jeudi 16 février 2017

Une promotion anglo-saxonne

J'ai parfois l'impression d'être le canari dans la mine, ou si vous préférez, de jouer les cobayes pour la trentaine d'auteurs qui me suivent sur Facebook. Je ne me plains pas, cela dit: c'est un choix personnel, et je ne suis pas le seul auteur dans ce cas. Cela donne un peu plus de sens à mon activité d'auteur autoédité. Aujourd'hui, je présente le résultat d'une promotion Kindle Countdown Deal de mon coffret anglais The Ardalia trilogy, vendu en exclusivité sur Amazon. 

Un petit mot sur l'exclusivité Amazon: l'idéaliste en moi est toujours contre cette notion d'exclusivité. C'est pourquoi mes romans à titre individuel sont toujours vendus, même en anglais, sur chaque plate-forme. 

Il faut aussi savoir que je ne vends pas le coffret en français de la trilogie Ardalia, roman de Fantasy, sur les sites d'Amazon. Vous le trouverez notamment sur Kobo ou la Fnac, mais pas sur le site de Jeff Bezos. En contrepartie, j'ai donc choisi de vendre le coffret en anglais en exclu sur Amazon. 

C'est une concession que j'ai faite au pragmatique qui est en moi. 

Je vends très très peu d'ebooks en anglais sur d'autres plates-formes qu'Amazon, qui possède 75% du marché sur les ebooks aux Etats-Unis. Mes expériences avec un coffret en exclu peuvent aussi être utiles à la communauté d'auteurs. Par ailleurs, un seul coffret vendu en exclu n'est pas suffisant pour entraîner une dépendance envers Amazon.

Pour conclure sur le sujet, je dirais que, même après cette expérience du Kindle Countdown Deal que je présente ici, je ne retranche pas un mot du billet que j'avais adressé à l'attention d'Amazon

Les lecteurs de ce blog se souviennent de la promo réussie que j'avais effectuée en collaboration avec la plate-forme Kobo/Fnac sur la trilogie Ardalia en français. Elle avait donnée lieu à cette capture d'écran (cliquez sur l'image pour agrandir): 





La promo avait duré une semaine. J'avais reçu un soutien fort de la plate-forme Kobo/Fnac, avec l'équivalent de l'Offre éclair d'Amazon sur une journée, ce qui avait occasionné 63 ventes sur la journée en question, le dimanche 8 novembre 2015. 

Sur le mois complet, j'avais vendu 120 trilogies, mais une seule le mois suivant (!), ce qui ne m'avait pas permis de rentabiliser mes investissements sur les pubs Facebook. Je considère néanmoins toujours cette promo comme réussie, parce qu'elle a apporté de la visibilité à la trilogie. 

La promo Kindle Countdown Deal sur la trilogie anglaise a quant à elle eu lieu récemment, du 23 au 29 janvier 2017. 

Kindle Countdown Deal (KCD) ne représente pas une aide aussi massive que celle que j'avais reçue de Kobo, ou l'Offre éclair d'Amazon, laquelle n'est proposée qu'à des auteurs triés sur le volet. KCD est réservé aux auteurs ayant un ebook en exclusivité sur Amazon (KDP Select), et ne fonctionne que sur les plates-formes américaines et Royaume Uni.

Avec KCD, votre ebook est listé dans une catégorie spéciale d'Amazon. J'ai vérifié, mon ebook y était bien. Néanmoins, cette catégorie ne peut pas être trouvée par un lecteur sans recherche spécifique "Kindle Countdown Deal" sur le moteur de recherche Amazon. Autant dire que ce coup de pouce d'une catégorie spécifique est en réalité quasiment inexistant. 

En revanche, Amazon va indiquer, directement sur la page de vente de l'ebook, un décompte de type compte à rebours du temps restant avant le prochain changement de prix.

Ce décompte est ce qui signale une promo spéciale sur la page du livre. Ce type de signalement par rapport à une promo est unique à Amazon, et gagnerait à être utilisé par la concurrence. C'est en effet très utile, notamment grâce aux mailing lists (lecteurs abonnés), qui vont vous permettre "d'envoyer" vos lecteurs directement sur la page de vente de l'ebook sur Amazon Etats-Unis ou Royaume Uni. 

On a la possibilité de mettre différentes tranches de prix pendant la semaine de promo KCD. On n'est pas obligé de dépenser toute sa semaine de promo KCD d'un coup, on peut la répartir sur différents jours par période d'exclusivité de trois mois. Néanmoins, à mon sens c'est plus efficace d'utiliser toute la semaine d'un coup. 

De la même manière que pour la promo Kobo, j'ai baissé le prix de la trilogie à 0,99$ la plupart du temps, mais en le remontant tout de même à 3,99$ les deux derniers jours. Ces variations de prix sont permises par la promo KCD, ce qui est très utile pour étalonner les performances suivant les prix. 

Pour cette promo, j'ai principalement utilisé des sites payants préconisés par l'auteur britannique de thrillers Mark Dawson: Kindle Books & Tips le premier jour, Ereader News Today, Bargain Booksy et Bookraid le deuxième jour,  The Fussy Librarian le troisième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly les quatrième et cinquième jour. 

A mon grand regret, je n'ai pu utiliser les services de Book Barbarian, un site très utile pour la promo des ebooks de Fantasy et Science-Fiction. Il fallait s'y prendre plus de trois mois à l'avance, je n'avais pas la patience. Mais pour l'avoir déjà testé, je sais que ce site vaut les 50$ qu'il demande, pour mes romans de Fantasy en tout cas. 

J'ai aussi utilisé ma mailing list d'un peu moins de 1200 lecteurs anglophones amateurs de Fantasy, en grande majorité Américains. Si j'ai déjà obtenu autant de lecteurs abonnés anglais, c'est notamment grâce au site Instafreebie, gratuit le premier mois et coûtant 20$ par mois ensuite, et qui permet de grouper des promos avec des auteurs anglo-saxons. Le site est relié à la plate-forme de newsletter Mailchimp, ce qui est très utile.

J'ai mis un budget d'un peu plus de 300€ dans ces différents sites et sur une pub Facebook qui ciblait ma propre mailing list. A comparer avec les 200€ de ma promo de 2015. 

Le site qui m'a coûté le plus cher a été Books Butterfly: 167€. Le site est censé garantir les ventes, mais en fait, ne fournit qu'un acompte pour une prochaine promo si l'on n'atteint pas le chiffre garanti. Il n'est pas très adapté aux ebooks de Fantasy et s'est révélé décevant dans mon cas. 

Mon objectif était de vendre 200 ebooks dans la semaine, ce qui peut sembler ambitieux, mais j'avais déjà une idée des performances de la trilogie grâce à la promo Kobo, et de mon ebook anglais The Breath of Aoles, notamment sur des sites comme Kindle Books & Tips et Ereader News Today.

C'était ma toute première promo Kindle Countdown Deal, et dans un premier temps, j'ai complètement loupé le marché du Royaume Uni: si vous lancez une promo KCD, vous devez en effet définir les prix sur chaque plate-forme, américaine et anglaise, une à une. Ça n'est pas globalisé. 

Ma promo en direction des lecteurs UK n'a donc débuté que le mercredi au lieu du lundi, ce qui m'a conduit à envoyer un email d'excuses à ma mailing list. Voyons maintenant les différents résultats: 


Premier jour, Kindle Books & Tips + newsltetter 


53 exemplaires. Un bon départ compte tenu du fait que je n'avais jamais utilisé ma newsletter anglaise pour des promos uniquement sur mes ebooks: en général c'était pour des promos communes avec d'autres auteurs. Nous y reviendrons. 

Le jour suivant, l'ebook a grimpé aux alentours de la 6000ème place: 

Deuxième jour Ereader News Today, Bargain Booksy et BookRaid: 

Les ventes atteignent leur pic, 81 exemplaires. Ce qui est mieux, sur une journée, que ma trilogie française avec la mise en avant Kobo. C'est principalement dû au site Ereader News Today, mais aussi à ma newsletter, qui continue à produire des ventes. 

L'ebook entre dans le top 3000 des livres payants, sa meilleure place:  

Dans la sous-catégorie "Mythe enfance, général & autre", cela lui permet de se classer brièvement, ô joie, à la première place devant les ebooks de Rick Riordan! 


Par rapport au classement précédent de la trilogie, au-delà de la millionième place, la remontée est spectaculaire: 






A noter ce mail très classe de Book Raid, un site honnête, qui ne vous facture qu'en fonction du nombre de clics sur le lien dans leur newsletter (8 grâce à eux): 



Troisième jour The Fussy Librarian, relance de la newsletter

On descend ensuite à 22 exemplaires  (oui, la chute est rude). 

Quatrième et Cinquième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly

Des deux sites, c'est Books Butterfly qui donnera le plus de ventes. Néanmoins, avec 15 ventes le quatrième jour et 37 le cinquième, ce site ne vaut pas la somme importante que j'ai mise dedans (plus de 160€). C'est sur ce poste que je réduirai mes coûts la prochaine fois. 

Sixième et septième jour, deux bonnes surprises

Le sixième jour, alors que l'ebook est passé à 3,99 € et que je n'ai plus aucune promo sur aucun site, j'obtiens 23 ventes ce qui est une bonne surprise. L'ebook reste parmi les 7000 mieux vendus d'Amazon US.





Enfin le septième jour (le dimanche), bien que ne vendant que 7 exemplaires, j'obtiens 3312 pages lues sur KEMP, c'est à dire des livres lus via le système d'abonnement Kindle Unlimited. Cela correspond à une somme d'une vingtaine d'euros assez modeste, mais toujours bonne à prendre! D'autant que les prêts pendant la période de promo n'ont pas été aussi importants qu'espérés.



Retour sur la mailing list

Un petit retour sur les abonnés anglo-américains à mon Groupe de Lecteurs (mailing list). J'ai obtenu seulement 35% d'ouverture du mail le lundi, ce qui représente 778 personnes laissées sur le carreau.

Le mercredi, le nombre de personnes abonnées à ma newsletter est passé de 1194 à 1136! Et je n'ai obtenu que 36,2% d'ouverture du mail, ce qui représente 727 personnes laissées sur le carreau.

Le vendredi, en utilisant Mailchimp, j'ai ciblé les personnes n'ayant pas ouvert aucun des deux premiers emails, et j'ai obtenu 20,8% d'ouverture, et donc 695 personnes qui ont totalement ignoré cette campagne de promo. 

Et en termes de clics sur la page de vente de l'ebook, me direz-vous? Eh bien, 126 clics le lundi, 83 le mercredi, et tout de même 52 clics le vendredi, pour les lecteurs n'ayant pas ouvert les deux premiers emails. 

Cela fait donc 261 clics en tout pour ma mailing list. On peut évaluer à 20% le chiffre de ventes par rapport à ces clics, c'est à dire que ma mailing list m'a rapporté 52 ebooks vendus. Et croyez-moi, ce n'est pas négligeable, même si le chiffre peut sembler dérisoire par rapport au nombre initial total d'abonnés (1194). 

L'apport de la mailing list est donc très intéressant. Mais il faut voir que le service Mailchimp est pour l'instant gratuit, mais me coûtera, je crois, une vingtaine d'euros par mois au-delà des 2000 abonnés. 

Comme une bonne partie de cette mailing list est en quelque sorte une masse inerte, un poids mort, j'ai tout intérêt à faire du tri. Ma méthode va donc consister à envoyer un email avec comme sujet: "Veuillez répondre à cet email si vous souhaitez rester dans mon groupe de lecteurs". 

Et ensuite? Ecrémage. En tant qu'auteur autoédité, on ne peut pas s'offrir le luxe de payer pour des gens qui ne s'intéressent pas à vous.

L'une des leçons que je tire de cette promo, c'est de ne pas attendre que votre liste ait atteint les 2000 personnes. Il vous faut faire le tri par rapport aux personnes qui vous lisent vraiment, et le plus tôt est le mieux. L'auteur Mark Dawson fait aussi des sondages qui lui permettent de mieux connaître sa mailing list. 

Quant à la pub Facebook qui ciblait ma mailing list, elle m'a coûté 16€. J'ai très rapidement arrêté: j'ai su que je ciblais bien mon Groupe de lecteurs grâce à un "j'adore" mis par une lectrice de ma liste, mais le coût, à ma surprise, était prohibitif en regard du nombre de clics (genre plus de 2€ par clic).

Je n'ai pas essayé les Lookalike audience (audiences similaires), mais j'avoue que ma foi en l'outil Facebook n'est pas au top en ce moment. 

Ventes globales

Si j'ai attendu après le 15 février pour rédiger ce blog, c'est qu'il me fallait obtenir mon relevé de compte en provenance d'Amazon, pour connaître mes revenus d'auteur sur la période de promo. 

J'ai fait en tout 246 ventes de la trilogie, 226 aux Etats-Unis et 20 au Royaume Uni. Objectif atteint, donc.

Dans les tableaux suivants, c'est la colonne "Redevance" qui importe, car elle correspond à ce que je vais réellement toucher, et non celle "Revenu": 


En tenant compte des livres prêtés sur Kindle Unlimited, mes revenus d'auteur s'élèveront à 155€ sur la période de janvier, ce qui ne couvre évidemment pas les 300 € dépensés. 

La surprise désagréable que j'ai eue, ça a été les coûts moyens de livraison de la trilogie, qui fait plus de 1200 pages: à 0,43$ le coût moyen de livraison, si vous multipliez par 226 exemplaires, on est à 97$ (environ 94€) rien que pour le marché américain. 

A cause de ces coûts de livraison, le fait de percevoir 70% pendant la promo KCD sur des ebooks vendus à 0,99$ n'est qu'un mince avantage: chaque ebook vendu m'a rapporté 0,38 cents. 

Bref, sans ces coûts, il serait tout à fait envisageable d'avoir un retour sur investissement. 

En effet, l'effet boule de neige est plus important en ce mois de février pour cette promo KCD qu'elle ne l'avait été sur Kobo. Avec 7 ebooks vendus à plein tarif (9,99$), plus les lectures Kindle Unlimited, nombreuses, j'en suis à environ 100$ de revenus d'auteur estimés rien que pour ce mois de février (qui n'est pas encore achevé, nous sommes le 16 au moment où j'écris ces lignes).  

Donc, 155 + 100 = 255€. On n'est plus très loin d'un retour sur investissement. Je ne suis pas entièrement confiant sur le fait que celui-ci ait lieu, cela dit, les ventes se raréfiant avec le temps. 

Au final, cette promo m'a permis de cibler les sites les plus utiles pour moi. Il faudra que je fasse un sérieux tri dans ma liste d'abonnés, mais je suis relativement confiant sur le fait de rentabiliser ma prochaine promo de ce type.

Je trouve donc les outils promotionnels d'Amazon intéressants, mais je reste persuadé que le site les fait payer beaucoup trop cher aux auteurs, en réclamant l'exclusivité.

vendredi 10 février 2017

Logiciel de correction orthographique en anglais

Juste un petit mot en passant. Pour les personnes qui rechercheraient un logiciel de vérification orthographique/grammaire/syntaxe autre qu'Antidote en anglais, il existe l'Editor de Serenity. Le logiciel semble jouir d'une bonne réputation auprès d'auteurs anglais. Il existe deux versions, une à 55$, l'autre à 75$. Cliquez sur ce lien pour accéder au site de Serenity.

dimanche 15 janvier 2017

Trois ans déjà

Trois ans déjà que j'ai quitté mon CDI au Pôle Emploi pour travailler à temps plein sur l'écriture. Je ne regrette rien, et j'ai de la gratitude envers mes proches, qui ont soutenu ma démarche, et envers mes lecteurs. 

Quand je pense à ma situation d'auteur autoédité, et à cette décision de tout lâcher pour m'efforcer de vivre à temps plein de l'écriture, au fait aussi que je ne m'endette pas suite à ce choix, je repense immanquablement à cette scène du film de Pulp Fiction, à partir de 1 minute 25 dans la vidéo: 


Je me sens comme les personnages joués par John Travolta et Samuel L. Jackson après qu'on leur ait tiré dessus -- incroyablement chanceux. 

J'avais pris cette décision en décembre 2013, pas totalement par moi-même, mais à la suite de la décision du déménagement de l'agence Spectacle parisienne du Pôle Emploi, à l'époque situé dans le XIème arrondissement (rue de Malte), pour aller dans le XVème. 

J'avais eu besoin de ce petit coup de pied aux fesses du destin pour prendre cette décision. Je me souviens de m'être dit qu'en étant au pied du mur, en n'ayant pas d'autre choix, je serai forcé de faire le nécessaire pour survivre. 

Je dois reconnaître aussi qu'à l'époque, j'étais dans une situation extrêmement privilégiée par rapport à de nombreux Français, n'ayant pas de loyer à payer, et ayant remboursé mon prêt immobilier suite à certains héritages (pas le genre d'héritages qui vous rendent riche à millions, mais de ceux qui vous permettent de compléter l'achat d'un pavillon). 

Depuis ce passage à temps plein dans mon activité d'auteur autoédité, j'ai écrit et publié un recueil de nouvelles, Le Vagabond et quatre autres thrillers, j'ai travaillé sur les corrections et la publication de la traduction du Souffle d'Aoles, The Breath of Aoles, et, avec l'aide précieuse de ma correctrice anglaise Dawn Lewis, j'ai assuré la traduction des deuxième et troisième tome, Turquoise Water et The Flames of the Immolated

Bref, j'ai réalisé un rêve. 

J'ai aussi vendu, la plupart du temps en dédicace, 975 livres papier en 2014, 1167 en 2015 et 1387 en 2016. 

Il faut bien vivre. 

Tout cela demande du travail. Ecriture, relecture, mise en page des exemplaires papier, création des ebooks, investissement sur les couvertures, sur les exemplaires auprès des imprimeurs, sur la correction, la traduction (pour le premier tome de ma trilogie), les déplacements, la promotion via les pubs Facebook ou sur des sites spécialisés. Investir toujours, prendre des risques calculés, et apprendre sans cesse, se former au marketing. Et bien sûr, les signatures dans les grands centres commerciaux, entre 10h00 et 19h00 chaque semaine.

Je pourrais estimer que chaque auteur qui travaille moins que moi ne mérite pas de travailler à temps plein sur l'écriture. Je pourrais estimer que le revenu universel inconditionnel est un renoncement par rapport à la valeur travail, qu'il va favoriser les fainéants et les parasites.


Mais ce serait oublier que quelqu'un comme Manuel Valls me considère peut-être bien déjà comme un fainéant et un parasite, du moment que je ne travaille pas 10 heures par jour à creuser des piscines. 

Ce serait oublier à quel point je me sens chanceux d'être dans ma situation. 

Le revenu universel inconditionnel est un vaste sujet, que je ne résoudrai pas en quelques lignes sur ce blog. 

Il faudrait s'arrêter dans un premier temps sur ce que l'on considère comme la "valeur travail", dans un pays où le secteur industriel a quasiment disparu. Le travail me semble beaucoup plus difficile à quantifier et à évaluer dès lors qu'il devient essentiellement intellectuel et non plus physique. 

Le président de Total n'extrait pas lui-même le pétrole avec ses petits bras musclés. Les ingénieurs et techniciens qui ont mis au point les machines d'extraction, les mathématiciens qui ont mis au point les formules et algorithmes permettant la création de robots, les professeurs qui ont enseigné les mathématiques aux grands hommes, ne contribuent-ils pas davantage au PIB que le président de Total?

Combien de métiers qui n'en sont pas dans notre société? Combien de métiers très bien payés à ne rien faire, à la fois dans les grandes entreprises et dans la fonction publique? 

Ce qu'il faut traquer, c'est le gaspillage de ressources, à la fois dans le public comme dans le privé. 

Avec le revenu universel, il faut absolument considérer le verre à moitié plein. C'est pourquoi il faut le mettre en place de manière à "protéger et à émanciper les individus"

Il faut le considérer comme un investissement sur l'avenir, sur chaque Français.

Il faut considérer que la dette de la France est organisée par les grandes entreprises qui ne payent pas leurs impôts comme elles le devraient

Il faut considérer que le chômage en France est organisé par les grandes entreprises, des multinationales dont dépendent le plus souvent les milliers de PME: il faut maintenir une tension sur le travail, il faut que le chômage reste une menace pour "motiver les troupes".

Il faut aussi considérer que l'effort pour que les entreprises s'acquittent de leurs impôts doit être fait au niveau mondial et non national. Puisque l'on a affaire à des multinationales.

Les vrais parasites ne sont pas ceux que l'on croit. 

lundi 9 janvier 2017

Mutualisation de commentaires

En mars 2016, j'évoquais dans un billet intitulé Passerelles le fait que Google Books, via sa plate-forme Google Play, répercute sur ses pages d'ebooks en vente les commentaires publiés sur Babelio. Désormais, sachez que Google Play affiche aussi les commentaires parus sur le site de la Fnac. Dans ce contexte, il est extrêmement curieux que les commentaires du site Kobobooks, partenaire historique de la Fnac, n'apparaissent pas sur le site de la Fnac, et vice-versa. 



Si j'étais Michaël Tamblyn , PDG de Kobo, je serais extrêmement mécontent. Comme s'il ne suffisait pas que Kobo, et son site kobobooks.com, ait perdu son rattachement au site Goodreads et les millions de commentaires qui allaient avec, à présent, on se retrouve avec le géant Google qui récupère les commentaires que postent les clients de la Fnac sur son propre site de vente d'ebooks. 

Et ce, alors même que Kobo et la Fnac sont censés avoir un partenariat privilégié depuis l'arrivée de Kobo en France! Il y a là au minimum de quoi brouiller les cartes dans le jeu des alliances, et si l'on voit un peu plus loin, une opportunité manquée pour Kobobooks d'agréger des commentaires plus nombreux. 

La mutualisation des commentaires Fnac et Kobobooks me semble donc aller de soi, même si cela ne figurait pas dans le partenariat initial -- rien n'interdit de l'amender pour l'améliorer. 

L'Internet 2.0 progresse, et, je pense, va offrir des opportunités plus importantes pour les entreprises se montrant suffisamment agiles.

Dans l'article intitulé Passerelles, j'écrivais: "Kobo, (...), gagnerait sans doute à démarrer de nouveaux partenariats, cette fois avec des blogueurs."

Les conseils que je vais développer ici ne sont pas valables seulement pour Kobo, mais aussi pour les autres plates-formes comme Amazon ou Apple.

Une plate-forme ayant mis en place des contacts avec les auteurs indés et éditeurs est idéalement positionnée stratégiquement pour augmenter le flux des commentaires. 

En effet, la personne en lien avec les auteurs et éditeurs sur une plate-forme comme Kobo est en situation de leur proposer des partenariats livres ou ebooks gratuits en échange d'un commentaire honnête sur un blog, jouant ainsi le rôle de tierce personne si précieuse dans la relation auteurs-blogueurs.

Ce rôle de plate-forme organisatrice de relations entre blogueurs et auteurs, un site comme Livraddict l'a déjà brillamment mis en place, en proposant à des blogueurs des "pools" (groupement) de livres ou ebooks en partenariat, ce qui permet à ces blogueurs (souvent des blogueuses), de choisir les lectures les plus attrayantes, selon leur goût. 

C'est selon moi la formule la plus efficace, celle qui donne un véritable choix aux blogueurs, qui peuvent ainsi "venir faire leur marché" en toute quiétude.

Si un site de vente entrait dans ce cercle, à quel endroit les blogueurs viendraient-ils faire leur marché? Eh bien je verrais bien une section spéciale du blog Kobo, ou d'un blog Amazon par exemple. 

Je verrais bien les ingénieurs de la plate-forme de vente développer un code HTML que les blogueurs intégreraient dans leur article, code qui permettrait au commentaire de se retrouver directement sur la page du livre chroniqué sur le site de vente, en plus de figurer sur le blog.

En échange, les blogueurs qui intégreraient le code HTML auraient un lien direct vers leur blog dans la signature de leur commentaire sur le site de vente. 

Il faudrait bien sûr que la personne en lien avec les éditeurs ou auteurs vérifie que chaque blogueur réclamant un livre dispose bien d'un véritable blog de chroniques. 

Les points de tension à prévoir pour la personne chargée de la relation avec les éditeurs ou auteurs seraient bien évidemment les délais avant chaque chronique, ou le degré de satisfaction de l'auteur une fois la chronique/le commentaire posté.

Chaque acteur, auteur ou blogueur, aurait intérêt à se montrer le plus respectueux possible envers l'autre afin que l'expérience se pérennise, mais la présence du site de revente comme filtre entre les deux devrait permettre de modérer naturellement les choses.
Bon, je suis peut-être trop optimiste. Il y a peut-être, pour un site de vente, un conflit d'intérêt dans le fait de mettre en place de manière trop active un système de commentaires.

Ce conflit d'intérêt pourrait cependant être désamorcé au moins en partie par la fameuse phrase du blogueur/commentateur: "j'ai reçu ce livre gratuitement en échange d'un commentaire honnête." Ce serait en tout cas dans l'intérêt commun de tenter le coup, ne serait-ce que sur une période d'essai de six mois.
   

dimanche 1 janvier 2017

Le match Arianespace contre Space X

La société américaine Space X a célébré le 21 décembre dernier sur Tweeter le premier anniversaire de l'atterrissage sur Terre d'une fusée ayant lancé un satellite en orbite. Cette fusée, c'est la fusée Falcon 9. J'expliquais dans un billet en novembre dernier à quel point le silence médiatique en France à propos de cet événement incroyable me semblait scandaleux. En lisant un article à propos de la réutilisation du premier étage du Falcon 9, il m'a semblé entrevoir une certaine crainte du futur de la part du PDG d'Arianespace, Stéphane Israël

L'article en question, en anglais, est paru sur le site Space News en avril dernier. Cliquez ici pour y accéder. 

Bon, je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas un spécialiste des questions spatiales. Vous avez ici le point de vue d'un profane. 

Mais un profane qui s'informe, et qui essaie de démêler le vrai du faux. 

Je ne prétendrai pas non plus être un observateur neutre: bien que je salue les succès d'Arianespace, et que je suive avec grand intérêt les péripéties de Thomas Pesquet, l'astronaute français envoyé sur la Station Spatiale Internationale, je trouve clairement qu'Arianespace manque d'ambition pour l'humanité. 

La société Space X, à l'inverse, me semble avoir une démarche extrêmement volontariste dans la conquête et la colonisation spatiale. 

Et n'allez pas me dire qu'il faut d'abord régler la faim dans le monde et explorer à fond les océans avant de gaspiller de l'argent dans l'exploration spatiale. Un petit coup d’œil à l'Histoire vous prouvera que ce n'est pas ainsi que les choses se font.

La découverte de Cuba par Christophe Colomb, puis du Vénézuela par Amerigo Vespucci a clairement donné aux hommes une nouvelle perspective sur le monde, mais aussi sur eux-mêmes. 

Alors oui, au vu du comportement barbare des conquistadores, des génocides et du pillage des ressources, au vu de tout ce qu'il se passe de nos jours, il est tout à fait légitime de se demander si l'homme mérite de découvrir de nouveaux mondes. 

C'est d'ailleurs une question que je me pose à la fin de ma nouvelle Marinopolis. 

Je respecte le point de vue de ceux qui estiment que l'homme ne sera jamais prêt à découvrir d'autres planètes, et qu'il doit donc rester sur Terre. 

Mais c'est un point de vue qui me paraît fondamentalement pessimiste. On a le droit d'être pessimiste, mais l'inverse est également vrai. Je ne partage donc pas ce point de vue. Ce n'est tout simplement pas ma vision de la vie.

Sauf erreur de ma part, la clé de voûte de toute la stratégie spatiale d'Elon Musk et de Space X vient de la réutilisation des fusées envoyées dans l'espace.

Pour citer Elon Musk, le PDG (entre autres) de Space X, sur son site: Si l'on pouvait comprendre comment réutiliser des fusées comme on peut le faire avec les avions, le coût de l'accès à l'espace se trouverait réduit d'un facteur d'une centaine. Un véhicule pleinement réutilisable n'a jamais été réalisé auparavant. Ceci est la percée fondamentale nécessaire pour révolutionner l'accès à l'espace.

Dans mon article sur Space X, j'écrivais: Alors certes, tout n'est pas encore réglé. Space X doit encore prouver que les fusées qui se sont posées sont réutilisables après maintenance.

Et c'est en effet le point critique. Space X se montre extrêmement discret sur la réutilisation du premier étage de la fusée ayant atterri. La remise en état de cet étage pour un coût abordable, et surtout la fiabilité de cet étage après remise en état, est en effet un défi qui promet d'être énorme pour Space X.

Dans l'article sur la réutilisation de la fusée Falcon 9  de Space X, on trouve un extrait des propos de l'ex-adjoint de la NASA Dan Dumbacher. Il évoque le cas des SSME, les moteurs de la coûteuse navette spatiale américaine, qui se posait sur Terre une fois ses missions accomplies. Nous avons essayé de rendre ces moteurs réutilisables pour 55 vols, dit Dumbacher. Regardez combien de temps et combien d'argent nous avons investi pour y parvenir, et nous n'avions toujours pas réussi à le faire pour l'intégralité des composants des moteurs. Je veux être réaliste: Nous ne sommes pas aussi malins que nous pensons l'être, et nous ne comprenons pas l'environnement autant que nous pensons le connaître.

Un avis d'un expert, et qui a de quoi refroidir les enthousiasmes, n'est-ce pas...

Selon la société Jefferies International, si le premier étage du Falcon 9 devenait vraiment réutilisable, le prix du lancement de chaque fusée coûterait entre 20% et 40% de moins, en fonction de la redistribution à la clientèle de Space X des économies effectuées (dans le premier cas, on est sur 50% de redistribution des économies, dans le second cas 100%).

L'enjeu est donc de taille. 

L'enjeu est plus important encore si l'on considère les propos du PDG d'Arianespace, le Français Stéphane Israël, auxquels l'article fait écho. Selon lui, la société Arianespace ne sera jamais capable de réutiliser des étages des fusées Ariane, car, étant donné le prix de la remise en état des étages, il faudrait, pour en tirer un bénéfice, qu'une fusée partiellement réutilisable soit lancée 35 à 40 fois dans l'année.

Pour qu'une fusée partiellement réutilisable devienne viable, il faut donc de nombreux lancements dans l'année.

Selon l'article, Ariane 6, qui succédera à Ariane 5, devrait être lancée 12 fois par an à partir de 2023.  Insuffisant.

Par curiosité, je suis allé sur le site Spaceflightnow, où l'on voit tous les lancements prévus cette année. 

Pour les fusées Ariane, je n'ai vu que deux lancements en 2017. 

Pour les fusées Falcon 9, j'ai vu douze lancements en 2017, plus deux lancements pour le Falcon Heavy, le successeur du Falcon 9.

Maintenant si l'on prend les lancements par la société Arianespace, à Kourou en Guyane, des fusées Vega et Soyouz, et qu'on les ajoute à ceux d'Ariane, on arrive à 10 lancements dans l'année. On est toujours loin du compte.

J'ai fait quelques recherches sur le net, et je ne suis pas parvenu à trouver d'agenda de lancements de la fusée Ariane, que ce soit sur le site de l'ESA, European Space Agency, l'Agence spatiale Européenne, ou sur des sites dédiés à Ariane. 

Sur le site dédié aux missions de Space X, j'ai vu 42 lancements prévus de Falcon 9 et de Falcon Heavy cumulés, en comptant les missions de réapprovisionnement de la station spatiale internationale. Seulement, aucune date n'est indiquée. 

Je pense que le flou sur les dates de lancement est intentionnel de la part d'Arianespace comme de Space X. L'ambition de la société Space X, cela dit, me semble évidemment transparaître dans son programme de lancement, même s'il n'y a pas de dates. 

Il faut savoir que les dates de lancement sont souvent reportées en raison de difficultés techniques ou météo. 

On voit tout de même que le marché intérieur des lancements aux Etats-Unis est beaucoup plus important qu'en Europe. C'est ce qui fait penser à des personnes comme Stéphane Israël que le coût de réutilisation des fusées n'est pas un objectif atteignable pour une société européenne. 

C'est aussi ce qui me fait détecter une certaine crainte dans les propos du même Stéphane Israël: Space X ne peut manquer de vouloir mener une politique très agressive de lancement de satellites pour rentabiliser son programme de réutilisation, politique qui va aller au détriment d'Arianespace. 

Je signale tout de même au passage qu'une grande incertitude existe par rapport à la politique spatiale de Trump et de son gouvernement. La Nasa reste un client incontournable d'Elon Musk, et je pense que cette incertitude pèse sur l'avenir de Space X. 

Alors, que tirer de toutes ces informations? 

Désolé de devoir le dire ainsi, mais les propos de Stéphane Israël comme la politique d'Arianespace semblent défaitistes au profane que je suis. 

Pourquoi? Parce que ce n'est qu'en réussissant dans un premier temps à faire se poser une fusée au sol après mise en orbite que l'on va être en mesure de déterminer le coût de sa remise en état. 

La société Space X dispose de vraies données en ce sens. Les évaluations de Stéphane Israël par rapport au coût de la remise en état d'un étage, en l'absence de données, me semblent relever du pifomètre. 

Ce n'est qu'en réussissant dans un premier temps à faire se poser une fusée au sol après mise en orbite que l'on va pouvoir déterminer, au moment de la construction de l'étage en question, quels secteurs renforcer, quelles contraintes s'appliquent, comment protéger au mieux les différents composants, comment les fabriquer. 

Certes, selon Dan Dumbacher, de la NASA, c'est super difficile et coûteux de protéger ces composants. Mais on ne peut y parvenir que si on essaye. Il n'y a pas d'autre choix si l'on veut baisser le coût du voyage spatial, et il n'y a pas d'autre choix que de baisser le coût de voyage spatial si l'on veut faire de l'exploration, et en particulier de l'exploration humaine. 

Tout cela passe par beaucoup d'investissement dans la recherche et le développement, des domaines qui sont, il me semble, beaucoup plus le point fort de Space X que d'Arianespace. 

Derrière chaque entreprise, il y a un esprit, une philosophie. Je suis désolé, mais l'esprit d'Arianespace me semble très éloigné de l'esprit des pionniers.

L'état d'esprit que je perçois chez Arianespace est attentiste: on attend que Space X prenne les risques, en croisant très fort les doigts pour qu'ils mettent leurs résultats en open source, afin de pouvoir devenir compétitif le moment venu.

C'est l'esprit pionnier, l'esprit de conquête, à mon avis, qui manque à la société européenne, bien davantage que les moyens financiers.


lundi 12 décembre 2016

L'Art intemporel de la Dédicace

On m'a récemment suggéré d'écrire un article à propos des séances de dédicace. En y réfléchissant je me suis dit: "qui suis-je pour donner des conseils sur les dédicaces?" Certes, depuis 2010, date de sortie du Souffle d'Aoles, j'ai signé plus de 5500 exemplaires de mes livres, mais je connais des auteurs francophones issus de petites maison d'édition qui font nettement mieux que moi. Pas des méga stars, des auteurs dont les problématiques sont très proches de celles d'un auteur autoédité. Je me suis alors souvenu d'un article d'un autre auteur que j'avais lu il y a quelques années. L'art de la dédicace étant intemporel, c'est cet article, toujours d'actualité, que j'ai décidé de traduire ici. L'auteur s'appelle Joe Konrath, et il a vendu 120 exemplaires en dix heures dans une librairie, là où mon record personnel est de 70 en deux jours (40 sur une journée). 

Oui, je sais. Vous allez me dire que Brandon Sanderson, auteur comme moi de Fantasy, a signé plus de 1000 exemplaires de A Memory of Light en une journée. Et il est possible que le recordman des dédicaces en ait signé plus sur une journée que moi en 7 ans (j'ignore quel est le record). 

Mais vous conviendrez que le cas de Brandon Sanderson est tout de même un peu particulier, puisque avec A Memory of Light, il mettait un terme à la série de Fantasy la Roue du Temps, de Robert Jordan, qui compte plus de 30 millions de lecteurs. C'est peu dire que l'ultime tome était attendu...

Joe Konrath en juin 2006, date de parution de l'article que je traduis ci-dessous, en revanche, était beaucoup plus proche du cas de figure d'un auteur autoédité. Il avait bien sûr un éditeur dans cette période, il n'avait pas à transporter les livres dans sa voiture, ni à les stocker dans son garage, mais c'était tout de même lui qui assurait l'essentiel du travail de promo.

Il y a peut-être des exemples d'articles de blog au sujet des dédicaces d'auteurs francophones, et qui ne soient pas des méga stars, plus efficaces que Konrath. N'hésitez pas à me signaler les liens en commentaire.

Je trouve personnellement que 120 livres papier vendus en dix heures par un auteur inconnu du grand public, c'est bien, mais peut-être que je me trompe.

Mes commentaires dans l'article ci-dessous apparaissent entre crochets. 

L'article en question étant un chouïa long, j'ai décidé de ne traduire que le cœur du sujet, intitulé: 

Comment faire d'une désastreuse séance de dédicace un succès - Joe Konrath

Nul aspect du boulot d'un écrivain n'offre plus d'occasion d'euphorie (et d'anxiété) que la signature de livres. Mais comment ces événements se déroulent-ils vraiment?

Le Rêve. Votre charmante hôtesse vous prend à l'aéroport et vous conduit en voiture à la plus grande librairie de tout l'état [Joe Konrath est un auteur américain, NDLT]. Elle vous apprend qu'ils ont annoncé l'événement dans trois journaux locaux et à la radio. Quand vous arrivez, il y a une centaine d'admirateurs qui attendent déjà. Vous rencontrez l'équipe excitée et vous asseyez derrière une table approvisionnée d'une énorme pile de livres, sous un poster géant en couleur de votre couverture. Vous lisez un chapitre à voix haute, recevez des applaudissements tonitruants, et faites un rapide Questions/Réponses avant de signer pendant une bonne heure et demie, les gens attendant patiemment le long d'une file infinie pour vous dire à quel point ils vous aiment.  

La Réalité. Vous arrivez dans la librairie avec dix minutes d'avance. Il n'y a pas de foule d'admirateurs -- il n'y en a pas même un seul. Pas de poster, pas d'indications, nulle table emplie de livres. Les employés vous dévisagent comme si un second nez vous avait poussé lorsque vous leur dites que vous êtes l'auteur et que vous êtes là pour signer. Finalement, vous persuadez quelqu'un de vous aider, et il ou elle déterre un carton de vos livres et vous installe une petite table à l'arrière de la boutique, à côté des toilettes. Vous restez assis là deux heures, chaque seconde durant une éternité. Les gens font de leur mieux pour éviter tout contact oculaire quand ils passent. Certains s'approchent et vous demandent où trouver le Da Vinci Code. Il y en aura toujours un pour venir et dire, "Donc vous êtes un auteur? J'ai plein d'idées. Que diriez-vous que je vous les communique, vous les écrivez, et on partage les millions?" Personne n'achète un livre. C'est rabaissant, humiliant, décourageant, et vous faites le serment de ne plus jamais refaire cela.

Le Plan. Mais ça n'a pas à se passer comme ça. Avec la préparation idoine, une touche de confiance en vous-même, vous pouvez très bien vous débrouiller en séance de dédicace, même si votre nom n'est pas Clancy. Voici comment.

Un mois avant l'événement. Réservez la séance vous même soit en appelant, soit en passant dans la librairie pour parler à un directeur ou à un coordonnateur d'événements [chef de rayon livres]. 

Souvent la librairie n'est pas très réceptive -- les événements avec des auteurs ne se passent jamais bien. Persuadez-les que ça marchera pour vous, parce que vous avez une manière différente de faire les choses. 

Si vous êtes avec un petit éditeur, vos livres peuvent être difficiles ou impossibles à commander. Offrez de leur apporter et donnez au libraire la marge standard de 40% [perso, je donne 20% aux grandes surfaces ne pratiquant pas la remise de 5%, et entre 25 et 30% aux autres].

Si vous êtes avec un gros éditeur, celui-ci peut refuser de payer à la librairie l'argent du placement en commun ["co-op"] (les éditeurs rémunèrent les libraires pour accueillir des événements, souvent entre cinquante et plusieurs centaines de dollars).

Si c'est le cas, la librairie ne sera pas autorisée à vous accueillir en signature. Dites-leur que vous ne ferez pas une signature officielle, mais que vous passerez juste pour signer des exemplaires en réserve. Assurez-vous alors d'avoir au moins vingt exemplaires disponibles. [Section non valable pour des auteurs autoédités, qui viennent avec leurs livres.]

Deux semaines avant l'événement. La publicité vous revient. Faites un flyer, ou prospectus, présentant la date et l'horaire de signature, la couverture de votre livre, et quelques citations élogieuses ou descriptifs [blurbs]. Envoyez 100 exemplaires de ces flyers au libraire. 

Indiquez l'événement sur votre site d'auteur et dans votre newsletter, avec l'adresse et le numéro de téléphone du libraire. 

Si ce n'est déjà fait, faites une grande affiche de votre livre et une indication "SIGNATURE D'AUTEUR AUJOURD'HUI". Souvent, votre éditeur le fera pour vous. Demandez-le lui simplement lorsque vous recevez l'image de couverture de votre livre. Vous pouvez aussi en faire faire des copies digitales [comme Poster XXL]. 

Trois jours avant l'événement. Appelez le libraire et assurez-vous qu'il ait des exemplaires de votre livre. Si ce n'est pas le cas, rappelez-lui que vous pouvez apporter vos exemplaires [ce qui sera de toute façon le cas si vous êtes auteur autoédité]. 

La plupart des auteurs obtiennent des exemplaires soldés par leur éditeur. Au lieu de cela, je vous suggère de vous rapprocher d'un libraire indépendant local, et de demander à la personne si elle peut vous vendre des exemplaires soldés à 40%. De cette manière, ils compteront en tant que droits d'auteurs. 

Comment devenir l'ami d'un libraire indépendant local? Faites-en votre base d'opérations, et faites en sorte que quiconque qui veut un exemplaire dédicacé passe par lui. Utilisez-le aussi pour le lancement de votre livre -- après cela il sera content de vous aider. 

Jour de l'événement. Assurez-vous d'avoir l'essentiel; 100 cartes de visite avec votre site d'auteur dessus, des prospectus présentant des descriptifs et critiques, des bonbons à la menthe (pour que votre haleine reste fraîche), de l'eau en bouteille (s'hydrater est important) et un porte-nom avec la mention "AUTEUR".

Habillez-vous. Tenue professionnelle décontractée ou mieux. Rasé, baigné, peigné, maquillé et sentant bon. 

A votre arrivée. Présentez-vous quinze minutes à l'avance pour vous installer. Votre première directive est de vous présenter à CHAQUE employé de la librairie. Serrez leurs mains. Donnez-leur une carte de visite signée. Dites-leur brièvement de quoi parle votre livre, et faites-leur savoir que vous serez là pendant quelques heures.

Apportez de la pizza ou des donuts [beignets] pour l'équipe. Les employés sont habitués à être snobés par des gros bonnets d'auteurs. Soyez un gros bonnet qui les apprécie, et ils deviendront les champions de vos livres pour la vie.

Installez-vous. Parfois le libraire a déjà mis en place une table pour vous. Essayez d'en obtenir une dans l'entrée de la boutique. Sinon, pas de problème -- vous pouvez vous débrouiller autrement. 

Mettez vos prospectus et quelques cartes de visite sur la table, et accrochez votre affiche à un endroit proéminent. Assurez-vous de disposer vos livres de manière attirante. 

Un employé pourrait vous offrir une chaise. Répondez-lui gentiment que vous n'en avez pas besoin -- vous vous tiendrez debout pendant toute la durée de la séance.

Prêt, Feu, Partez! Si vous êtes chanceux, certaines personnes peuvent être venues vous voir. D'habitude ce n'est pas le cas. Vous êtes un nouvel auteur, un inconnu. Tous vos amis et votre famille ont déjà acheté votre livre. Même si l'événement a fait l'objet d'une publicité et d'annonces massives, iriez-vous voir un auteur dont vous n'avez jamais entendu parler auparavant?

Personne d'autre n'ira non plus. 

La seule manière que vous aurez de bouger votre camelote sera au travers de votre détermination, personnalité, et courage. 

Revêtez votre sourire, décollez votre main, et tenez-vous prêt à accueillir CHAQUE PERSONNE qui entre dans la librairie. 

Est-ce que ça vous terrifie? Ça ne devrait pas. Les gens sont enthousiastes quand ils rencontrent des auteurs. Vous êtes une célébrité mineure. Tout le monde aime rencontrer des célébrités.

Ne vous inquiétez pas d'être rabroué ou ignoré. Vous avez eu affaire au rejet auparavant. Vous êtes un écrivain, et le rejet est une partie du business. 

L'Approche. Les gens seront préoccupés en entrant dans la librairie. Certains sont en mission pour acheter le nouveau Harry Potter, ou le dernier exemplaire de Flingues et Munitions [Guns and Ammo]. Certains seront là pour parcourir des genres autres que celui dans lequel vous écrivez. 

Mais tous les gens, peu importe leur raison d'être là, répondront lorsque vous vous présenterez et offrirez de serrer des mains. 

J'utilise l'une de ces deux lignes: 

"Etes vous un fan de polars [mystery]? Je suis un auteur de polars." ou "Bonjour, je suis un auteur. Aimez-vous les thrillers?"

Il est extrêmement rare qu'une personne ignore une main tendue -- ça ne m'est arrivé que trois fois, et j'ai serré des milliers de mains. 

Le Pitch [présentation courte]. Si j'obtiens un oui à l'une des questions au-dessus, je me lance dans mon pitch.

"Mon nom est JA Konrath. J'écris une série de polars au sujet d'un flic de Chicago nommée Jack Daniels. Jack est le raccourci de Jacqueline, et elle a la quarantaine, divorcée, et sa vie personnelle est une catastrophe, mais elle est super dès qu'il s'agit de son boulot. Elle chasse des tueurs en série."

Si la personne est toujours intéressée à ce stade (le premier sur les cinq) je poursuis:

"En fait le livre est très amusant, similaire à Janet Evanovich ou Dave Barry. Mais il a aussi un côté plus sombre, une sorte de James Patterson ou Hannibal Lecter/Le Silence des Agneaux. Donc, ça va de plié en deux de rire au carrément flippant -- vous voudrez allumer les lumières et vous assurer que les portes et fenêtres sont fermées tout en lisant."

Il est important de maintenir le contact oculaire et de continuer à sourire. Puis concluez votre pitch. 

"Whiskey Sour est le premier livre d'une nouvelle série. Le deuxième est Bloody Mary. Ils ont remporté plusieurs récompenses et sont apparus sur certaines listes des bestsellers. J'adorerais vous dédicacer un ou deux exemplaires -- et si ça vous plaît, je peux sortir la dédicace sur Ebay."

Détendez-vous et Soyez Décontracté. Personne n'aime qu'on lui mette la pression sur les ventes. Vendre n'est pas forcer les gens à acheter quelque chose qu'ils ne veulent pas. Il s'agit de trouver les personnes qui recherchent votre produit.

Et oui, les livres sont des produits. Publier est un business. Retirez la casquette d'artiste, et enfilez celle de commercial. Si vous êtes timide, ou n'avez qu'une piètre estime de vous-même, prenez des cours de discours public. Le mieux vous parlerez aux gens, le plus loin vous irez dans cette carrière. 

La Remise. Tout en baratinant, je leur tends le livre. Cette connexion est importante. Tenir quelque chose implique la possession, et vous voulez qu'ils regardent la couverture, lisent la jaquette, et commencent à penser à ce livre comme au leur. 

Les Ajustements. Je customise le pitch en fonction des intérêts de la personne. Souvent je pose des questions. Parfois je réponds à des questions. J'ajuste le pitch à l'individu (si le client aime les romances, je mets en valeur la fin romantique. S'il aime les thrillers, je minimise la comédie, etc.).

Le Rejet. La plupart des gens ne seront pas intéressés, même après avoir écouté votre magnifique pitch. Ça ne veut pas dire que vous deviez tout de suite passer à quelqu'un d'autre.

Tendez-leur un prospectus pour qu'ils le regardent, faites un autographe sur une carte de visite ou un marque-page, et demandez-leur de le remettre à quiconque qu'ils connaissent étant fan de votre genre de livres.

Remerciez-les pour leur temps, et mentionnez que c'était super de les rencontrer. Faites-leur aussi savoir que vous serez dans le coin pour un moment, s'ils décidaient qu'ils veulent une dédicace. 

Souvent les gens reviennent. Parfois lorsque vous êtes là. Parfois plusieurs jours après. [dans ce cas si vous êtes auteur autoédités, ils ne trouveront pas votre livre en librairie, et il y a très peu de chances qu'ils le commandent. Même s'ils le font, il n'est pas dit que le libraire retrouve votre livre. Mais cela dit, ce type de ventes n'est à mon sens pas suffisant pour compenser les faibles droits d'auteur d'un auteur traditionnellement édité.] 

L'Acceptation. S'ils achètent un exemplaire, soyez authentiquement reconnaissant. Il m'est arrivé une fois de faire une séance avec un auteur qui a grommelé "je déteste dédicacer des livres" devant la personne pour laquelle il signait. La mâchoire du fan a heurté le sol. Je ne recommande pas cette approche.

Remerciez le client de vous avoir donné une chance, et demandez-leur pour qui ils souhaitent que vous personnalisiez le livre. Demandez-leur TOUJOURS d'épeler le nom, même si c'est "Kim" (j'ai eu un Kymm une fois).

Puis remerciez-les, serrez-leur de nouveau la main, et délivrez-leur votre plus large sourire. 

Recruter l'Equipe. Les grandes chaînes feront souvent des annonces micro. Demandez-leur s'ils peuvent vous annoncer toutes les demi-heures, ou si vous pouvez vous-même faire les annonces micro. 

"Aujourd'hui nous avons l'auteur local JA Konrath -- c'est moi -- qui signe des livres de la série Jack Daniels. J'encourage tout le monde à venir devant le magasin et à dire bonjour. Les livres dédicacés font des cadeaux formidables pour la famille, les amis ou vous-mêmes."

Si l'équipe vous aime vraiment (et si vous leur avez apporté de la pizza, ce sera le cas), demandez s'ils peuvent faire circuler des prospectus, ou marcher aux alentours en tenant des exemplaires de votre livre, et en dirigeant les habitués vers votre table. 

Est-ce que Ça Marche? Habituellement, 1 personne sur 5 auquel je délivre mon pitch achètera le livre. Et je délivre mon pitch à plusieurs douzaines en une heure -- cela dépend de l'affluence dans le magasin. 

J'ai fait une séance samedi dernier, et ai vendu 40 livres à couverture rigide [les plus chers] en 6 heures. La semaine d'avant j'ai fait 40 livres en 8 heures (le magasin n'était pas aussi rempli de monde). La semaine d'avant, 60 livres en 8 heures. Mon record est de 120 en dix heures. 

Ce n'est pas évident de faire en sorte qu'un étranger se sépare de 22$ [je vends mes propres livres entre 14 et 24 €]. Parfois il y a des tensions quand j'approche 30 personnes et ne peut vendre un seul livre. C'est décourageant, déprimant, et juste parfaitement horrible.

D'autres fois, je vendrai cinq livres en trois minutes -- une personne l'achète et d'autres viendront rôder pour vérifier ce qu'il se passe.

A ce jour, en utilisant cette méthode j'ai vendu de la main à la main 2000 livres.

Temps de Partir. C'est à vous que revient le choix de la durée de la séance. Je pense que quatre heures est un minimum, et si le magasin est vraiment rempli, je resterai six heures ou plus.

Quand vous êtes finalement prêt à partir, vous devriez une fois encore remercier les libraires -- ils vous ont vu vous bouger les fesses et sont de votre côté.

Si vous n'avez pas vendu chaque exemplaire, demandez à signer ce qui reste en stock, et placez des autocollants qui disent "signé par l'auteur" [non valable pour un auteur autoédité, qui repart avec les invendus]. 

Si la boutique n'a pas d'autocollants, utilisez ce que vous avez emprunté en provenance de votre dernière séance de dédicace -- les employés ne devraient pas être opposés à ce que vous en preniez en plus, et vous devriez toujours avoir des autocollants en surplus sur vous, en provenance de divers magasins.

Si vous avez amené vos livres, ne demandez pas à être payés immédiatement -- ce n'est pas bon pour le business. Laissez vos coordonnées et faites leur savoir qu'il peuvent vous envoyer un chèque par la poste [la chaîne Cultura préfère les virements, mais dans ce cas soyez vigilant]. 

Le plus important, demandez à revenir dans un mois ou deux. Je visite les magasins locaux cinq fois par an. Les livres dédicacés marchent vraiment bien pendant les vacances. 

Rester Positif. Chaque fois que j'entre dans une librairie et voit ce gros tas de mes livres, je me sens un peu malade à l'intérieur. Je n'arriverai jamais à les vendre tous, je me dis. Personne ne viendra dans le magasin. Les gens vont m'ignorer. Mon pitch est minable et ne marchera pas. L'équipe se moque de moi derrière mon dos. Je suis un écrivain, pas un commercial. 
Et puis je me rappelle que la Grande Muraille de Chine s'est construite une brique après l'autre, et c'est ainsi que je vends mes livres -- un par un.

Chaque livre que vous vendez de la main à la main est un livre qui ne se serait jamais vendu sans vos efforts. 

Chaque personne que vous rencontrez est susceptible de parler de vous à d'autres. 

Chaque lecteur qui devient un fan deviendra un fan pour la vie et se souviendra de la fois où il a serré votre main.

Chaque librairie que vous visitez aura des employés qui vous vendront pendant des semaines, des mois, et même des années après votre départ.

Dans mes remerciements à la fin de mon dernier livre, j'ai une liste d'une douzaine de libraires que je remercie, parce que chacun d'entre eux à vendu de la main à la main au moins vingt exemplaires de mon premier roman. 

Dans mon prochain livre, je remercierai plus de cinquante libraires. L'un d'entre eux en particulier m'a aidé à vendre 300 livres à couverture rigide à un endroit. J'ai nommé l'un de mes personnages d'après son nom dans mon troisième livre.

Votre Objectif. Il n'y a aucune raison pour qu'une séance de dédicace soit une expérience stressante, déplaisante. En réalité c'est l'un des moyens les plus économiques, les plus efficaces de bâtir votre carrière. 

C'est votre nom sur la couverture du livre, et c'est votre boulot de le vendre. Les ventes c'est comme l'écriture -- plus vous en faites, le meilleur vous devenez, le plus de succès vous obtenez. Maintenant à toi de jouer, le tigre!

Six Clés pour un Pitch réussi de Librairie

1. Présentez-vous avec le sourire.
2. Expliquez le postulat du livre, le décor, et le personnage principal en quelques secondes. 
3. Comparez votre livre à des livres bien connus que le lecteur reconnaîtra (c'est comme une version jeunesse du Silence des Agneaux...)
4. Posez au client une question. (Qui aimez-vous lire? Pour quel livre êtes vous rentré ici?)
5. Offrez de signer et de personnaliser un exemplaire pour lui. 
6. Remerciez-le, qu'il achète le livre ou pas.

Le Kit de Survie d'une Séance

  • En-cas pour les employés de la librairie
  • 3 Bons Stylos
  • 100 cartes de visites
  • 50 prospectus
  • Affiche de couverture du livre
  • Un panneau indiquant "L'auteur Signe Aujourd'hui"
  • Bonbons à la menthe (le chewing-gum énerve les gens)
  • Bouteille d'eau
  • Autocollants supplémentaires "Exemplaire Dédicacé"
  • Un Grand Sourire et une Bonne Attitude      
Blog de Joe Konrath

vendredi 25 novembre 2016

Mes livres référencés par Expressediteur.com

Plus d'excuses! Les libraires peuvent désormais passer par le site expressediteur.com pour recevoir mes livres en 48h, avec optimisation des frais de port et une remise fixe de 35% sur le prix de mes livres. Pour cela il était nécessaire que mes livres soient référencés Dilicom et Electre, ce qui est le cas. 

J'ai déjà dit sur ce blog que je conseillais de réduire le nombre d'intermédiaires entre les lecteurs et l'auteur autoédité, et je ne renie pas ce conseil pour ce qui est du livre numérique, ou ebook. 

Le livre papier obéit à des lois différentes. On peut bien sûr appliquer ce conseil de réduire les intermédiaires en dédicaçant soi-même ses livres, et c'est ce que je fais avec suffisamment de succès pour en vivre à plein temps. 

Mais d'un autre côté, je constate encore et toujours que les commandes de libraires sont vraiment rares. Pire: il m'est arrivé, en arrivant dans un Cultura avec lequel je travaille régulièrement, que la libraire repère une commande pour un de mes livres datant de plusieurs mois auparavant, commande qui n'avait pas été transmise aux Editions Emmanuel Guillot (mon alter ego davantage orienté édition qu'écriture, ce qui, j'imagine, fait de moi un être plutôt schizo, lol).

Je suis persuadé que ce n'est que le sommet de l'iceberg: d'autres commandes de libraires ne me sont sans doute jamais parvenues, n'ayant pas été jugées prioritaires, en particulier dans les périodes de fêtes où les commandes sont nombreuses. 

Le but de mon partenariat avec expressediteur.com est donc avant tout de rassurer les libraires en leur suggérant un partenaire fiable.

Mais pourquoi ce choix d'Express editeur, me direz-vous, alors que la marge sur chacun de mes livres imprimés à la demande est très forte, 45%. 

Parce que :

- Express éditeur dépend de la Générale du livre, duquel dépend la Générale libr'est, librairie avec laquelle j'ai déjà travaillé à plusieurs reprises, qui m'a commandé des livres en compte ferme, et avec laquelle tout s'est bien passé
- chaque commande est une commande en compte ferme, et le virement (paiement) est effectué par Express éditeur sur mon compte avant même que je n'envoie les livres
- je n'ai pas à régler les frais de port, puisque Express éditeur m'envoie une étiquette prépayée à imprimer
- mes seuls frais supplémentaires consistent donc à acheter des enveloppes à bulles, ce que recommande d'ailleurs Express éditeur

Je ne vais pas vous mentir, je n'attends pas monts et merveilles de ce service. Je sais que les commandes vont rester rares. En fait, si les commandes devaient être quotidiennes, cela voudrait aussi dire des visites quotidiennes à la Poste, et moins de temps pour écrire, donc je ne me plains pas.

Si j'ai choisi d'utiliser ce service, c'est donc non seulement pour augmenter mes ventes, mais aussi pour rendre service à la fois aux lecteurs et aux libraires. 

Combien vais-je toucher sur un livre vendu 21€? Je dirais entre 5 et 6€, après déduction de la marge, du prix de l'enveloppe et de celui du livre.

Si vous êtes lecteur et qu'un libraire n'arrive pas à commander mes livres, demandez-lui donc de se connecter sur le site expressediteur, et de passer sa commande à partir de ce site.

De nombreux lecteurs tiennent en effet à préserver le métier de leur libraire, et c'est tout à leur honneur.

En dehors des séances de dédicace, il n'a pas été simple pour moi de trouver des points de convergence avec les libraires, et ce site, Express éditeur, me semble vraiment être une solution adéquate et sécurisée pour les deux parties.

Alors, il est vrai que les auteurs autoédités, en principe, ne peuvent être référencés Electre. Je ne sais pas si c'est le nombre de mes ventes, le fait que je travaille avec une trentaine de centres commerciaux spécialisés on non dans les livres, mon ancienneté ou ma volonté de tendre vers le professionnalisme qui ont fait accepter mes livres, ou bien un peu de tout cela à la fois. 


Je pense simplement que si un auteur autoédité tend vers le professionnalisme, il ne faut pas désespérer, ses efforts seront reconnus par au moins une partie de la profession.