un haut lieu touristique
- frapper au moment où l'on ne s'y attend pas, en étant prêt à se sacrifier, en faisant le plus de victimes possible, et de la manière la plus spectaculaire

Ces attentats doivent provoquer des réactions émotionnelles fortes. Le fait que j'écrive cet article, et donc que je me distancie de la révolte que m'inspire ces attentats, ne doit pas faire croire que cette révolte est absente chez moi, ni que je suis insensibilisé par rapport à la réalité. 

Si je prends mes distances, ou, pour forcer le trait, si je fais l'autruche, c'est consciemment. J'ai bien sûr une pensée pour les victimes. Le risque serait en effet de tomber dans l'excès inverse, et de se transformer en robots.

J'ai déjà évoqué, dans l'article Terrorisme médiatique, l'interdépendance entre les médias et les terroristes. En tant qu'auteur, je suis bien placé pour savoir que l'une des clés d'une histoire réussie est d'avoir un méchant réussi. Or, pour les journalistes, qui, tout comme les politiques, se servent du storytelling (raconter une histoire) afin d'améliorer l'audience, et donc les revenus publicitaires, quels plus parfaits anti-héros que les terroristes? 

Ces mêmes terroristes qui, en tant que stars de cette télé-réalité d'un nouveau genre, se nourrissent aussi, même de manière anticipée, ou de manière collective pour leur clan, de cette sur-médiatisation.

Etant donné les effets pervers que cela occasionne, je ne saurai trop conseiller au grand public de se lancer dans la lecture d'un bon bouquin, plutôt que de rechercher cette actualité morbide, aussi fascinante en apparence soit-elle. La réalité devient invasive et dangereuse quand on essaie d'en faire une histoire dans les actualités. En particulier quand c'est une réalité violente, choquante.

C'est cette interdépendance entre les médias et le public qui me tient aujourd'hui à cœur. Il faudrait demander à un psy ce qui se passe dans la tête des gens quand ils regardent des infos dramatiques, mais je ne crois pas me tromper en disant que, par empathie, le public ressent une bonne part de la détresse et du chagrin des victimes.

Cette "messe médiatique" du 20 heures se transforme donc souvent en une séance de flagellation.

C'est bien sûr à dessein que j'emploie des termes religieux. Je pense que si la notion de Péché Originel a aussi bien marché dans la religion chrétienne, c'est que nous avions un terreau propice dans nos cœurs de femmes et d'hommes (pourquoi mettre toujours les hommes en premier?).  

Recherche de spiritualité, recherche d'autorité d'un côté, et de l'autre, processus de culpabilisation, puis ensuite de soumission, et enfin de manipulation, je pense que c'est à peu près dans cet ordre que les choses doivent se faire. 

Non pas que toutes les religions soient négatives, tel n'est absolument pas mon propos. Mais la religion mal comprise a pu être un outil de domination.

Le fait, pour l'être humain, de culpabiliser, est à la fois une supériorité et une faille. Une supériorité, car cela nous permet de nous remettre en cause, et corriger des erreurs. Une faille, parce qu'en faisant porter le poids d'une culpabilité trop lourde, cela permet de dominer et de diriger. 

Méfiez-vous de toute doctrine ou système de pensée qui vous fasse culpabiliser en tant qu'être humain, car c'est un point de vulnérabilité susceptible d'être exploité. 

Est-ce pour autant que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes? Non, le verre à moitié vide existe. Le huitième continent formé par les déchets, le réchauffement climatique, le péril écologique, les tortures humaines, les tortures animales, tous les maux de ce monde. Les causes à défendre sont innombrables.

De la même manière que pour moi, l'homme doit mener de front lutte contre la faim dans le monde et conquête spatiale, il doit aussi lutter de front contre les tortures faites aux hommes et aux animaux. 

Pourquoi? Parce que des sujets aussi différents peuvent se retrouver liés, interconnectés. Pour moi, le mot de cette année 2017 est "interdépendance".

jeudi 10 août 2017

Dix mille

Quand on est auteur, toutes les occasions sont bonnes pour boire un coup! Blague à part, je suis heureux d'annoncer aujourd'hui avoir dépassé les 10 000 livres et ebooks vendus en autoédition en ce mois d'août, et ce depuis l'année 2010 (l'année de sortie du Souffle d'Aoles, roman de fantasy). Je tiens à remercier mes proches, qui m'ont soutenu tout du long, mes lecteurs, pour leur fidélité, et bien sûr mes partenaires, libraires et plate-formes de vente. Le chemin aura été escarpé, avec des hauts et des bas, mais comme tout chemin de montagne, c'est ce qui en fait la beauté.

On a beau vouloir être indépendant, et s'autoéditer, il faut bien reconnaître que c'est du travail d'équipe. 

Sans le soutien de mes proches, et en particulier de mon épouse, je n'en serais pas là aujourd'hui. 

Sans les partenaires avec lesquelles je travaille, centres culturels et centres commerciaux en Ile de France, plates-forme de vente, je ne serais pas arrivé à toucher un aussi large public. 

Sans ma correctrice professionnelle de langue anglaise, je ne serais pas parvenu à exporter mes ebooks au Royaume Uni et aux Etats-Unis dans la langue de Shakespeare.

Sur ces 10 000 livres et ebooks vendu, près de 6800, une large majorité, donc, sont des livres papier. 

C'est une fierté, parce que les promos d'ebooks à 0,99€ peuvent parfois gonfler les ventes sans que cela reflète une réelle adhésion du public au contenu. 

Ainsi par exemple, les quelques 250 ventes en une semaine de ma promo anglo-saxonne la plus réussie, ont été obtenues en vendant la trilogie complète en anglais, de plus de 1400 pages, à 0,99$. Eh oui...

Ça ne signifie pas qu'il soit facile de générer ce genre d'intérêt, spécialement dans le monde anglo-saxon, où la concurrence est plus rude encore qu'en France. Mais il s'agit d'une marque d'intérêt plus que de réel engagement. 

Les commentaires sont mieux à même de mesurer l'engagement, et je suis heureux de ceux que j'ai reçu jusqu'à présent. De même, recevoir un email d'un lecteur enthousiaste est toujours un moment fort pour moi.  Ça et les ventes, c'est ce qu'il y a de plus tangible pour un auteur.

Est-ce que, malgré tout, on peut parfois être tenté de jeter l'éponge? Je dirais que le parcours d'artiste, pour mes semblables, ceux, du moins, qui ne transforment pas tout ce qu'ils touchent en or, c'est un peu comme dans Rocky, il faut savoir encaisser. 

Ces dix mille livres et ebooks vendus, c'est avant tout de la persévérance et de la patience.

Et le chapitre suivant de ma vie d'auteur sera bien sûr un nouveau livre. :)

mardi 8 août 2017

Elon Musk stripping Tesla Model 3 of a Speedometer: why it is a Very Bad Idea

I love the way Elon Musk is redefining technology and shaping the future with his different companies, so I was eagerly waiting for the presentation of Tesla Model 3. But I also know how to recognize a Very Bad Idea when I see one. Moving the speedometer and the other gauges traditionally located behind the steering wheel to a 15-inch touchscreen display located in the center of the dash comes as a huge disappointment for me. There are a number of reasons for that. 



Safety: when you are driving as fast a car as a Tesla Model 3 -- one of the marketing arguments is that a Model 3 can reach 0 to 60 miles per hour in 5.6 seconds -- you must keep an eye on your speed very often if you do not want being flashed by a radar and break the law. I don't want to have to search the information on a 15-inches screen. It is distracting and dangerous.

Elon Musk said that "You won't care" because the more autonomous a vehicle is, the less it needs such a display.

I have two problems with that statement. The first is obvious: the technology is not ready yet, especially so in Europe. Besides, you have to pay more for the automated software: it is not installed by default on the Model 3.

The other objection is a more philosophical one. The speedometer is an instrument of control. Do you want to control your vehicle, or be controlled by it?

In my opinion, an autonomous vehicle is only progress if we are able to take the control back at any moment.

As a customer, because of this absence of a speedometer, I have the impression that Musk wants to coerce me into using the autonomous feature. Which is, of course, a very bad thing.

Why? Because I can't help wondering why he wants me to surrender control. Has Tesla made a secret deal with Mac Donald, so that my vehicle will automatically park near a Mac Donald restaurant? Or with another company? As you can see, it raises many unwanted questions.

Second-rate car: maybe the absence of a speedometer would seem more natural if that were the case in all Tesla cars. But it is not the case on Tesla Model S. And neither on Tesla Model X. The comparison is bound to happen: why on a Tesla Model S, and not on a Tesla Model 3?

The inevitable answer: budget. Money. I don't want a car I own to shout that I have less money than the owner of a Model S. I find it incredibly awkward on Elon Musk's part, not to have thought about that.

As much as I want electric vehicles to succeed, and the Tesla model 3 to thrive, I am sorry to say that I most probably will not buy it.

dimanche 28 mai 2017

Pubs Facebook: attention aux "j'aime" frauduleux !

Facebook est malade de ses faux profils, supprimés chaque année par centaines de milliers par l'équipe de Mark Zuckerberg. Le dévoiement, ou détournement des profils n'est d'ailleurs pas propre à Facebook: c'est juste qu'il semble monter en puissance avec la popularité d'un réseau social. Les détournements et arnaques sont de nature diverses, et peuvent provenir aussi bien d'individus malintentionnés, de bots (robots) que de "clicks farms", les fameuses "fermes à clic". Le problème pour les auteurs est que ces détournements touchent le nerf de la guerre, les publicités Facebook, qui risquent de devenir de moins en moins pertinentes. 

Ce dimanche 28 mai est la Fête des Mères. A cette occasion, et depuis mardi dernier, j'ai baissé le prix de chacun de mes ebooks, Le Souffle d'Aoles, Eau Turquoise et Les Flammes de l'Immolé, à 0,99€ chacun. 

Pour en avertir les utilisateurs de Facebook, j'ai choisi de propulser un article élogieux portant sur Les Flammes de l'Immolé, celui du blog Des livres, des fils et un peu de farine...

Il m'en a coûté 45€ pour booster cet article, somme que j'ai définie moi-même, avec la possibilité d'interrompre cette publicité Facebook, et donc le versement d'argent, à tout moment.

Voici le lien vers la publicité en question

Très rapidement j'ai obtenu des "j'aime", mais tout aussi rapidement, je me suis interrogé sur la provenance d'une bonne part de ces appréciations. 

Si je vendais sur une base régulière mes ebooks en Afghanistan, aux Comorres ou en Turquie, je n'aurais pas été surpris d'avoir des utilisateurs de Facebook en provenance de ces pays cliquant sur "j'aime". 

Malheureusement, ce n'est pas le cas. 

Je vous invite à cliquer sur le lien des "j'aime" de cette publicité, et à examiner les profils en question. 

De la même manière, si vous êtes auteur et faites de la pub en utilisant Facebook, je vous recommande fortement de cliquer sur les appréciations de chacune de vos pubs pour en vérifier la fiabilité. 

Sur les 69 "j'aime" de ma pub, je dirais qu'au moins 45 sont de provenance douteuse ou très douteuse. Une très grande majorité hélas!

Ce n'est pas le cas de toutes les pubs ou articles sponsorisés que l'on trouve sur Facebook, cela dit. Certains ne souffrent pas de ce problème, c'est pourquoi je recommande d'agir au cas par cas plutôt que de manière systématique.

L'auteur autoédité Mark Dawson, que j'ai interrogé à ce sujet, et qui possède une mailing list de plus de 65 000 personnes, m'a confirmé qu'il tirait toujours la plupart de ses revenus de pubs Facebook, qu'il s'agisse d'accroître sa newsletter ou de faire des ventes directes.


Pour plus de transparence, voici quel était le "ciblage" de ma pub Facebook: 

- Pays: France et Wallonie
- Audience: hommes et femmes entre 16 et 44 ans
- Centres d'intérêts : Heroic Fantasy, les auteurs Robert Jordan, Frank Herbert, David Gemmell, Terry Goodkind, Robin Hobb, Fiona McIntosh, Brandon Sanderson, Ursula K. Le Guin, Jack Vance, Morgan Rice, Rick Riordan, plus le roman Les Enfants de la Terre et le personnage de Percy Jackson

Cette audience représentait plus de 1,5 millions de personnes. La publicité a démarré le mardi. En supprimant Heroic Fantasy et Percy Jackson après une journée, dès le mercredi, j'ai réduit l'audience à 30 000 personnes. J'espérais ainsi éviter les clicks farms.

Malgré cela, l'hémorragie des fausses appréciations, vraisemblablement en provenance de "fermes à clics" s'est poursuivie durant toute la durée de la pub, que j'ai interrompue le vendredi soir. 
 
L'explication de ce problème se trouve sans doute dans cette vidéo de langue anglaise de 2014 intitulée Facebook Fraud


Pour résumer, les employés des fameuses Clicks Farms, afin de légitimer leurs appréciations, de faire en sorte qu'elles soient validées par Facebook, vont cliquer sur les "j'aime" ou "j'adore" des publicités de manière aléatoire, et parviennent à localiser leurs profils dans les pays ciblés par ces publicités. 

En gros, ce n'est pas parce que vous ne ciblez pas l'Afghanistan, que vous n'aurez pas un Afghan dont il est écrit sur le profil qu'il vit à Paris qui va vous aimer votre pub. 

Comme le précise la vidéo ci-dessus, ces appréciations sont en fait très néfastes par rapport à votre pub, parce que nuisant à l'effet boule de neige, Facebook ayant mis en place des contre-mesures pour réduire la popularité en cas de doute sur la provenance des clics.

En plus, n'importe qui cliquant sur les appréciations se demandera si vous n'avez pas vous-même fait appel à une "ferme à clics". 

Inutile de dire que j'ai eu très peu de ventes à la suite de cette pub: moins d'une dizaine. 

Il fut un temps où je parlais d'une promo réussie en raison de deux facteurs, l'aide de la plate-forme de vente et les pubs Facebook.

Les choses ont bien changé.

Il s'avère qu'il va devenir de plus en plus difficile de s'appuyer sur les pubs Facebook pour faire connaître ses romans.    

vendredi 19 mai 2017

De nouveaux blogs et services pour les auteurs

Le blog L'évasion littéraire recense près de 200 blogs de chroniqueuses ou chroniqueurs qui lisent des auteurs autoédités. C'est une immense satisfaction pour moi! A noter aussi: Le site Simplement Pro, très efficace apparemment, pour proposer vos livres ou ebooks à des blogueurs sans les contacter directement, via un service de presse qui accepte tous les auteurs. 

Le blog L'évasion littéraire, de Mélanie. 

Le site Simplement Pro.

J'ai bien sûr réactualisé mon article La liste des sites et blogs ouverts à tous les livres et/ou ebooks

Je n'ai pas réactualisé les deux sous-listes de l'article différenciant les blogs ne prenant que des livres de ceux acceptant aussi les ebooks: ça m'aurait demandé trop de travail. Je me suis contenté de mettre l'adresse vers le blog de Mélanie en bas d'article.

Le changement dans la blogosphère me semble aller dans le sens des auteurs autoédités, et c'est une très bonne chose. 

Même si les ventes ne suivent pas toujours, même s'il est indispensable que l'article soit impartial, vous pouvez imaginer le bien que peut faire un article comme celui-ci d'une chroniqueuse sur le moral d'un auteur.

lundi 15 mai 2017

Mes livres imprimés par Orséry

Vous vous souvenez de l'Espresso Book Machine, l'imprimante capable de fabriquer et sortir un exemplaire d'un livre en librairie, devant vous, en cinq à dix minutes? Eh bien, quatre des cinq livres des Editions Emmanuel Guillot sont maintenant disponibles chez le concurrent de l'Espresso Book Machine, Orséry. On peut les faire fabriquer au Cultura la Villette ou chez le libraire Une page de vie à Viroflay (78).

L'impression à la demande en librairie connaîtrait-elle le début d'un frémissement? J'ai en tout cas souhaité être à la pointe de la technologie, en permettant à mes lecteurs de faire fabriquer en une petite dizaine de minutes maximum par livre les quatre cinquièmes de mon catalogue dans ces deux points de vente, le Cultura la Villette et la librairie Une page de vie à Viroflay (78)

Il s'agit des titres: 
- Le Souffle d'Aoles (Ardalia, premier tome)
- Eau Turquoise (Ardalia, deuxième tome)
- Les Explorateurs
- Le Vagabond

Seul manque à l'appel le troisième tome de la trilogie Ardalia, Les Flammes de l'Immolé, en raison d'une contrainte technique: la machine ne peut imprimer des livres au-delà des 400 pages, et ce tome en fait plus de 500. 

J'ai eu entre les mains un exemplaire de test du Vagabond. Malheureusement, les pages sont très blanches à mon goût, je n'ai pas eu la possibilité d'obtenir des pages couleur crème comme c'est le cas d'habitude. La couverture est un peu plus souple que de coutume, mais solide. 

J'ai donc signé un contrat avec Orséry, et je me réjouis de ce partenariat. Il ne s'agit pas tant, pour moi, d'espérer gagner beaucoup d'argent que de dépanner certains lecteurs. 

En effet, je gagnerai entre 2 et 4 € par livre imprimé par ce biais, avec relevé de ventes et paiement une fois par an seulement, après l'établissement par l'éditeur/auteur d'une facture. Ça, c'est le côté un peu frustrant.

La rémunération de l'éditeur, ou dans mon cas, de l'auteur autoédité, est de 40% de la marge globale du livre, le reste étant réparti entre Orséry et le libraire. 

Le coût hors taxe de fabrication pour un livre est de 4,20 € plus 0,013€ par page noir et blanc, 0,036€ par page couleur, et 0,330€ pour la couverture. 

Pour un recueil de 224 pages comme Le Vagabond, le coût de fabrication serait de 3,24 + 4,20 = 7,44 € HT, soit 7,85 € TTC. Le recueil coûtant 14€ à l'achat, la marge globale du livre est de 6,56€. 

Je toucherai donc 40% de ces 6,56 €, soit 2,62 € par exemplaire du Vagabond vendu.

La marge dépend donc du prix global de chaque livre et du nombre de pages.

On le voit, la vente de livres par ce biais ne rapporte pas beaucoup plus qu'un ebook, mais de nombreuses personnes étant encore attachées au livre papier, cela permet de rendre ce service directement en librairie. 

S'il s'avère que j'écoule plus de 10 exemplaires d'Eau Turquoise, le tome 2 d'Ardalia, par an par ce biais (c'est à dire fabriqués par Orséry), alors je réaliserai la maquette d'un tome 3 et d'un tome 4 qui ne seront imprimés que par Orséry, et qui feront environ 250 pages chacun. Ces deux tomes correspondront au tome 3 actuel.

La réalisation de maquettes de livres prenant du temps, je préfère pour l'instant me consacrer à mon prochain roman, qui devrait sortir d'ici la fin de l'année. 

J'espère en tout cas qu'Orséry pourra s'étendre dans tout le réseau Cultura, pourquoi pas dans les Espaces culturel Leclerc, et dans de nombreuses librairies!

lundi 8 mai 2017

Les cadres encadrent

Vous n'encadrez pas les cadres? Vous en avez assez d'être recadré? Pas de chance, l'influence des cadres dans notre société est peut-être plus importante que vous ne le croyez...

Cadre dans le privé, on connaît: une activité mieux rémunérée que les simples employés, mais aussi souvent plus exposée, avec un risque de burnout, ou effondrement professionnel en bon français, plus prononcé. 

Mais j'ai été surpris, en me rendant sur le site officiel de l'Assemblée Nationale, d'apprendre que, sur les 577 députés qui siègent à l'Assemblée Nationale, 390 sont des cadres, anciens cadres ou chefs d'entreprise. 

La répartition est la suivante: 

- 61 anciens cadres et professions intermédiaires
- 126 cadres d'entreprise
- 176 cadres de la fonction publique, professions intellectuelles et artistiques
- 27 chefs d'entreprise de dix salariés ou plus

Par comparaison, on va trouver un seul artisan (bravo à l'heureuse élue, Fanny Dombre Costes!), un ouvrier agricole, Jean Lassalle, 15 agriculteurs exploitants, un employé de la fonction publique, 6 commerçants... La liste complète est ici.

On peut dès lors se demander, il me semble, si le peuple français est bien représenté. Par exemple, si je suis auteur, lequel de ces députés va pouvoir me concocter un statut d'auteur indépendant digne de ce nom, et aura-t-il seulement le poids politique pour faire voter ce nouveau statut?

Pourquoi autant de cadres, me direz-vous? On peut au moins trouver un point commun entre les cadres du privé et ceux de l'Assemblée Nationale: une bonne rémunération. Député, c'est plus de 6700 €/mois + 6100 de remboursement de frais + 8500 pour embaucher un ou plusieurs collaborateurs.


N'importe qui peut devenir député à condition d'être Français âgé d'au moins 18 ans, de jouir de ses droits civils et politiques et de n’être dans aucun cas d’incapacité prévu par la loi. Il ne faut pas non plus être dans un cas d'inéligibilité prévu par le code électoral.

Et bien sûr, à condition d'arriver à se faire élire! 

C'est sans doute là que le bât blesse: pour se faire élire, il faut pouvoir financer une campagne à cet effet, mais aussi, je pense, être soutenu par l'un des partis en place. 

On peut penser que les cadres, qui ont vocation à exercer des responsabilités, sont naturellement attirés vers ces postes de pouvoir. Ils ont aussi un réseau souvent plus développé qu'un simple employé. 

Je reviens sur le problème de la représentativité: il y a plus de trois millions de chômeurs en France, et de nombreux chômeurs longue durée, ne devrait-on pas avoir au moins une personne pour les représenter? Voire peut-être davantage?

Est-ce qu'en faisant en sorte qu'on ne puisse devenir député que sur la base du volontariat, on ne favorise pas la domination des cadres?

Autre problème: les députés sont élus pour 5 ans, mais peuvent être réélus et faire carrière. Est-ce une bonne chose pour la société d'envisager le poste de député comme une profession?


Je veux dire, quand on occupe un emploi, on se doit d'être productif, non? Mais si on se met en tête de produire des lois, est-ce qu'on ne va pas se retrouver avec un maquis de lois inapplicables, car trop complexes? 

Ah bon, c'est déjà le cas? 

Bien que je n'adhère pas du tout à l'idée de ne pas voter, et que je trouve qu'il serait extrêmement complexe de revenir vers une démocratie directe, la vidéo ci-dessous (45 minutes) pose très bien le problème, il me semble:
 

C'est pourquoi j'étais heureux d'avoir deux candidats à l'élection de cette année, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, qui proposaient d'écrire une nouvelle constitution plus adaptée.

Les propositions de Jean-Luc Mélenchon pour rendre du pouvoir au peuple, quoique manquant encore de précision, me semblent intéressantes, et de nature à alimenter le débat.

En revanche, l'idée de ne pas aller voter pour montrer que le système est pourri et le saper me paraît mauvaise et dangereuse. Le vote blanc (4 millions lors de l'élection de Macron, ce qui est considérable) me semble plus pertinent, mais personnellement, je ne le garderais que comme une mesure de dernier recours: pas question pour moi d'y avoir recours si l'un des deux candidats dans la dernière ligne droite a des positions trop extrêmes. 

Essayons de nous montrer un peu logique. Nous avions deux candidats qui se proposaient de changer de constitution cette année. Malgré cela, au premier tour, l'abstention s'est établie à 22,23%.

Ces gens qui se sont abstenus au premier tour, l'ont-ils fait par simple paresse, parce qu'ils n'en ont rien à faire de la politique, par militantisme anti-système, parce qu'ils avaient d'autres obligations ou une impossibilité physique? Sans doute un peu de tout cela, et davantage.

S'ils avaient voulu un changement des règles démocratiques, ils seraient allé voter Mélenchon ou Hamon. Ce n'est donc pas le cas. Ou s'ils veulent du changement, ils ne souhaitent pas que celui-ci se produise dans le cadre d'un processus démocratique.

On peut donc penser, l'abstention ayant été en hausse au second tour, à 25,38%, que ceux qui, à cette occasion, ont refusé de voter dans le but de lutter contre le système se sont retrouvés noyés dans la masse de tous les autres.

Chacun agit, ou s'abstient, bien entendu, selon ses convictions. Mais faire s'effondrer le système, selon moi, donnera naissance à une période de chaos qui ne permettra pas forcément de le remplacer par quelque chose de meilleur.

Prenez la Révolution culturelle de Mao. Les élites ont été détruites, certes, mais au final on se retrouve avec quoi? Avec une nouvelle élite et de nouveaux riches oppressant le peuple. Eh oui.

Je pense qu'il faut être un peu plus subtil que cela. Je suis convaincu qu'il faut réformer notre démocratie, et sans doute aller vers une VIème République. Encore faut-il se donner les moyens de le faire dans les meilleures conditions.

lundi 24 avril 2017

Le Revenu universel ferait-il exploser le travail au noir ?

Je vous rassure: je suis au courant pour la défaite cinglante de Benoît Hamon, l'homme politique qui aura fait du Revenu universel l'un des sujets de cette campagne présidentielle française. Je sais aussi que ce revenu ne sera pas appliqué dans les cinq ans qui viennent, et qu'il faudrait un sacré courage à un homme politique pour réintroduire ce thème dans une élection. Néanmoins, je pense qu'il faudra bien rouvrir à un moment ce que Mélenchon appelle la "boîte de Pandore". Par défi intellectuel, j'ai envie de m'intéresser au "facteur d'avidité", qui pourrait faire couler cette belle idée. 

Ce qui a provoqué le billet que vous avez sous les yeux est une discussion que j'ai eu hier avec un ami. Il me disait quelque chose comme: "si demain il y a un Revenu universel à 800 € par mois, qu'est-ce qui m'empêche de poser ma démission, de percevoir ce revenu et de me remettre à travailler pour mon employeur actuel, mais au noir?"

J'ai trouvé la question d'autant plus intéressante que, pour avoir été en contact avec de nombreux intermittents du spectacle, je sais que cette belle idée a été détournée, et en quelque sorte vampirisée par des boîtes de prod et de grands médias proches du pouvoir. L'argent versé par le Pôle emploi (volet ex ASSEDIC) permet à ces sociétés de diviser par deux les versements alloués à des personnes employées à l'année, qui devraient être employées en CDI. 

La Cour des comptes dénonce chaque année ces pratiques. Cet article sur le site de France Info fournit aussi d'intéressants éléments contradictoires. 

Pour revenir sur la réflexion de mon ami, on s'imagine bien comment tout le système s'écroulerait si d'un seul coup, toutes les entreprises se mettaient à vous pousser à la démission pour vous rémunérer au noir. Plus de charges payées, ça veut dire qu'on en termine avec l'assurance chômage, la Sécurité sociale et la retraite. Bref, une vision apocalyptique.

Il ne s'agirait pas non plus de lâcher la proie du système actuel de protection sociale pour l'ombre d'un Revenu universel, qui ne règlera d'ailleurs pas à lui seul l'un des plus gros problèmes des Français, qui est celui du logement.

Que représente aujourd'hui le travail au noir en France? Très difficile à savoir, puisque par définition, il s'agit de travail dissimulé. Selon la Commission européenne et le Conseil économique, social et environnemental (Cese), cela représenterait 10,8% de l'activité française soit 20 milliards d'euros par an. Source: article de la Tribune (2014). Cela pourrait être davantage, et cela dépend de la conjoncture économique.

La perte est très importante, mais moins tout de même que la fraude fiscale des grandes entreprises, laquelle s'élève pour sa part à 80 milliards d'euros par an.  

L'URSAFF lutte contre le travail au noir et procède à des redressements. Il faut noter tout de même que l'objectif n'est pas l'éradication du travail au noir: les revenus perçus par ce biais sont vitaux pour certains travailleurs, et il favorise même l'activité économique pour certaines entreprises qui sans cela, mettraient la clé sous la porte. 

Le travail au noir étant rémunéré en liquide, il faudrait, si on voulait vraiment le juguler, stopper la fabrication de billets de banque, qui seraient alors remplacés par de la monnaie électronique, que l'on peut tracer plus facilement. 

On n'imagine pas, bien sûr, la France prendre une telle mesure de manière unilatérale: euro oblige, ce serait sans doute au niveau européen que se prendrait cette mesure, qui risque d'ailleurs d'être fortement impopulaire car vécue comme une privation de liberté. 

Il ne faut pas non plus sous-estimer l'ingéniosité humaine dès lors qu'il y a des profits en ligne de mire. Rien ne dit que si l'on remplaçait les billets, la monnaie souvent utilisée dans le cadre des transactions occultes du dark net, le bitcoin, ne prendrait pas le relais. 

Cette monnaie étant impossible à traquer, les choses risqueraient de prendre une tournure désagréable.

Une autre mesure qu'il faudrait à mon avis mettre en place de concert avec le Revenu universel serait de renforcer les effectifs de l'URSAFF, et ses moyens de contrôle.

On sait aussi que si les charges augmentent pour une entreprise, celle-ci a automatiquement davantage recours au travail au noir. Une augmentation de charges due au Revenu universel, en ce sens, favoriserait le travail non déclaré. 

L'équation, on le voit, est particulièrement délicate à résoudre. Impossible? Je ne le pense pas. 

Il me paraît évident que l'on devra financer le Revenu universel de manière fine, en ciblant les secteurs qui produisent le plus de bénéfices plutôt que la PME du coin. 

Des taxes sur les robots et sur les transactions financières pourraient constituer un début de solution, mais il faudrait avant tout lutter contre l'évasion fiscale. Cela ne peut se faire qu'au niveau international.

Il faudrait aussi traquer avec beaucoup plus de sévérité tous les gaspillages de fonds publics. 

Il me semble évident que la mise en place du Revenu universel irait de pair avec une transparence accrue de toutes les transactions financières, ce qui ne va pas sans poser la question épineuse du flicage des sources de revenu de chaque citoyen.

Il y aurait sans doute des seuils de tolérance à appliquer, afin de laisser des marges de manœuvre. C'est un immense chantier.

Je me demande tout de même si le gros du travail ne consisterait pas à éduquer les gens, pour que chacun sache que ce Revenu universel vise à éradiquer la pauvreté et à émanciper l'individu. Cela ne pourra donc se faire sans une vraie volonté commune. 

Je n'ai pas la prétention d'avoir toutes les solutions. Ce sont là juste des idées, des pistes de réflexion que j'avais envie de développer, et qui peuvent aider à une mise en perspective. 

[EDIT 24/04/2017] Pour ceux qui se poseraient la question de l'utilité du Revenu universel, considérez le fait que 14% des Français vivent sous le seuil de pauvreté. Considérez aussi le fait que sans doute plus de 50% des Français, au moins une fois dans leur vie, tomberont sous le seuil de pauvreté, de manière provisoire ou définitive...

mercredi 19 avril 2017

Promos anglo-saxonnes : enfin des bénéfices !

Il aura fallu de la patience. J'ai publié sur les différentes plates-formes d'autoédition la traduction anglaise du Souffle d'Aoles, The Breath of Aoles, en février 2014, il y a trois ans. Sa suite, Turquoise Water, est sortie en mars 2015. Le dernier tome, The Flames of the Immolated, est sorti en août 2016. Il aura malgré tout fallu attendre cette année 2017, et ma promo sur la trilogie anglaise réunie en coffret ebook pour qu'enfin, l'argent investi dans les sites de promo de livres électroniques, américains pour la plupart, engendre un retour sur investissement. Deux facteurs auront été déterminants pour obtenir ce résultat.  

Vous vous souvenez de mon article de janvier dernier sur une promo anglo-saxonne? J'avais investi quelque chose comme 315 € dans différents sites de vente que je détaille dans l'article

Cet investissement n'avait pas été remboursé en janvier (de toute façon, il faut attendre deux mois avant le versement d'un mois en cours), puisque malgré les 250 ebooks vendus en une semaine, je n'avais gagné que 155 €.

Mais quatre mois plus tard, après de nouvelles ventes, à plein tarif cette fois, j'en suis à plus de 345 € de revenus pour The Ardalia trilogy. 

Le retour de bénéfice, une trentaine d'euros, est donc extrêmement modeste, mais réel. L'important pour moi est que je sais quels sites de promo ont été les plus efficaces, et que je suis à peu près sûr de faire mieux la prochaine fois.

Toutes mes promos précédentes sur le marché anglo-saxon les autres années, qu'il s'agisse de pubs Facebook ou de promos sur des sites payants, avaient été déficitaires.

Qu'est-ce qui a changé? Quels ont donc été ces deux facteurs principaux déterminants? 

Si vous avez lu mon article de janvier, vous savez que le coffret ebook The Ardalia trilogy est vendu exclusivement sur Amazon, contrairement aux romans pris individuellement. 

Eh bien ce sont les pages lues sur Kindle Unlimited qui expliquent en grande partie ces bénéfices, il me faut bien le reconnaître. 

Si en janvier, la trilogie anglaise a bénéficié de 4818 pages lues aux Etats-Unis et 3347 au Royaume Uni, ces chiffres sont montés respectivement à 15644 et 4283 en février.

Bien que le chiffre de 15644 pages lues paraisse impressionnant, cela a représenté en réalité 77 $. Néanmoins, cela s'ajoute au reste, et j'ai encore des pages lues ce mois-ci.

Cela prouve aussi que ma trilogie est lue par au moins quelques personnes, ce qui est réconfortant. :)


En mars, on est passé à un tout petit peu moins de 9000 pages lues (US) et seulement 163 (UK).

Les ventes d'ebooks de la trilogie à plein tarif ont été d'une quinzaine en février-mars.

Le second facteur déterminant, celui qui a sans doute permis une partie des ventes à taux plein et des pages lues, me vient des abonnés à ma newsletter anglaise, au nombre d'un millier.

J'ai toujours dit que KDP Select était défavorable à la grande majorité des auteurs, parce que la grande majorité des auteurs ne maîtrisent pas le marketing.

Je le maintiens. Rien n'a changé. Il m'a fallu plusieurs années pour élaborer la bonne stratégie marketing.

Bien qu'étant opposé à la notion d'exclusivité, j'ai malgré tout décidé de tirer parti de Kindle Unlimited, parce que ce service de souscription est ce qui se rapproche le plus d'une bibliothèque dans l'univers des ebooks, parce qu'il me faut diversifier mes sources de revenu, et parce que, de manière pragmatique, je reconnais qu'Amazon est très nettement dominant pour le marché anglo-saxon. 

Néanmoins, j'avais aussi à cœur de satisfaire ceux des lecteurs de ma newsletter anglaise qui possédent un appareil autre qu'une Kindle, et ceux qui habitent dans des pays où Kindle Countdown n'est pas en place (la promo réalisée en janvier était une promo Kindle Countdown exclusive à Amazon), et notamment l'Australie.

J'ai donc mis, la semaine dernière, mes ebooks anglais Turquoise Water et The Flames of the Immolated (The Breath of Aoles étant gratuit) à 0,99$/£ sur les différentes plates-formes. La réponse a été très favorable, puisque, en ne faisant cette fois appel à aucun site de promo, j'ai réalisé 35 ventes. 

Cette promo ne devrait pas générer autant de retombées que celle sur la trilogie complète, mais elle m'a permis, sans rien dépenser, de satisfaire certains lecteurs qui auraient pu être frustrés par la précédente.

Il est intéressant de voir qu'une portion non négligeable des abonnés à ma newsletter anglaise ne sont pas abonnés à Kindle Unlimited. En revanche, la domination d'Amazon est bel et bien validée par cette expérience menée la semaine dernière: bien qu'ayant fourni les liens vers Barnes & Noble, Apple et Kobo en plus d'Amazon dans ma newsletter, je n'ai obtenu que deux ventes sur Kobo (une pour le tome 2 et une pour le 3). Aucune sur les autres plates-formes, et 33 sur Amazon!

Voilà en tout cas deux campagnes coup sur coup qui me rapportent des bénéfices, certes très modestes, mais encourageants! 

Autres articles sur le même sujet:

Une promotion anglo-saxonne 

Traduction de romans: attention, terrain miné!

lundi 17 avril 2017

Pourquoi mon roman n'aurait pas dû être finaliste du Prix Fantasy des Booktubeuses

Le légendaire Syndrome de l'Imposteur aurait-il encore frappé? Je ne pense pas. Le Prix Fantasy des Booktubeuses, pour lequel mon roman Le Souffle d'Aoles a été finaliste, en est à sa deuxième édition et se cherche encore. Je pense que la formule est à revoir en ce qui concerne le processus de sélection des œuvres finalistes. Dans quel objectif? Eh bien, afin de faire réellement de ce prix de Fantasy celui des Booktubeuses.

Plus de 300 ebooks ont été envoyés à Bookelis, l'organisateur du Prix Fantasy des Booktubeuses. L'auteur de Fantasy Olivier Gay a sélectionné les trois romans finalistes. Puis les trois Booktubeuses, Nine, Bulledop et Lili, ont réalisé une vidéo chacune concernant les trois finalistes, avant de désigner le lauréat, Les Fils de la Terre.

Je remercie Olivier Gay d'avoir sélectionné mon roman, mais je pense que ce sont les booktubeuses elles-mêmes qui auraient dû sélectionner les trois finalistes. Pourquoi? Regardez bien chacune des vidéos qu'elles ont posté : 

Première vidéo : les lectures de Nine, 11 avril


Deuxième vidéo : Bulledop, 12 avril


Troisième vidéo : Lili bouquine, 13 avril



Quel est le point commun, pour les trois romans finalistes, et pour chacune des booktubeuses? 

Cela me semble flagrant: elles ne sont rentrées dans aucun des trois livres. A chacune de leur lecture, il a fallu qu'elles s'accrochent. 

Même pour le roman lauréat, Les Fils de la Terre, le coup de cœur n'est venu que dans un second temps.

Je suis persuadé que si les trois booktubeuses avaient choisi elles-mêmes les finalistes, on aurait eu trois autres livres, des livres qui les auraient accrochées beaucoup plus tôt dans leur lecture. 

Si j'étais juste un lecteur qui suit les chaînes vidéo de Nine, Bulledop et Lili, je me féliciterais de l'impartialité de mes booktubeuses préférées, mais je me poserais la question : pourquoi avoir choisi ces romans-ci?

Parce que je saurais que ces booktubeuses ont déjà chroniqué des livres qui étaient vraiment leur chouchou, et que là on est loin du compte. 

Mais je n'écris pas ce billet en tant que lecteur. Je l'écris en tant qu'auteur participant, dont le roman, Le Souffle d'Aoles, a été finaliste. 

J'essaie de jouer un rôle en faveur de la communauté des auteurs autoédités, et je considère donc qu'il est de mon devoir d'évoquer les retombées de ma place de finaliste. 

Je le considère d'autant plus qu'à mon avis, la plate-forme Bookelis fait du bon travail dans son appui aux auteurs autoédités, et que ce prix de Fantasy mérite d'être optimisé pour les prochaines années. 

Au moment où j'écris ces lignes, la vidéo de Nine en est à 7260 vues, celle d'Emilie (Bulledop) à 4491 vues, et celle d'Allison (Lili) à 1747 vues. Donc, 13 500 vues cumulées. 

Sachez que je n'ai vendu qu'un seul ebook du Souffle d'Aoles entre le 10 avril et aujourd'hui, le 17 avril, sur la plate-forme Google Play. 

Voici par exemple mes ventes du Souffle sur Amazon pour la période du 18 mars au 17 avril:  



Une seule vente, mais le 30 mars, bien avant que les vidéos ne soient mises en ligne.

Malgré cette absence de ventes directes, je suis heureux que mon livre ait bénéficié d'un surcroît de visibilité grâce aux vidéos des booktubeuses, parce que chaque petite chose peut aider à la notoriété d'un livre, et que la notoriété peut favoriser des ventes ultérieures, et en particulier en dédicace. 

J'aurais tout de même apprécié que Nine, Emilie et Allison fassent figurer deux liens dans leurs vidéos pour chaque livre, un lien vers la page des ebooks sur la Fnac et l'autre sur Amazon. 

C'est ce que j'ai fait dans mon billet annonçant la gagnante du prix, Stéphanie Barrabino.

Posez-vous la question: pensez-vous que le prix Goncourt serait aussi prestigieux s'il ne générait aucune vente? 

J'ai le sentiment que les 400 000 ventes que permet le prix Goncourt ont un lien avec le prestige de ce prix. 

Je peux me tromper, bien sûr, mais j'irais jusqu'à dire qu'il est dans l'ADN d'un prix littéraire de favoriser les ventes. 

Tel qu'il est structuré, le Prix Fantasy des Booktubeuses aurait dû permettre au moins quelques ventes pour les trois finalistes. 

Maintenant, certains d'entre vous se demandent peut-être pourquoi Bookelis a fait le choix de faire sélectionner les trois finalistes par un auteur de Fantasy et non par les booktubeuses. 

Il faut savoir que le travail de sélection des œuvres prend beaucoup de temps. Or, l'une des booktubeuse, Nine Gorman, est elle-même romancière. Vous pouvez retrouver le prologue de son roman Le Pacte sanguinaire sur Wattpad

Les deux autres booktubeuses, Emilie (Bulledop) et Allison (Lili) sont des libraires, et Allison écrit également. Ce sont des lectrices éclectiques, mais pas forcément des spécialistes de Fantasy, comme vous le confirmera cette vidéo de présentation. Elles n'ont aucun préjugé à l'encontre des livres autoédités, même si leur fonction de libraire les amène à lire davantage de livres édités traditionnellement.

Lire trois livres prend donc beaucoup de temps, auquel vient s'ajouter leur métier, et le travail lui-même sur les chaînes Booktube.

Donc de prime abord, le choix de Bookelis de faire sélectionner les trois finalistes par un spécialiste de la Fantasy pouvait paraître sensé. 

Il me semble évident qu'en réalité, cette formule ne fonctionne pas.

Comme je voulais écrire un billet le plus constructif possible, j'ai réfléchi au moyen de faire en sorte que les booktubeuses puissent réellement s'approprier ce Prix, et les romans choisis. 

En plus de sa présentation de type quatrième de couverture, chaque roman devrait être accompagné d'un pitch en trois ou quatre lignes maximum. 

Le comité de lecture de Bookelis devrait faire une sélection des cinquante meilleurs romans parmi ceux qu'on leur envoie. 

Une fois ces romans choisis, ils seraient envoyés avec leur pitch et leur quatrième de couverture aux booktubeuses.

Nos trois booktubeuses devraient trier les cinquante pitchs qui les attirent le plus, par ordre de préférence. Elles devraient à ce stade se concerter une première fois pour bénéficier de la même liste, hiérarchisée dans le même ordre. 

Cela ne prendra pas trop de temps, puisqu'on parle de quelques lignes à lire à chaque fois.

Ensuite, elles devraient lire dans le même ordre les quatrième de couverture de chaque livre, puis les dix premières pages. 

Si l'une d'elle tombe sur un roman pour lequel elle va être accrochée dès les premières pages, elle prévient les deux autres. 

Si les trois sont d'accord avec son choix, elles conviennent d'aller plus loin. Dans ce cas, elles lisent la suite du roman, et ne stoppent que si elles sont arrêtées dans leur lecture parce qu'elles décrochent.

Elles continuent ensuite la liste pour le deuxième finaliste et le troisième. 

Si les choses se passent bien, en plus des trois romans finalistes, elles ne devraient avoir à lire qu'une centaine de pages. Le surcroît de travail par rapport à la formule actuelle ne me semble pas excessif.

Si l'on avait procédé ainsi, mon livre n'aurait pas été choisi, cela me paraît évident.

Mais peu importe: l'idée d'avoir trois finalistes, et des vidéos correspondantes, me paraît très bonne. Selon moi, il faut vraiment que les booktubeuses s'approprient ce prix, ainsi que les livres finalistes. Et tant pis si elles ne sont pas vraiment des spécialistes du genre, ce n'est pas le problème!

Cela irait complètement dans le sens de leurs chaînes Youtube, qui sont des chaînes de passionnées visant à faire partager leur passion, et à provoquer l'envie de lire. 

vendredi 14 avril 2017

Prix Fantasy des Booktubers: le gagnant

Le gagnant du prix Fantasy des Booktubers organisé par Bookelis est Les Fils de la Terre, de Barrabino. Je remercie Bookelis d'avoir ouvert ce concours à tous les auteurs autoédités, et les booktubeuses, pour leur travail! 




Vous pouvez retrouver les Fils de la Terre, de Stéphanie Barrabino, en vente sur la Fnac ou Amazon. Je félicite bien sûr la lauréate!

J'ai suivi la sympathique discussion en live qui a annoncé le vainqueur, et j'ai été heureux d'apprendre que l'une des booktubeuses, Bulledop, a placé mon livre en tête. Franchement je ne m'y attendais pas! 

Si vous êtes booktubeuse ou blogueuse (y compris de sexe masculin! ;) ) et que vous souhaitiez chroniquer en format numérique l'un des trois tomes du cycle d'Ardalia (je conseille de commencer par le premier), ou bien mon thriller Le Vagabond, ou encore mon recueil de Science-Fiction Les Explorateurs, vous pouvez me contacter à l'adresse suivante: alan1spade at gmail.com.  

Je remercie au passage l'une des booktubeuse (Nine je crois) d'avoir mentionné en réponse à un internaute qu'Amazon pouvait aussi avoir du positif, en ce sens qu'il s'agit de l'un des seuls moyens de diffusion large que possèdent les auteurs autoédités, dont les livres sont très peu représentés en librairie -- en dehors des séances de dédicace. 

jeudi 13 avril 2017

Troisième vidéo du Prix Fantasy des Booktubers: Lili bouquine

Après cette troisième et avant-dernière vidéo du Prix Fantasy des Booktubers, avant le "live" qui désignera le 14 avril le vainqueur, il n'y a plus, pour moi en tout cas, beaucoup de suspense. C'était déjà une très bonne surprise d'être dans les trois finalistes. Mais je vous laisse vous faire votre opinion.



Retrouvez le lauréat ce soir à partir de 21h sur la page Facebook du Prix Fantasy des Booktubers Bookelis.

mercredi 12 avril 2017

Deuxième vidéo du Prix Fantasy des Booktubers: Bulledop

La deuxième vidéo du Prix Fantasy des Booktubers, celle de la très enjouée Bulledop, vient de sortir. Il apparaît que les descriptions jouent un rôle important dans ces deux premières vidéo, ce qui semble handicaper mon livre, Le Souffle d'Aoles. 


Un avis très bien construit, tout comme dans la première vidéo. Bulledop n'est pas la première à regretter le manque de descriptions, c'est un écho que j'ai aussi de pas mal de lecteurs.

Tous ne sont cependant pas gênés par cet état de fait. L'un de mes objectifs a été de jouer sur les sonorités des mots pour faire surgir des images dans la tête des lecteurs.

Pour ceux d'entre vous qui voudraient appréhender un peu mieux mon univers, je vous dirige vers cette page de mon site (faire baisser l'ascenseur) ainsi que vers l'ebook Une brève histoire d'Ardalia, pour l'aspect historique.


mardi 11 avril 2017

Première vidéo du prix de Fantasy des Booktubers: les lectures de Nine

La première vidéo du prix de Fantasy des Booktubers, organisé par Bookelis, celle de Nine Gorman, vient de sortir. J'avoue que je suivais jusqu'à présent très peu de chaînes Booktube, mais le travail réalisé par des blogueuses telles que Nine est vraiment méritoire. 



A noter que Nine Gorman est elle-même l'autrice du Pacte Sanguinaire, dont vous pouvez retrouver le prologue sur Wattpad.

Prochaines vidéos:

- Bulledop, le mercredi 12 avril
- Lili bouquine, le jeudi 13 avril
 
Le gagnant sera annoncé le 14 avril. Suspense! 

dimanche 2 avril 2017

Mission réussie pour Space X

Le jeudi 30 mars 2017 est une date historique dans l'histoire de l'exploration spatiale: la société Space X est parvenue à réutiliser un étage de fusée déjà envoyé dans l'espace, puis reposé sur Terre en avril 2016. C'est la deuxième date historique à mettre au crédit de Space X, après le premier atterrissage avec succès d'un premier étage de fusée le 21 décembre 2015. 

Selon Wikipédia, depuis janvier 2017, Space X ne considère plus les atterrissages de premier étage comme expérimentaux, mais bien comme des procédures de routine. Sacrée révolution tout de même!

La réutilisation effective d'un étage déjà lancé était en conséquence très attendu, car d'elle dépend la baisse de coût d'envoi des fusées dans l'espace. Une baisse de coût cruciale dans l'exploration spatiale. 

C'est donc chose faite depuis le 30 mars 2017. 

Reste une interrogation majeure: quelle économie cela permet-il de réaliser? D'après Space X cela fait baisser de 30% le coût du lancement d'une fusée Falcon 9, lancement normalement fixé à 62 millions de dollars. 

Je me suis bien sûr posé la question du coût de la remise en état de l'étage lancé en avril 2016. Nous devrions avoir des données très précises à ce sujet. Hélas, pour l'instant, rien ne filtre à ce sujet de la part de Space X, c'est l'opacité.

On sait que la navette spatiale américaine, dont l'activité a été abandonnée, coûtait plus de 400 millions de dollars à remettre en état, un véritable gouffre! Mais on a vu que les fusées Falcon 9 reviennent nettement moins cher.

Si vous avez des renseignements à ce sujet à mettre en commentaire, je suis preneur!

Elon Musk a en tout cas annoncé sur Twitter que le prochain objectif était rien moins que la remise en état et le lancement d'un étage déjà utilisé en 24h! Wow!

On peut faire confiance à Space X, en tout cas, pour continuer à essayer de casser le coût du lancement. Ainsi dès cette année 2017, au mois de mai, la société va réutiliser pour la première fois l'une de ses capsules Dragon déjà utilisée pour approvisionner la Station Spatiale Internationale. Une autre première en perspective!



Au sujet du deuxième étage de la fusée, celui qui monte beaucoup plus haut dans l'espace, sa récupération s'est avérée beaucoup plus complexe. Trop complexe? En tout cas, d'après cet article du New-York Times, Space X aurait abandonné l'idée de le faire atterrir pour récupération et réutilisation.

Au niveau médiatique, en France, la chaîne TF1 a enfin daigné parler dans son 20h00, très brièvement, de cet exploit historique de Space X, celui du 30 mars 2017. Pour une fois, Elon Musk n'était plus uniquement présenté sous le jour du "milliardaire américain extravagant qui veut lancer le tourisme spatial".

Extravagant pourquoi pas, mais il me semble qu'il faut avoir une ou deux qualités pour lancer une société comme Space X et la rentabiliser, lancer une société comme Tesla (société automobile, sachant qu'aucune nouvelle grosse société automobile n'a été rentable aux Etats-Unis depuis 60 ans en dehors de Tesla) et la rentabiliser, lancer une société comme SolarCity et la rentabiliser. 

En fait, je crois que le plus gros défaut qu'a Elon Musk aux yeux des médias hexagonaux, c'est qu'il n'est pas Français. Et en plus il concurrence Arianespace. C'est pour ça qu'ils ne commencent à en parler que maintenant, parce qu'il leur est difficile de faire autrement.

Fait intéressant, et qui montre aussi que l'absence dans les médias français de Space X se teinte de patriotisme, ou au moins de patriotisme étendu à l'Europe, la présentatrice de TF1 a enchaîné en disant que cette avancée de Space X avait contraint Arianespace a accélérer son projet de lancement d'Ariane 6.

Fantastique, une nouvelle Ariane! Mais sera-t-elle au moins partiellement réutilisable?

Ce n'est pas ce que laisse augurer cette présentation officielle.

Permettra-t-elle l'exploration spatiale? Ne serait-ce que d'aller sur la Lune?

Telle ne semble pas être son ambition, contrairement au Falcon 9 heavy de Space X, nouvelle fusée qui va être lancée cette année. Une année décidément très excitante pour Space X.

N'oublions pas aussi que les fusées Ariane sont lancées à partir du site de Kourou en Guyane. En terme de réputation par rapport aux Guyanais, il serait bon qu'Ariane n'apparaisse pas comme un gros parasite, dont l'activité n'offre aucune retombée économique à la population locale.

On semble assez loin du compte pour le moment, hélas.

Autres articles sur le même sujet: 

- Le plus grand scandale médiatique de ces dernières années
- Le match Arianespace contre Space X

mardi 14 mars 2017

Auteurs autoédités et syndicalisme

Un article très complet sur la problématique actuelle des auteurs autoédités vient d'être publié par Chris Simon sur son blog. Le titre, Est-il souhaitable de rassembler les autoédités dans un pôle unique?, constitue déjà une réponse en soi. Chris développe une thématique que j'avais à peine effleurée dans mon article Nous sommes nos propres labels, le syndicalisme des auteurs autoédités. Elle pointe aussi vers un autre article intéressant sur le sujet, celui de la romancière Lizzie Crowdagger. 

L’autoédition grâce à la technologie (numérique, POD, réseaux sociaux) est une irruption dans le système éditorial. Elle fonctionne bien en système de cellules indépendantes, en réseaux car elle est plus proche de l’ADN d’une guérilla que d’une corporation. Je ne suis pas sûre qu’elle fonctionnerait en une structure qui engloberait entièrement. De plus l’autoédition me semble plus gérable en petites unités qui communiquent, car le bénévolat à ses limites et ne peut être érigé en un système quand le temps de chacun est limité - Chris Simon

Voilà une citation importante. J'ajouterais une chose: est-il raisonnable de penser parvenir à fédérer tous les auteurs autoédités? La Fédération des auteurs indépendants d'Elen Brig Koridwen, que Chris et moi soutenons, rassemble peut-être 200 auteurs indés, alors qu'il existe aujourd'hui des milliers d'auteurs indés en France! 

Je dirais, vraiment à vue de nez, que les indés sont au bas mot 2000 à s'autopublier sur Amazon, la plate-forme la plus populaire.

Et au niveau des syndicats à proprement parler? Il faut bien sûr, comme le dit Chris dans son article, regarder du côté de l'existant. En France, le SNAC, Syndicat National des Auteurs Compositeurs, peut-il réellement prétendre avoir pour adhérents inscrits l'intégralité des auteurs et compositeurs qui touchent des droits d'auteur de manière traditionnelle? 

J'en doute.

Quand je regarde aussi du côté de l'Authors Guild aux Etats-Unis, je peux vous affirmer que ce syndicat ne comporte qu'une infime minorité d'auteurs traditionnellement publiés - sans même tenir compte, bien sûr des "indies"!

Donc, côté représentativité, il ne faut pas se leurrer, un syndicat des auteurs indépendants ne sera qu'un groupe de pression comme un autre. 

Je reconnais, bien sûr, l'utilité théorique d'un tel groupe, pour avancer notamment sur le statut des auteurs indépendants. Si un candidat élu à la Présidence de la République cherchait à demander conseil à ce sujet, il se tournerait vers l'instance la plus représentative des indés... même si elle ne devait compter que 200 auteurs.

Mais d'un autre côté, je mets aussi en garde contre les dérives possibles. On l'a vu avec l'Authors Guild aux Etats-Unis, qui a joué à fond le jeu du groupe des auteurs traditionnellement édités ayant le plus de pouvoir. On peut citer par exemple le soutien de l'Authors Guild au Mandat d'Agence dans l'affaire Amazon/Hachette (impossibilité pour Amazon d'abaisser le prix des ebooks les plus chers par des promos, afin de rendre l'ebook plus attrayant). Et, surtout, le soutien par ce même syndicat des grosses agences littéraires, lesquelles servent bien davantage les intérêts des gros éditeurs que des auteurs pourtant censés être représentés par ces agences! 

Un syndicat est un contre-pouvoir, ce qui est une bonne chance parce que c'est indispensable d'en avoir. 

Mais en étant un contre-pouvoir, le syndicat qui réussit devient aussi un lieu de pouvoir, et court le risque intrinsèque de ne représenter les intérêts, non seulement que des adhérents, mais bien plus encore, du petit groupe d'adhérents ayant le plus d'influence au sein du syndicat.

Autre risque possible, être repris en sous-main par certaines puissances financières: je ne voudrais pas d'un syndicat qui s'aligne systématiquement sur Amazon, par exemple. 

Donc, assez rapidement, le syndicat risque de ne plus représenter ni les idées du plus grand nombre d'auteurs ni même de la majorité de ses adhérents.

Je ne fais, on l'a compris, pas une panacée de l'idée de syndicat, et c'est là mon opinion strictement personnelle. C'est pourtant, je dirais, un mal nécessaire, à partir du moment où les intérêts économiques d'une catégorie d'auteurs convergent. La part de marché de ces intérêts étant bien sûr en augmentation avec l'ebook, mais surtout très mal connue du fait de son caractère officieux. Nous restons une industrie de l'ombre.

C'est un peu moins le cas aux Etats-Unis, grâce au site Author earnings.

Je pense donc qu'il devrait exister quelque chose de très basique, un syndicat des indés, tout en ayant conscience de la fragilité intrinsèque d'une telle structure, qui dépendrait de la bonne volonté de quelques-uns. Je sais, je me répète par rapport à mon article sur les labels, mais c'est un point important.

Relisez l'article de Chris Simon, et vous constaterez la précarité d'existence des structures mises en place par les indés. Je sais de quoi je parle, moi qui avais mis en place à l'époque un site appelé Babelpocket, destiné à vendre les ebooks des auteurs indépendants.

Il m'a demandé énormément d'heures de travail, qui auraient mieux été employées à écrire. Je plaide coupable!

jeudi 9 mars 2017

Le Souffle d'Aoles finaliste du Prix Fantasy des Booktubers de Bookelis

Mon roman Le Souffle d'Aoles, premier tome de la trilogie Ardalia, est l'un des trois finalistes du Prix Fantasy des Booktubers 2016! Il se retrouve en lice aux côtés de Thormäe - Le Cantique du Soleil, livre 1, de William Rivelake, et de Les Fils de la Terre, de Barrabino. Terre, Soleil et Vent, donc. Le gagnant sera annoncé le vendredi 14 avril.



Amazon   La Fnac   Kobo   Apple


Bookelis, qui organise ce prix, est un site d'aide à l'autoédition dont Cyril Godefroy, auteur de l'ouvrage 82 Questions sur l'autoédition, me disait récemment le plus grand bien. Je n'utilise pas Bookelis pour mes livres, mais le concours était ouvert à tous les romans de Fantasy autoédités de plus de 100 000 signes. 
C'est l'occasion pour moi de saluer les deux autres finalistes, en vous donnant les liens vers les romans: 


Voilà en tout cas une annonce qui arrive à point nommé, au moment où j'écrivais l'article "Nous sommes nos propres labels de qualité" ! ;)

Je disais dans cet article: quand j'ai vu que Bookelis, site de bonne réputation d'aide à l'autoédition, lançait cette année, pour la deuxième année le Prix Fantasy des Booktubers, j'ai sauté à pieds joints: un prix de la Fantasy pour les auteurs indés, et qui ne soit pas organisé par Amazon? Bien sûr que l'on peut compter sur moi! 

J'espère que cette formidable initiative de Bookelis sera suivie par d'autres, qui toucheront à terme tous les genres littéraires. 

Je rêve aussi d'un Grand Prix de la Blogosphère pour les auteurs indés. Qui sait, tout peut arriver. Autant de prix, autant de possibilités de visibilité accrue pour les auteurs!

Cette nomination est évidemment valorisante, puisqu'il y avait plus de 300 participants à cette édition 2016. Je n'oublie tout de même pas, que, s'il existe des critères objectifs de qualité, ne serait-ce que la grammaire, l'orthographe et la syntaxe pour parler des plus basiques, passé un certain niveau de qualité, c'est avant tout le coup de cœur du moment qui va désigner un lauréat. Tout ce qu'il y a de plus subjectif donc. 

Les livres vont être chroniqués sur trois chaînes You Tube comportant 90 000 abonnés: 

- Les lectures de Nine, le mardi 11 avril
- Bulledop, le mercredi 12 avril
- Lili bouquine, le jeudi 13 avril

De vraies passionnées de lecture, ce qui fait bien plaisir! 

Ce sera intéressant d'évaluer les retombées d'un tel prix pour un roman. 

J'ai beaucoup de chance d'avoir été choisi, mais ça ne changera rien à ma philosophie: ne pas se fier à la chance, mais avant tout au travail. C'est tout le sens de ma démarche en tant qu'auteur autoédité, et c'est ce qui devrait me permettre, dès cette année, de dépasser le seuil des 3000 exemplaires papier du Souffle d'Aoles vendus depuis sa parution en mars 2010 (j'en suis actuellement à 2970 papier, plus environ 800 ebooks). 

lundi 6 mars 2017

Nous sommes nos propres labels de qualité

Il existe un débat amical à l'heure actuelle entre auteurs indépendants pour savoir s'il faut mettre en place un label de qualité des auteurs indépendants. Il semblerait que ce label soit réclamé par de nombreux lecteurs. Je suis dans l'autoédition depuis suffisamment longtemps pour avoir mené cette réflexion de manière assez intense avec d'autres auteurs il y a déjà plusieurs années, et mon avis là-dessus est tranché: l'idée du label est une perte de temps. Certains disent qu'il n'y a pas un label de qualité, mais des labels de qualité, et je suis d'accord. J'irais même plus loin, chaque auteur indépendant est son label de qualité, de la même manière que chaque maison d'édition est son label de qualité.

Sous l'impulsion de la romancière Elen Brig Koridwen, un groupe, ou fédération des Auteurs Indépendants s'est mis en place. Ce groupe, que je soutiens, se veut avant tout un site ressource pour les auteurs. Vous retrouverez le site officiel en suivant ce lien

C'est principalement cette Fédération qui mène en ce moment une réflexion sur le label de qualité, sur ce groupe Facebook.

En parallèle, l'Alliance des auteurs indépendants (AAIF) a été lancée par l'auteur Neil Jomunsi, sorte de syndicat des auteurs indépendants. Constatant l'existence du groupe des Auteurs Indépendants, Neil a cependant préféré s'effacer au profit de ce dernier. 

D'autres ressources existent, créées par et pour les auteurs indépendants. Me viennent pêle-mêle à l'esprit l'indispensable Mag des Indés de Chris Simon, le site ebookgang, pour les lecteurs, mais utilisé comme site promotionnel par les auteurs, le site Espaces comprises, le blog de Jacques Vandroux, et le site Indylicious, centre de presse destiné à faire la promo des auteurs indépendants. 

L'idée de pouvoir avoir un centre de ressources où sont regroupées toutes les initiatives des auteurs indépendants me semble donc bonne, car on le voit, ça foisonne! 

Mais si vous voulez connaître mes raisons contre le label de qualité, lisez l'article de Neil Jomunsi. Je suis entièrement d'accord avec ses arguments, et notamment ce passage: En créant des différences labelisées entre les différents ouvrages, on ne fait ni plus ni moins que reproduire le travail d’un éditeur, sans les moyens – ce qui semble assez bizarre quand on se lance justement dans la publication indépendante. 

Je comprends et partage le désir d'Elen et de bien d'autres que notre travail soit reconnu pour sa qualité par des tiers indépendants, qui pourraient donner une sorte de "coup de tampon officiel" à la qualité de nos ouvrages. 

Ce travail sur la reconnaissance de la qualité, on peut le faire, bien sûr, mais je préfère prévenir Elen: c'est épuisant de se lancer là-dedans.

Il existe des structures composées d'auteurs indépendants qui choisissent des textes indés sur des critères de qualité, et notamment le magazine l'Indépanda

Je ne veux rien décourager, bien au contraire: j'ai soutenu le projet l'Indépanda en leur soumettant l'une de mes nouvelles, Le Vagabond, et j'ai eu la fierté de le voir sélectionné pour le numéro 2 du mag. 

J'ai aussi été heureux de voir rassembler ainsi des textes de qualité dans des magazines facilement téléchargeables au format ebook sur Amazon. 

De même, quand j'ai vu que Bookelis, site de bonne réputation d'aide à l'autoédition, lançait cette année, pour la deuxième année le Prix Fantasy des Booktubers, j'ai sauté à pieds joints: un prix de la Fantasy pour les auteurs indés, et qui ne soit pas organisé par Amazon? Bien sûr que l'on peut compter sur moi! 

Non pas que je ne soutienne pas Amazon, mais je ne souhaite pas que la notion d'auteurs indépendants devienne l'équivalent chez le grand public, à force d'incitation à l'exclusivité, d'"auteurs Amazon". 

Tout cela est utile, mais prix ou label, cela demande du travail, c'est souvent le projet de deux ou trois personnes, et comme n'importe quelle petite maison d'édition, c'est très fragile. 

Par ailleurs, j'ai presque terminé (91% sur ma liseuse) le formidable roman d'Elen Brig Koridwen, Les trois Sages, Elie et l'Apocalypse. Incroyable d'érudition et de maîtrise, et très prenant!

Eh bien ce roman est en lui-même son propre label de qualité. Non pas qu'il n'aurait pas besoin d'être davantage connu, bien sûr que c'est le cas! 

En fait, je préfère que la romancière continue à écrire et faire sa promo plutôt que d'épuiser son énergie dans des structures qui sont avant tout dévoreuses de temps, dont l'efficacité en terme de diffusion envers les lecteurs est encore à construire intégralement, et qui resteront de toute façon fragiles par définition. 

En revanche, je me positionne en faveur de sites ressources qui ne demandent pas trop d'investissement. L'idéal pourrait sembler être une sorte de Wikipédia des auteurs autoédités, mais même cela demanderait énormément d'investissement en temps pour les modérateurs/correcteurs des articles. 

Nous cumulons déjà beaucoup de casquettes en tant qu'auteurs autoédités. A-t-on vraiment besoin de créer de nouvelles structures, ou la structure globale pour la recherche de qualité et la recherche de ressources n'existe-t-elle pas déjà, sous la forme d'Internet?