vendredi 18 août 2017

Interdépendance

On assiste en ce moment à un énième épisode d'hystérie médiatique à la suite des attentats à Barcelone et à Cambrils (Catalogne). Rien de tel que les médias, en particulier audiovisuels, pour transformer ce qui est une piqûre de moustique, à l'échelle de la société, en une charge de rhinocéros. En réalité, le véritable rhinocéros dans la pièce, ce n'est pas le terroriste, mais bien cette charge émotionnelle, relayée et amplifiée à outrance par les médias. Mais les journalistes sont-ils les seuls coupables? Sans demande, il n'y a pas d'offre. J'ai envie de me pencher aujourd'hui sur les questions d'interdépendance dans notre société. 

En écoutant cet été l'ancien journaliste Claude Sérillon évoquer devant Laurent Ruquier, de France 2, la violence professionnelle de France Télévision, et n'être contredit par aucune des personnes présentes sur le plateau d'On n'est pas couché, je me suis dit que les plus grands adeptes du média bashing ("taper sur les médias") étaient soit d'anciens journalistes, soit des journalistes en fonction. 

C'est le même type de réflexion que je me fait lorsque je tombe sur Internet sur un commentaire de livre particulièrement virulent, commentaire en provenance d'un auteur. Les plus grands adeptes de l'auteur-bashing sont des auteurs.

Claude Sérillon disait notamment que le journalisme qu'il avait tenté de favoriser à son époque, à l'instar de Bernard Rapp, était davantage un journalisme de grands reporters plutôt que de faits divers. 

Imaginez maintenant, si Claude Sérillon est déjà aussi critique envers la presse en étant interviewé à la télé, à quel point il doit l'être encore plus dans le privé. Cela laisse songeur.

On me pardonnera donc d'avoir une petite dent contre les médias, puisque j'ai moi-même été journaliste pendant 8 ans. Quand on a été formé sur un métier, on se fait toujours une idée de ce que devrait être ce métier.

Pour revenir sur la situation actuelle, quels sont ces attentats auxquels on assiste, si ce n'est des faits divers un peu particuliers, car mis en œuvre de manière à pouvoir être facilement montés en épingle. 

La recette est connue:

- s'en prendre à l'autorité sous toutes ses formes: militaire, gouvernementale, religieuse
- choisir un haut lieu touristique
- frapper au moment où l'on ne s'y attend pas, en étant prêt à se sacrifier, en faisant le plus de victimes possible, et de la manière la plus spectaculaire

Ces attentats doivent provoquer des réactions émotionnelles fortes. Le fait que j'écrive cet article, et donc que je me distancie de la révolte que m'inspire ces attentats, ne doit pas faire croire que cette révolte est absente chez moi, ni que je suis insensibilisé par rapport à la réalité. 

Si je prends mes distances, ou, pour forcer le trait, si je fais l'autruche, c'est consciemment. J'ai bien sûr une pensée pour les victimes. Le risque serait en effet de tomber dans l'excès inverse, et de se transformer en robots.

J'ai déjà évoqué, dans l'article Terrorisme médiatique, l'interdépendance entre les médias et les terroristes. En tant qu'auteur, je suis bien placé pour savoir que l'une des clés d'une histoire réussie est d'avoir un méchant réussi. Or, pour les journalistes, qui, tout comme les politiques, se servent du storytelling (raconter une histoire) afin d'améliorer l'audience, et donc les revenus publicitaires, quels plus parfaits anti-héros que les terroristes? 

Ces mêmes terroristes qui, en tant que stars de cette télé-réalité d'un nouveau genre, se nourrissent aussi, même de manière anticipée, ou de manière collective pour leur clan, de cette sur-médiatisation.

Etant donné les effets pervers que cela occasionne, je ne saurai trop conseiller au grand public de se lancer dans la lecture d'un bon bouquin, plutôt que de rechercher cette actualité morbide, aussi fascinante en apparence soit-elle. La réalité devient invasive et dangereuse quand on essaie d'en faire une histoire dans les actualités. En particulier quand c'est une réalité violente, choquante.

C'est cette interdépendance entre les médias et le public qui me tient aujourd'hui à cœur. Il faudrait demander à un psy ce qui se passe dans la tête des gens quand ils regardent des infos dramatiques, mais je ne crois pas me tromper en disant que, par empathie, le public ressent une bonne part de la détresse et du chagrin des victimes.

Cette "messe médiatique" du 20 heures se transforme donc souvent en une séance de flagellation.

C'est bien sûr à dessein que j'emploie des termes religieux. Je pense que si la notion de Péché Originel a aussi bien marché dans la religion chrétienne, c'est que nous avions un terreau propice dans nos cœurs de femmes et d'hommes (pourquoi mettre toujours les hommes en premier?).  

Recherche de spiritualité, recherche d'autorité d'un côté, et de l'autre, processus de culpabilisation, puis ensuite de soumission, et enfin de manipulation, je pense que c'est à peu près dans cet ordre que les choses doivent se faire. 

Non pas que toutes les religions soient négatives, tel n'est absolument pas mon propos. Mais la religion mal comprise a pu être un outil de domination.

Le fait, pour l'être humain, de culpabiliser, est à la fois une supériorité et une faille. Une supériorité, car cela nous permet de nous remettre en cause, et corriger des erreurs. Une faille, parce qu'en faisant porter le poids d'une culpabilité trop lourde, cela permet de dominer et de diriger. 

Méfiez-vous de toute doctrine ou système de pensée qui vous fasse culpabiliser en tant qu'être humain, car c'est un point de vulnérabilité susceptible d'être exploité. 

Est-ce pour autant que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes? Non, le verre à moitié vide existe. Le huitième continent formé par les déchets, le réchauffement climatique, le péril écologique, les tortures humaines, les tortures animales, tous les maux de ce monde. Les causes à défendre sont innombrables.

De la même manière que pour moi, l'homme doit mener de front lutte contre la faim dans le monde et conquête spatiale, il doit aussi lutter de front contre les tortures faites aux hommes et aux animaux. 

Pourquoi? Parce que des sujets aussi différents peuvent se retrouver liés, interconnectés. Pour moi, le mot de cette année 2017 est "interdépendance".

jeudi 10 août 2017

Dix mille

Quand on est auteur, toutes les occasions sont bonnes pour boire un coup! Blague à part, je suis heureux d'annoncer aujourd'hui avoir dépassé les 10 000 livres et ebooks vendus en autoédition en ce mois d'août, et ce depuis l'année 2010 (l'année de sortie du Souffle d'Aoles, roman de fantasy). Je tiens à remercier mes proches, qui m'ont soutenu tout du long, mes lecteurs, pour leur fidélité, et bien sûr mes partenaires, libraires et plate-formes de vente. Le chemin aura été escarpé, avec des hauts et des bas, mais comme tout chemin de montagne, c'est ce qui en fait la beauté.

On a beau vouloir être indépendant, et s'autoéditer, il faut bien reconnaître que c'est du travail d'équipe. 

Sans le soutien de mes proches, et en particulier de mon épouse, je n'en serais pas là aujourd'hui. 

Sans les partenaires avec lesquelles je travaille, centres culturels et centres commerciaux en Ile de France, plates-forme de vente, je ne serais pas arrivé à toucher un aussi large public. 

Sans ma correctrice professionnelle de langue anglaise, je ne serais pas parvenu à exporter mes ebooks au Royaume Uni et aux Etats-Unis dans la langue de Shakespeare.

Sur ces 10 000 livres et ebooks vendu, près de 6800, une large majorité, donc, sont des livres papier. 

C'est une fierté, parce que les promos d'ebooks à 0,99€ peuvent parfois gonfler les ventes sans que cela reflète une réelle adhésion du public au contenu. 

Ainsi par exemple, les quelques 250 ventes en une semaine de ma promo anglo-saxonne la plus réussie, ont été obtenues en vendant la trilogie complète en anglais, de plus de 1400 pages, à 0,99$. Eh oui...

Ça ne signifie pas qu'il soit facile de générer ce genre d'intérêt, spécialement dans le monde anglo-saxon, où la concurrence est plus rude encore qu'en France. Mais il s'agit d'une marque d'intérêt plus que de réel engagement. 

Les commentaires sont mieux à même de mesurer l'engagement, et je suis heureux de ceux que j'ai reçu jusqu'à présent. De même, recevoir un email d'un lecteur enthousiaste est toujours un moment fort pour moi.  Ça et les ventes, c'est ce qu'il y a de plus tangible pour un auteur.

Est-ce que, malgré tout, on peut parfois être tenté de jeter l'éponge? Je dirais que le parcours d'artiste, pour mes semblables, ceux, du moins, qui ne transforment pas tout ce qu'ils touchent en or, c'est un peu comme dans Rocky, il faut savoir encaisser. 

Ces dix mille livres et ebooks vendus, c'est avant tout de la persévérance et de la patience.

Et le chapitre suivant de ma vie d'auteur sera bien sûr un nouveau livre. :)

mardi 8 août 2017

Elon Musk stripping Tesla Model 3 of a Speedometer: why it is a Very Bad Idea

I love the way Elon Musk is redefining technology and shaping the future with his different companies, so I was eagerly waiting for the presentation of Tesla Model 3. But I also know how to recognize a Very Bad Idea when I see one. Moving the speedometer and the other gauges traditionally located behind the steering wheel to a 15-inch touchscreen display located in the center of the dash comes as a huge disappointment for me. There are a number of reasons for that. 



Safety: when you are driving as fast a car as a Tesla Model 3 -- one of the marketing arguments is that a Model 3 can reach 0 to 60 miles per hour in 5.6 seconds -- you must keep an eye on your speed very often if you do not want being flashed by a radar and break the law. I don't want to have to search the information on a 15-inches screen. It is distracting and dangerous.

Elon Musk said that "You won't care" because the more autonomous a vehicle is, the less it needs such a display.

I have two problems with that statement. The first is obvious: the technology is not ready yet, especially so in Europe. Besides, you have to pay more for the automated software: it is not installed by default on the Model 3.

The other objection is a more philosophical one. The speedometer is an instrument of control. Do you want to control your vehicle, or be controlled by it?

In my opinion, an autonomous vehicle is only progress if we are able to take the control back at any moment.

As a customer, because of this absence of a speedometer, I have the impression that Musk wants to coerce me into using the autonomous feature. Which is, of course, a very bad thing.

Why? Because I can't help wondering why he wants me to surrender control. Has Tesla made a secret deal with Mac Donald, so that my vehicle will automatically park near a Mac Donald restaurant? Or with another company? As you can see, it raises many unwanted questions.

Second-rate car: maybe the absence of a speedometer would seem more natural if that were the case in all Tesla cars. But it is not the case on Tesla Model S. And neither on Tesla Model X. The comparison is bound to happen: why on a Tesla Model S, and not on a Tesla Model 3?

The inevitable answer: budget. Money. I don't want a car I own to shout that I have less money than the owner of a Model S. I find it incredibly awkward on Elon Musk's part, not to have thought about that.

As much as I want electric vehicles to succeed, and the Tesla model 3 to thrive, I am sorry to say that I most probably will not buy it.

dimanche 28 mai 2017

Pubs Facebook: attention aux "j'aime" frauduleux !

Facebook est malade de ses faux profils, supprimés chaque année par centaines de milliers par l'équipe de Mark Zuckerberg. Le dévoiement, ou détournement des profils n'est d'ailleurs pas propre à Facebook: c'est juste qu'il semble monter en puissance avec la popularité d'un réseau social. Les détournements et arnaques sont de nature diverses, et peuvent provenir aussi bien d'individus malintentionnés, de bots (robots) que de "clicks farms", les fameuses "fermes à clic". Le problème pour les auteurs est que ces détournements touchent le nerf de la guerre, les publicités Facebook, qui risquent de devenir de moins en moins pertinentes. 

Ce dimanche 28 mai est la Fête des Mères. A cette occasion, et depuis mardi dernier, j'ai baissé le prix de chacun de mes ebooks, Le Souffle d'Aoles, Eau Turquoise et Les Flammes de l'Immolé, à 0,99€ chacun. 

Pour en avertir les utilisateurs de Facebook, j'ai choisi de propulser un article élogieux portant sur Les Flammes de l'Immolé, celui du blog Des livres, des fils et un peu de farine...

Il m'en a coûté 45€ pour booster cet article, somme que j'ai définie moi-même, avec la possibilité d'interrompre cette publicité Facebook, et donc le versement d'argent, à tout moment.

Voici le lien vers la publicité en question

Très rapidement j'ai obtenu des "j'aime", mais tout aussi rapidement, je me suis interrogé sur la provenance d'une bonne part de ces appréciations. 

Si je vendais sur une base régulière mes ebooks en Afghanistan, aux Comorres ou en Turquie, je n'aurais pas été surpris d'avoir des utilisateurs de Facebook en provenance de ces pays cliquant sur "j'aime". 

Malheureusement, ce n'est pas le cas. 

Je vous invite à cliquer sur le lien des "j'aime" de cette publicité, et à examiner les profils en question. 

De la même manière, si vous êtes auteur et faites de la pub en utilisant Facebook, je vous recommande fortement de cliquer sur les appréciations de chacune de vos pubs pour en vérifier la fiabilité. 

Sur les 69 "j'aime" de ma pub, je dirais qu'au moins 45 sont de provenance douteuse ou très douteuse. Une très grande majorité hélas!

Ce n'est pas le cas de toutes les pubs ou articles sponsorisés que l'on trouve sur Facebook, cela dit. Certains ne souffrent pas de ce problème, c'est pourquoi je recommande d'agir au cas par cas plutôt que de manière systématique.

L'auteur autoédité Mark Dawson, que j'ai interrogé à ce sujet, et qui possède une mailing list de plus de 65 000 personnes, m'a confirmé qu'il tirait toujours la plupart de ses revenus de pubs Facebook, qu'il s'agisse d'accroître sa newsletter ou de faire des ventes directes.


Pour plus de transparence, voici quel était le "ciblage" de ma pub Facebook: 

- Pays: France et Wallonie
- Audience: hommes et femmes entre 16 et 44 ans
- Centres d'intérêts : Heroic Fantasy, les auteurs Robert Jordan, Frank Herbert, David Gemmell, Terry Goodkind, Robin Hobb, Fiona McIntosh, Brandon Sanderson, Ursula K. Le Guin, Jack Vance, Morgan Rice, Rick Riordan, plus le roman Les Enfants de la Terre et le personnage de Percy Jackson

Cette audience représentait plus de 1,5 millions de personnes. La publicité a démarré le mardi. En supprimant Heroic Fantasy et Percy Jackson après une journée, dès le mercredi, j'ai réduit l'audience à 30 000 personnes. J'espérais ainsi éviter les clicks farms.

Malgré cela, l'hémorragie des fausses appréciations, vraisemblablement en provenance de "fermes à clics" s'est poursuivie durant toute la durée de la pub, que j'ai interrompue le vendredi soir. 
 
L'explication de ce problème se trouve sans doute dans cette vidéo de langue anglaise de 2014 intitulée Facebook Fraud


Pour résumer, les employés des fameuses Clicks Farms, afin de légitimer leurs appréciations, de faire en sorte qu'elles soient validées par Facebook, vont cliquer sur les "j'aime" ou "j'adore" des publicités de manière aléatoire, et parviennent à localiser leurs profils dans les pays ciblés par ces publicités. 

En gros, ce n'est pas parce que vous ne ciblez pas l'Afghanistan, que vous n'aurez pas un Afghan dont il est écrit sur le profil qu'il vit à Paris qui va vous aimer votre pub. 

Comme le précise la vidéo ci-dessus, ces appréciations sont en fait très néfastes par rapport à votre pub, parce que nuisant à l'effet boule de neige, Facebook ayant mis en place des contre-mesures pour réduire la popularité en cas de doute sur la provenance des clics.

En plus, n'importe qui cliquant sur les appréciations se demandera si vous n'avez pas vous-même fait appel à une "ferme à clics". 

Inutile de dire que j'ai eu très peu de ventes à la suite de cette pub: moins d'une dizaine. 

Il fut un temps où je parlais d'une promo réussie en raison de deux facteurs, l'aide de la plate-forme de vente et les pubs Facebook.

Les choses ont bien changé.

Il s'avère qu'il va devenir de plus en plus difficile de s'appuyer sur les pubs Facebook pour faire connaître ses romans.    

vendredi 19 mai 2017

De nouveaux blogs et services pour les auteurs

Le blog L'évasion littéraire recense près de 200 blogs de chroniqueuses ou chroniqueurs qui lisent des auteurs autoédités. C'est une immense satisfaction pour moi! A noter aussi: Le site Simplement Pro, très efficace apparemment, pour proposer vos livres ou ebooks à des blogueurs sans les contacter directement, via un service de presse qui accepte tous les auteurs. 

Le blog L'évasion littéraire, de Mélanie. 

Le site Simplement Pro.

J'ai bien sûr réactualisé mon article La liste des sites et blogs ouverts à tous les livres et/ou ebooks

Je n'ai pas réactualisé les deux sous-listes de l'article différenciant les blogs ne prenant que des livres de ceux acceptant aussi les ebooks: ça m'aurait demandé trop de travail. Je me suis contenté de mettre l'adresse vers le blog de Mélanie en bas d'article.

Le changement dans la blogosphère me semble aller dans le sens des auteurs autoédités, et c'est une très bonne chose. 

Même si les ventes ne suivent pas toujours, même s'il est indispensable que l'article soit impartial, vous pouvez imaginer le bien que peut faire un article comme celui-ci d'une chroniqueuse sur le moral d'un auteur.

lundi 15 mai 2017

Mes livres imprimés par Orséry

Vous vous souvenez de l'Espresso Book Machine, l'imprimante capable de fabriquer et sortir un exemplaire d'un livre en librairie, devant vous, en cinq à dix minutes? Eh bien, quatre des cinq livres des Editions Emmanuel Guillot sont maintenant disponibles chez le concurrent de l'Espresso Book Machine, Orséry. On peut les faire fabriquer au Cultura la Villette ou chez le libraire Une page de vie à Viroflay (78).

L'impression à la demande en librairie connaîtrait-elle le début d'un frémissement? J'ai en tout cas souhaité être à la pointe de la technologie, en permettant à mes lecteurs de faire fabriquer en une petite dizaine de minutes maximum par livre les quatre cinquièmes de mon catalogue dans ces deux points de vente, le Cultura la Villette et la librairie Une page de vie à Viroflay (78)

Il s'agit des titres: 
- Le Souffle d'Aoles (Ardalia, premier tome)
- Eau Turquoise (Ardalia, deuxième tome)
- Les Explorateurs
- Le Vagabond

Seul manque à l'appel le troisième tome de la trilogie Ardalia, Les Flammes de l'Immolé, en raison d'une contrainte technique: la machine ne peut imprimer des livres au-delà des 400 pages, et ce tome en fait plus de 500. 

J'ai eu entre les mains un exemplaire de test du Vagabond. Malheureusement, les pages sont très blanches à mon goût, je n'ai pas eu la possibilité d'obtenir des pages couleur crème comme c'est le cas d'habitude. La couverture est un peu plus souple que de coutume, mais solide. 

J'ai donc signé un contrat avec Orséry, et je me réjouis de ce partenariat. Il ne s'agit pas tant, pour moi, d'espérer gagner beaucoup d'argent que de dépanner certains lecteurs. 

En effet, je gagnerai entre 2 et 4 € par livre imprimé par ce biais, avec relevé de ventes et paiement une fois par an seulement, après l'établissement par l'éditeur/auteur d'une facture. Ça, c'est le côté un peu frustrant.

La rémunération de l'éditeur, ou dans mon cas, de l'auteur autoédité, est de 40% de la marge globale du livre, le reste étant réparti entre Orséry et le libraire. 

Le coût hors taxe de fabrication pour un livre est de 4,20 € plus 0,013€ par page noir et blanc, 0,036€ par page couleur, et 0,330€ pour la couverture. 

Pour un recueil de 224 pages comme Le Vagabond, le coût de fabrication serait de 3,24 + 4,20 = 7,44 € HT, soit 7,85 € TTC. Le recueil coûtant 14€ à l'achat, la marge globale du livre est de 6,56€. 

Je toucherai donc 40% de ces 6,56 €, soit 2,62 € par exemplaire du Vagabond vendu.

La marge dépend donc du prix global de chaque livre et du nombre de pages.

On le voit, la vente de livres par ce biais ne rapporte pas beaucoup plus qu'un ebook, mais de nombreuses personnes étant encore attachées au livre papier, cela permet de rendre ce service directement en librairie. 

S'il s'avère que j'écoule plus de 10 exemplaires d'Eau Turquoise, le tome 2 d'Ardalia, par an par ce biais (c'est à dire fabriqués par Orséry), alors je réaliserai la maquette d'un tome 3 et d'un tome 4 qui ne seront imprimés que par Orséry, et qui feront environ 250 pages chacun. Ces deux tomes correspondront au tome 3 actuel.

La réalisation de maquettes de livres prenant du temps, je préfère pour l'instant me consacrer à mon prochain roman, qui devrait sortir d'ici la fin de l'année. 

J'espère en tout cas qu'Orséry pourra s'étendre dans tout le réseau Cultura, pourquoi pas dans les Espaces culturel Leclerc, et dans de nombreuses librairies!

lundi 8 mai 2017

Les cadres encadrent

Vous n'encadrez pas les cadres? Vous en avez assez d'être recadré? Pas de chance, l'influence des cadres dans notre société est peut-être plus importante que vous ne le croyez...

Cadre dans le privé, on connaît: une activité mieux rémunérée que les simples employés, mais aussi souvent plus exposée, avec un risque de burnout, ou effondrement professionnel en bon français, plus prononcé. 

Mais j'ai été surpris, en me rendant sur le site officiel de l'Assemblée Nationale, d'apprendre que, sur les 577 députés qui siègent à l'Assemblée Nationale, 390 sont des cadres, anciens cadres ou chefs d'entreprise. 

La répartition est la suivante: 

- 61 anciens cadres et professions intermédiaires
- 126 cadres d'entreprise
- 176 cadres de la fonction publique, professions intellectuelles et artistiques
- 27 chefs d'entreprise de dix salariés ou plus

Par comparaison, on va trouver un seul artisan (bravo à l'heureuse élue, Fanny Dombre Costes!), un ouvrier agricole, Jean Lassalle, 15 agriculteurs exploitants, un employé de la fonction publique, 6 commerçants... La liste complète est ici.

On peut dès lors se demander, il me semble, si le peuple français est bien représenté. Par exemple, si je suis auteur, lequel de ces députés va pouvoir me concocter un statut d'auteur indépendant digne de ce nom, et aura-t-il seulement le poids politique pour faire voter ce nouveau statut?

Pourquoi autant de cadres, me direz-vous? On peut au moins trouver un point commun entre les cadres du privé et ceux de l'Assemblée Nationale: une bonne rémunération. Député, c'est plus de 6700 €/mois + 6100 de remboursement de frais + 8500 pour embaucher un ou plusieurs collaborateurs.


N'importe qui peut devenir député à condition d'être Français âgé d'au moins 18 ans, de jouir de ses droits civils et politiques et de n’être dans aucun cas d’incapacité prévu par la loi. Il ne faut pas non plus être dans un cas d'inéligibilité prévu par le code électoral.

Et bien sûr, à condition d'arriver à se faire élire! 

C'est sans doute là que le bât blesse: pour se faire élire, il faut pouvoir financer une campagne à cet effet, mais aussi, je pense, être soutenu par l'un des partis en place. 

On peut penser que les cadres, qui ont vocation à exercer des responsabilités, sont naturellement attirés vers ces postes de pouvoir. Ils ont aussi un réseau souvent plus développé qu'un simple employé. 

Je reviens sur le problème de la représentativité: il y a plus de trois millions de chômeurs en France, et de nombreux chômeurs longue durée, ne devrait-on pas avoir au moins une personne pour les représenter? Voire peut-être davantage?

Est-ce qu'en faisant en sorte qu'on ne puisse devenir député que sur la base du volontariat, on ne favorise pas la domination des cadres?

Autre problème: les députés sont élus pour 5 ans, mais peuvent être réélus et faire carrière. Est-ce une bonne chose pour la société d'envisager le poste de député comme une profession?


Je veux dire, quand on occupe un emploi, on se doit d'être productif, non? Mais si on se met en tête de produire des lois, est-ce qu'on ne va pas se retrouver avec un maquis de lois inapplicables, car trop complexes? 

Ah bon, c'est déjà le cas? 

Bien que je n'adhère pas du tout à l'idée de ne pas voter, et que je trouve qu'il serait extrêmement complexe de revenir vers une démocratie directe, la vidéo ci-dessous (45 minutes) pose très bien le problème, il me semble:
 

C'est pourquoi j'étais heureux d'avoir deux candidats à l'élection de cette année, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, qui proposaient d'écrire une nouvelle constitution plus adaptée.

Les propositions de Jean-Luc Mélenchon pour rendre du pouvoir au peuple, quoique manquant encore de précision, me semblent intéressantes, et de nature à alimenter le débat.

En revanche, l'idée de ne pas aller voter pour montrer que le système est pourri et le saper me paraît mauvaise et dangereuse. Le vote blanc (4 millions lors de l'élection de Macron, ce qui est considérable) me semble plus pertinent, mais personnellement, je ne le garderais que comme une mesure de dernier recours: pas question pour moi d'y avoir recours si l'un des deux candidats dans la dernière ligne droite a des positions trop extrêmes. 

Essayons de nous montrer un peu logique. Nous avions deux candidats qui se proposaient de changer de constitution cette année. Malgré cela, au premier tour, l'abstention s'est établie à 22,23%.

Ces gens qui se sont abstenus au premier tour, l'ont-ils fait par simple paresse, parce qu'ils n'en ont rien à faire de la politique, par militantisme anti-système, parce qu'ils avaient d'autres obligations ou une impossibilité physique? Sans doute un peu de tout cela, et davantage.

S'ils avaient voulu un changement des règles démocratiques, ils seraient allé voter Mélenchon ou Hamon. Ce n'est donc pas le cas. Ou s'ils veulent du changement, ils ne souhaitent pas que celui-ci se produise dans le cadre d'un processus démocratique.

On peut donc penser, l'abstention ayant été en hausse au second tour, à 25,38%, que ceux qui, à cette occasion, ont refusé de voter dans le but de lutter contre le système se sont retrouvés noyés dans la masse de tous les autres.

Chacun agit, ou s'abstient, bien entendu, selon ses convictions. Mais faire s'effondrer le système, selon moi, donnera naissance à une période de chaos qui ne permettra pas forcément de le remplacer par quelque chose de meilleur.

Prenez la Révolution culturelle de Mao. Les élites ont été détruites, certes, mais au final on se retrouve avec quoi? Avec une nouvelle élite et de nouveaux riches oppressant le peuple. Eh oui.

Je pense qu'il faut être un peu plus subtil que cela. Je suis convaincu qu'il faut réformer notre démocratie, et sans doute aller vers une VIème République. Encore faut-il se donner les moyens de le faire dans les meilleures conditions.