mercredi 24 août 2016

Les "Giveaways" Amazon... et le rôle de Twitter

Les "Giveaways" sont des tombolas offrant la possibilité aux participants de gagner des objets par tirage au sort, sur simple inscription gratuite. Pour les auteurs, le site offrant le plus de retombées en nombre de lecteurs (surtout avec un livre en anglais) est Goodreads, spécialisé dans les livres, en particulier papier. Mais Amazon Etats-Unis offre aussi aux auteurs de tous pays la possibilité de réaliser des "Giveaways" sur son site .com (mais pas sur le .fr) avec des livres papier. J'ai tenté, depuis mai 2016, de déterminer l'efficacité de ce type de démarche promotionnelle.

Ce qu'il faut tout d'abord savoir sur les Giveaways Amazon, c'est que seules les personnes ayant une adresse postale (physique, donc) aux Etats-Unis peuvent s'y inscrire en tant que participants. 

Ces Giveaways ne concernent pas seulement les livres, mais toutes sortes de produits vendus par Amazon sur son site américain. 

Amazon offre depuis quelques mois aux auteurs américains la possibilité de faire des giveaways sur leurs ebooks. Mais les autres auteurs au niveau international n'ont la possibilité d'offrir leur livre par tirage au sort que sous format papier, et que sur le site américain. 

Il ne faut pas forcément avoir un livre écrit en anglais pour l'offrir aux lecteurs d'Amérique du Nord: pour les auteurs ayant un livre imprimé par Createspace, il suffit d'aller sur la page de son livre broché sur Amazon France et de remplacer l'URL .fr par un .com pour accéder à la version américaine. 

Ensuite, ne restera qu'à faire défiler l'ascenseur (barre verticale) vers le bas pour voir apparaître le cadre "Set up a Giveaway": 


Vous devez alors choisir le mode de sélection des candidats. Le plus à gauche sur l'image ci-dessous est la sélection aléatoire, celle que j'ai utilisée pour mes Giveaways, mais vous pouvez aussi choisir "le nombre chanceux" (un vainqueur, par exemple, tous les 300 participants) ou "les premiers servis" (le ou les premiers qui cliquent gagnent).




On peut choisir d'offrir un ou plusieurs livres. Amazon fait payer aux auteurs qui offrent leurs livres les frais de port en plus du prix du livre.

Les livres que vous offrez, contrairement à ceux de Goodreads, ne peuvent être signés par l'auteur. C'est à la fois un inconvénient et un avantage, puisque les livres gagnés par les lecteurs sont directement fabriqués en impression à la demande par Amazon, et qu'Amazon se charge aussi de les envoyer à l'adresse du gagnant. 

Donc, moins de démarches à effectuer pour les auteurs, mais des livres moins personnalisés pour les lecteurs.

L'auteur va percevoir des royalties sur chaque livre qu'il offre. Bien sûr, l'opération, même en tenant compte des redevances d'auteur, reste un investissement pour l'auteur, car le paiement des redevances, lequel intervient deux mois après l'investissement, ne fait que réduire le coût global.

Mais il faut savoir que si vous choisissez l'une des deux premières options (par exemple pas de gagnant s'il n'y a pas au moins 300 participants) et que vous n'atteignez pas vos objectifs pour la durée du Giveaway, qui est d'une semaine au maximum, Amazon va vous rembourser, et vous ferez une opération blanche.

La "prise de risque" par rapport au nombre de participants escompté est donc minimale, et sur ce coup-là, je n'ai absolument pas eu l'impression qu'Amazon essayait de faire son beurre sur mon dos.

Mais le point crucial de l'affaire, c'est évidemment: quels sont les moyens mis en œuvre par Amazon pour faire connaître ce livre que vous tenez à mettre en avant?

Eh bien, c'est là malheureusement que le bât blesse: Amazon s'appuie avant tout sur Twitter pour mettre en avant ce giveaway. Or la page des Giveaways Amazon sur Twitter ne compte que 32 500 "followers", ou personnes intéressées. Pour tous les produits mélangés.

Quant à la page des Giveaways Amazon sur Facebook, c'est une plaisanterie: seulement 425 "j'aime"!

Alors, 32 500 followers sur Twitter, cela paraît beaucoup, mais il faut savoir qu'une star comme Beyoncé en comptabilise 14,5 millions! Amazon peut donc sans doute mieux faire à ce niveau.

Et à ce sujet, quand vous regardez les tweets de la chanteuse, vous vous apercevez qu'ils ne sont partagés ou aimés qu'entre 20 000 et 40 000 fois, ce qui donne une idée du niveau d'engagement des utilisateurs de Twitter (14,5 millions qui la suivent, mais 40 000 qui participent réellement). 

J'ai donc très vite compris que si je souhaitais mettre en avant mes livres traduits en anglais, il allait falloir que je me crée un compte Twitter exclusivement dédié à mes livres anglais, et que je fasse en sorte "d'engranger du follower", si vous me passez l'expression. 

En effet, j'ai lancé un Giveaway Amazon sur Turquoise Water juste après avoir créé mon compte Twitter, et je n'ai eu que 363 participants, malgré les trois exemplaires offerts. 



Ce qui n'est pas si mal, si l'on considère que les Giveaways de livres sont perdus parmi de nombreux autres produits offerts. 

Comme je demandais 500 participants minimum par livre envoyé (il faut savoir que sur Goodreads, j'ai entre 600 et 700 participants chaque fois que j'offre un livre en langue anglaise), Amazon m'a intégralement remboursé. 

Pour trouver des followers sur Twitter, je suis allé sur les comptes d'auteurs américains connus et moins connus de Fantasy, que j'ai suivis, et en explorant leurs pages, je suis tombé sur des lecteurs de Fantasy, que j'ai suivis lorsqu'ils habitaient aux Etats-Unis. 

Twitter est assez pratique parce que certains utilisateurs définissent leurs centres d'intérêt sur leur profil raccourci, ce qui fait gagner du temps. 

Sans avoir fait appel à aucun service payant, je me suis retrouvé avec plus de 500 followers le mois suivant. Même si j'avais l'impression que chaque auteur était sur Twitter uniquement pour sa promo, j'ai essayé d'animer ma page avec des sujets autres que mes livres pendant cette période (la plupart du temps en tout cas, puisqu'il fallait tout de même que je fasse connaître mes Giveaways). 

J'ai donc lancé un nouveau Giveaway que j'ai annoncé sur ma page Twitter, avec des hashtags non seulement vers Amazon Giveaway, mais aussi vers fantasy, ebooks... 

Le gain en nombre de lecteurs a été faible, alors que j'offrais 3 exemplaires de The Breath: 463 participants. 


Mais comme j'avais abaissé mes critères à un vainqueur pour 300 participants, j'ai tout de même eu un vainqueur.

Vous pouvez notamment mettre comme condition de participation pour les entrants au Giveaway qu'ils vous suivent sur Amazon, ou bien sur Twitter. 

Connaissant l'implication des utilisateurs de Twitter, j'ai plutôt choisi d'être suivi sur Amazon, afin que les participants soient informés de la sortie de mon troisième tome en anglais (qui sort d'ailleurs le 29 août). 

Vous avez aussi le droit d'écrire un message à tous les perdants, message que se chargera d'envoyer Amazon, car vous n'avez pas accès, contrairement à ce qui se fait sur le site Goodreads, aux profils des participants du Giveaway.

J'en ai donc profité pour les informer de l'existence de la version gratuite du livre (The Breath) sous format ebook, en pointant le lien sur lequel ils pouvaient cliquer. 

Malgré cela, le nombre de téléchargements de The Breath est resté stable les semaines suivantes. 

L'expérience a été intéressante dans l'ensemble, mais le fait de ne pas avoir accès au profil des participants du Giveaway est un vrai frein: impossible de tisser des liens avec des lecteurs qui seraient intéressés par votre livre, contrairement à ce qu'il est possible de faire sur Goodreads. 

Par ailleurs, les moyens mis en œuvre par Amazon pour faire la promo de ces giveaways sont dérisoires.

Ce sera malgré tout quelque chose à surveiller dans l'avenir, mais il faudrait qu'Amazon crée un compte Twitter et une page Facebook dédiés aux giveaways de livres (ou d'ebooks s'ils l'autorisent le don d'ebooks ailleurs qu'aux Etats-Unis), avec un nombre de followers ou de personnes qui aiment la page beaucoup plus important pour que ces giveaways puissent vraiment compter dans l'arsenal promotionnel de l'auteur.

samedi 13 août 2016

Ardalia: The Flames of the Immolated (Book Three)

The third and last book of the Ardalia trilogy will be released on August 29, and is on preorder. It was a fantastic experience to write this book. I am glad I received suggestions from my readers, who helped me to make the universe of my book more accessible, and especially glad about the working relationship with my editor, Dawn Lewis. 

The great hunt had begun, and the hevelens were the prey. When would it end, and how? Impossible to predict…

With the malian army defeated, the forces of Destruction are laying siege to the Gate of the Canyons and spreading out over the Windy Steppes. For every child of the wind or the water captured and hurled into the Great Rift, a Nylev, a fire-being, is born. Pelmen, Laneth, Lominan and Elisan-Finella must convince the krongos to join them in their desperate struggle, but only a handful of the mineral creatures remain, and Valshhyk, the Immolated, seems unstoppable…

The Flames of the Immolated is the third and final book of the Ardalia trilogy. It includes a map of Ardalia and a glossary, with a description of the various creatures peculiar to its universe, and suggestions for the pronunciation of some words.



  
You can pre-order the ebook at $0.99 or £0.99. It will remain at this price for the whole month of September, before going to its normal price of $5.49 for the US or £4.49 for the UK:





My editor wrote a review of the book and even interviewed me! :) You can find her blog post here.

You may also discover The Flames of the Immolated on Goodreads

Have a Good Read!

mercredi 10 août 2016

Avatar, le dernier maître de l'air

Dès 2010, année de sortie du Souffle d'Aoles, premier tome de la trilogie Ardalia, des lecteurs m'ont signalé une série (d'ailleurs adaptée en cette même année 2010 en film) de type manga, Avatar, le dernier maître de l'air, offrant apparemment de nombreuses similitudes avec Ardalia. Je ne me suis pas renseigné sur le sujet car à cette époque, j'étais en pleine écriture du deuxième tome et je ne souhaitais pas me laisser influencer. Mais aujourd'hui, 10 août 2016, je suis tombé par hasard sur le 17ème épisode de la saison 1 sur France 4, et je confirme que les similitudes sont bien présentes. 

Télégraphie Mentale, c'est le terme utilisé par Mark Twain pour expliquer le processus par lequel deux créateurs peuvent concevoir dans la même période des créations similaires. Ces créations de l'esprit peuvent aussi bien être des œuvres de fiction que des inventions. 

Un peu comme si l'on puisait dans la même source d'inspiration, ou que l'on exploitait le même filon ou la même veine à distance, sans s'être jamais rencontrés en tant que créateurs. 

C'est ce que j'expliquais aux lecteurs que je rencontrais: n'ayant jamais vu aucun épisode d'Avatar, le dernier maître de l'Air, le manga, je ne pouvais pas m'en être directement inspiré. 

L'épisode que j'ai vu aujourd'hui m'a semblé de qualité. J'étais plutôt content que la trilogie soit comparée à cette série, même si l'adaptation en film a apparemment été très décevante. 

Attention, la suite contient des SPOILERS sur mon livre et la série. Si vous préférez vous réserver la surprise de la découverte de l'un ou de l'autre, mieux vaut cesser de lire ici.

J'ai pu constater qu'une première similitude était physique: 


Dans la série Le Maître de l'air à gauche, la tonsure fait penser à celle des moines, et le héros m'a d'ailleurs fait penser dans un premier temps à un moine Shaolin. 

Dans le Souffle d'Aoles, le héros a en fait des cheveux, qui finissent par repousser tout au long des romans.

Les protagonistes ont 4 ans de différence: Aang, le dernier maître de l'air à 12 ans là où Pelmen, le personnage principal du Souffle d'Aoles en a 16.

On remarque une autre différence: les trois narines de Pelmen, à droite.

Si ses trois narines permettent à Pelmen de sentir le vent, ce qui lui est très utile pour toucher sa cible, et lui offrent un odorat plus développé, il est avant tout archer, et n'a aucun pouvoir propre sur le vent. 

En revanche, il rencontrera effectivement des shamans d'Aoles (en référence à Eole, dieu du vent) qui eux, ont des pouvoirs sur le vent. 

Dans le Souffle d'Aoles, on parle plus de vent que d'air, et de la manière dont les hevelens, le peuple du vent, a appris à tirer parti des veguer'en, des plantes spéciales, pour orienter le vent dans les canyons dans lesquels ils vivent. 

Ils parviennent ainsi à propulser des chariots à voile le long des défilés rocheux, mais aussi les ailes des moulins qui font office d'élévateurs, notamment dans la cité d'Alveg, bâtie à flanc de montagne. 

Les ailes d'Aoles de mon roman font penser aux deltaplanes utilisés dans le maître de l'air, et le temple de l'air Boréal, bâti sur une montagne, offre une vraie similitude avec la cité d'Alveg.... et aussi des différences. Ainsi, on ne retrouve pas de statues de type asiatique dans Alveg, et la cité où Pelmen se retrouve à partir du troisième chapitre est connue sous le nom de cité aux mille passerelles. Elle comporte aussi de vastes plates-formes qui lui confèrent un caractère totalement différent de la cité du maître de l'air.

La philosophie qui semble imprégner la série Avatar me semble de type asiatique, là où dans la trilogie Ardalia, c'est avant tout le rapport avec une nature sauvage que j'ai mis en avant - même si les dieux ont aussi leur importance. 

L'univers d'Avatar est aussi de type steampunk: il y a des chars en acier, la propulsion à vapeur a été inventée, ce qui n'est pas du tout le cas dans l'univers d'Ardalia, plus primitif. Le seul métal qui existe est peut être forgé est l'ambreroche, mais il est très rare.

Le peuple du feu est un peuple guerrier utilisant des machines dans Avatar, là où on a affaire à un peuple élémentaire voué à la destruction dans Ardalia. Les deux ont en commun de jouer le rôle du méchant. 

L'aspect complot/investigation/intrigues me semble plus développé dans mes livres (la guerre n'arrive pas tout de suite), là où j'ai vu quelque chose de beaucoup plus direct dans l'épisode d'Avatar. Mais bon, difficile de juger sur un seul épisode.

Dans la série Avatar comme dans la trilogie Ardalia, il y a un peuple de l'eau et de la terre en plus de ceux du feu et de l'air, avec chacun leurs pouvoirs propres. 

Il y avait donc suffisamment de similitudes pour que je m'intéresse à la date de création des deux univers. 

D'après le site Wikipédia, le premier épisode d'Avatar avait été prévu pour novembre 2004, ce qui me fait penser que la série a été créée en 2003 ou 2004. 

J'ai commencé à imaginer mon univers d'Ardalia en 2004, bien que le premier roman ne soit sorti qu'en 2010. On est donc très proche au niveau des dates, ce qui est plutôt troublant.

J'ai trouvé amusant de comparer ces deux expériences de création, et je dirais que les amateurs d'Avatar ne seront pas trop dépaysés en découvrant la trilogie

La trilogie me semble s'adresser davantage à des jeunes adultes qu'à un public de jeunes ado comme le dernier Maître de l'Air, ce qui est aussi une différence notable. Néanmoins, j'en conseille aussi la lecture à partir de 12 ans (et jusqu'à 112!).

En tout cas bonne lecture, ou bon visionnage! :)

PS: la couverture du Souffle d'Aoles a changé depuis 2010:

Couverture de 2010: 



 
Dernière couverture:  


lundi 11 juillet 2016

Choisissez votre terrain

Les généraux n'ont pas attendu Bonaparte ou Wellington pour savoir qu'il valait mieux choisir son terrain avant chaque bataille, plutôt que laisser à l'adversaire l'opportunité de le faire. Si j'en crois mon expérience, il en va de même dans les relations entre auteurs et éditeurs.

De par la maîtrise qu'ont les gros éditeurs sur les réseaux de distribution et de diffusion en librairie, ils se sont mis dans la position de Gardiens du Portail de ces réseaux: ils se sont mis en situation de recevoir des sollicitations de la part des auteurs qui leur soumettent leurs manuscrits. 

Certains auteurs bénéficient de ce que l'on peut appeler une plate-forme de publication: un blog, un site, des réseaux sociaux, ou même, s'ils ont opté pour l'autoédition, un certain nombre de lecteurs, ce qui peut se traduire entre autres par une mailing list, une liste de lecteurs bien remplie. 

Les auteurs autoédités à succès sont, pour des éditeurs qui désirent investir une quinzaine de milliers d'euros dans un nouveau titre, les plus intéressants, car il sera toujours plus facile de revenir sur un investissement si l'on sait qu'un auteur est suivi par un certain nombre de lecteurs. 

Ces auteurs ayant déjà un certain nombre de lecteurs sont-ils pour autant en situation de force lorsqu'ils contactent un éditeur? 

Certainement pas. 

Songez-y: les éditeurs sont entraînés à recevoir des sollicitations diverses et variées. C'est leur terrain de prédilection. Ils y sont en position de force, ne serait-ce qu'en raison du fait qu'à partir du moment où la demande vient de l'auteur, c'est que le besoin vient de l'auteur. 

Alors oui, dans une négo, il y a des moyens de faire comprendre à un éditeur que son intérêt est de nous éditer, et que les deux parties y gagneront. 

Il est vrai, aussi, qu'un éditeur intelligent peut y voir son intérêt sans qu'il soit besoin d'argumenter, et bousculer ses priorités, notamment son planning de publication.

Proposera-t-il pour autant d'emblée un contrat favorable à l'auteur, lui permettant par exemple de conserver les droits sur l'exploitation de la version ebook? Il y a fort à parier que non. Ce n'est pas encore passé dans l'usage, loin de là. 

L'auteur devra d'autant plus se montrer habile dans la négociation qu'il aura sollicité lui-même l'éditeur. 

Les choses seraient sans doute un peu plus favorables à l'auteur si celui-ci pouvait s'appuyer sur un tiers, un agent parfaitement fiable pour représenter ses intérêts. Hélas, les premiers clients des agents sont les éditeurs, et non les auteurs: l'auteur ne pourra donc que rarement se fier à son agent, dans le cas exceptionnel où il soit parvenu à en trouver un en France - ils ne courent pas les rues. 

Mieux vaut donc combattre sur son propre terrain, lorsqu'on est auteur. Ce qui signifie, dans mon esprit, tout faire, dans sa petite entreprise d'autoédition, pour être en position de dire "non". Et surtout, ne pas contacter soi-même les maisons d'édition.

Donc, être autonome financièrement, et n'entrer dans des négos que si c'est l'éditeur qui nous contacte. Parce que si c'est lui qui vous contacte, il se retrouvera dans une situation moins familière pour lui, et moins confortable. Il saura qu'on peut lui opposer un refus, parce qu'on n'a aucun besoin vital de ses services.

Il peut m'arriver de rencontrer un professionnel du livre dont les intérêts semblent concordants avec les miens, par exemple en dédicace. Dans ce cas je lui laisse mes coordonnées. Mais si la personne oublie de me recontacter, je l'oublie aussi. 

Et si un contact se fait, j'enquête sur le professionnel en question. C'est valable aussi pour les maisons de production. Le fait qu'une telle maison ait déjà eu plusieurs procès envers des créateurs serait évidemment un signal d'alerte rouge. 

Si vous êtes en contact avancé avec une maison d'édition et que vous lisiez l'anglais, allez sur le blog de Kristine Rusch, tapez les mots "Deal Breakers", et définissez une liste de clauses que vous n'accepterez pas, et qui feront capoter le contrat en cas de négociations. Il faut être très ferme là-dessus.

Depuis que les auteurs ont le moyen de toucher, de manière simple et rapide, les lecteurs par le truchement de plates-formes telles Amazon, Kobo, et autres, je ne vois plus d'intérêt d'envoyer son manuscrit à un éditeur. Pour la bonne et simple raison que chaque auteur devient sa petite entreprise, et qu'une entreprise ne peut rechercher un partenariat avec une autre plus puissante sans apparaître en tant que solliciteuse, et en situation de faiblesse.

Ce devrait être à ces entreprises de faire l'effort de rechercher et de démarcher des auteurs, dans leur propre intérêt. 

Certaines le font: il existe des cellules de veille chez certaines maisons par rapport aux chiffres de ventes de sites comme Amazon.

Mais c'est encore marginal. 

Et si, me direz-vous, on ne souhaite pas passer par la case autoédition? L'envoi de son manuscrit à un éditeur ne créé-t-il pas d'emblée une situation très déséquilibrée en défaveur de l'auteur? 

Si, bien sûr. Le seul moyen de réduire ce déséquilibre sera de privilégier les petites maisons d'édition. Mais dans mon esprit, les petites maisons d'édition, si elles peuvent être une étape intéressante d'apprentissage du métier, si elles proposent souvent des contrats plus équilibrés, sur des durées de cession plus courtes, ne permettent pas non plus aux auteurs, dans l'immense majorité des cas, de vivre de leur plume.

Il faut être très clair là-dessus. Ce sont des structures plus ou moins fragiles, qui reposent sur des passionnés, qui ont souvent un boulot à côté et qui sont surchargés de travail. Souvent des femmes d'ailleurs.

Si vous avez l'impression que le système n'est pas fait pour faire vivre des auteurs, vous serez dans le vrai. Raison de plus pour vous préparer à mener des batailles particulièrement difficiles, en mettant toutes les chances de votre côté. 

dimanche 26 juin 2016

Science-Fiction Israelo-Palestinienne

En réfléchissant à la résolution du conflit israélo-palestinien, je me suis rendu compte que je bâtissais une histoire de Science-Fiction. Mon idée était de créer un Etat laïque dans les frontières actuelles d'Israël et de la Palestine baptisé PalestIsraël, avec pour mot d'ordre "faites l'amour, pas la guerre". J'assume complètement l'aspect Bisounours de l'idée, parce que c'est justement en réfléchissant à une utopie (bien plus que de l'anticipation, mon idée relève de la Science-Fiction tant les difficultés semblent invincibles) que l'on peut mettre en lumière tous les obstacles qui empêchent sa réalisation. 

Plus de murs, plus de clôtures, et un seul pays, que se partagent les Israéliens et les Palestiniens: l'idée m'est peut-être venue en réaction à l'indigne fermeture des frontières de la plupart des pays d'Europe devant l'afflux de réfugiés, en particulier Syriens. 

Le conflit entre Israël est la Palestine est en effet tellement endémique que si l'humanité parvenait à le surmonter, elle aurait peut-être accompli un grand pas dans la résolution de tous les conflits.

Je suis donc allé plus loin. Dans cette utopie, PalestIsraël serait un Etat laïque, acceptant les différentes religions. Ces religions seraient donc privées de leur pouvoir décisionnel et politique.

Afin de garantir enfin la paix, afin d'empêcher que le sang ne coule, il faudrait lier les deux pays par le sang. 

Les enfants adultes des familles les plus influentes d'Israël et de la Palestine seraient incités à se rencontrer sur des sites de rencontre pour contracter des mariages. Et ce afin de montrer l'exemple à toutes les autres familles. Eh oui, comme je le disais, "faites l'amour, pas la guerre"!

Les familles israéliennes sans enfant seraient incitées à adopter des enfants palestiniens livrés à eux-mêmes. 

L'idée d'un double enseignement religieux peut sembler folle, en tout cas hautement contradictoire, quand chaque religion prétend être la seule légitime. 

Et pourtant, en contrepartie de l'adoption et du mariage, les enfants, y compris adoptés, auraient droit à l'enseignement des deux religions, l'islam et le judaïsme (ou la religion abrahamique, si l'on préfère) et choisiraient d'eux-mêmes celle qu'ils souhaitent embrasser... ou s'ils font un autre choix.

En France, les religions ont appris à cohabiter. Pourquoi n'en irait-il pas de même en PalestIsraël? 

Cette cohabitation ne peut se faire que si chaque religion apprend à gommer les aspects les plus conflictuels de l'interprétation des textes. 

Ainsi par exemple de la notion de peuple élu de Dieu dans le judaïsme: mal interprétée, cette notion se rapproche fortement de la notion de race supérieure Aryenne. 

Mal compris, le fait qu'un Juif ne puisse être Juif que si sa mère est Juive peut conduire à la fausse idée de "sang juif": comment imaginer qu'il n'y ait pas eu mélange des sangs au fil des nombreuses générations et de la diaspora juive?

De la même manière que les religions doivent faire preuve d'ouverture, il faut aussi que les traditions mettent de l'eau dans leur vin afin de privilégier le "vivre ensemble". 

Il ne s'agit pas de colonialisme, ni d'occidentalisation du mode de vie, ni encore moins de vouloir priver les peuples de leur identité propre. Les repères fournis par la tradition sont indispensables dans une société aussi mouvante que la nôtre. 

Il s'agit simplement d'adapter les traditions pour ne pas devenir leur esclave. 

Je forçais un peu le trait en parlant d'alliances entre familles hébreuses et palestiniennes. Mais qui peut prétendre qu'une Israélienne ne soit jamais tombée amoureuse d'un Palestinien, ou une Palestinienne d'un Israélien? 

Quand le poids de la religion ou des traditions empêche l'union de se faire, c'est à chaque fois une occasion manquée pour la paix entre les peuples.  

Ce n'est pas non plus que je sois anti-religieux. Mais il faut bien reconnaître que des religions, notamment comme le catholicisme et l'islam, ont en commun de frustrer les appétits sexuels. 

L'exemple des prêtres catholiques pédophiles vient évidemment en premier lieu à l'esprit. Mais le fait de promettre le paradis et les vierges dans une autre vie n'est pas beaucoup mieux. 

Le massacre d'Orlando dans une boîte gay par un terroriste se revendiquant d'un islamisme radical, et lui-même gay, selon toute évidence, me paraît dénoter une vraie frustration sexuelle. A ce sujet, on aurait sans doute beaucoup à apprendre des Bonobos (oui, les singes). 

Les responsables religieux ont d'énormes responsabilités dans les guerres et le comportement des gens, mais pour pouvoir assumer ces responsabilités, encore faut-il soi-même se mettre au clair, non seulement avec la sexualité, mais aussi avec les tabous que sont l'homosexualité masculine et féminine.

Une autre démarche essentielle, liée à l'aspect tabou de la sexualité, sera bien sûr de reconnaître beaucoup plus de droits aux femmes. Cela reste plus que jamais d'actualité dans toutes les sociétés, y compris la société occidentale soi-disant évoluée. 

La vraie évolution passera par là, j'en suis persuadé.

vendredi 24 juin 2016

Brexit: my reaction

The people has spoken, and the United Kingdom won't stay in the European Union. While that may be the beginning of the end for the Union, the event may also be taken as an opportunity to build a new Europe. 

As an author self-publishing Fantasy and Science-Fiction, maybe my voice doesn't count. But I have also a formation in journalism, and as a citizen of the EU, I feel very much concerned by the event. 

My feelings and thoughts about the Brexit are mixed:
  •  The United Kingdom, and England, will remain great
I will not forget England's resistance during the Second World War. Even if I was not born at the time, I still feel grateful toward the fantastic English people.  
  • It's great when the will of the people translates into facts but... 
  • ...not so great when it's for the wrong reasons 
Direct democracy is a wonderful thing. But the thought of needing a visa in order to go in England (I live in France) makes me sad. The reverse is also true, for the English who would want to go to an European country.

If the English people has taken the decision because of the immigration, it's sadder still. The will to close their borders doesn't bring excellent things to peoples usually. 

  • When you play soccer, you are better off playing with 10 players than with 11, if one of them doesn't play the game
As far as international trade and European construction are concerned, I've often had the impression that England was a pawn of the American interests. The United States interests are not the same as the EU. 

Also, we have to remember that Jean Monnet, one of the creators of Europe, shared bonds with the CIA. Another article on the subject, in English this one. Which brings me to...

  • Since the fall of the Berlin wall, Europe must rethinks itself. It's even more urgent now
The Brexit could become a great opportunity for the Europeans to say goodbye both to the Europe viewed just as a tool to fight communism, and to the ultraliberal Europe of the City. 

I wish that the City will no longer be the financial heart of the EU. This was a monstrous anomaly, as the English people never adopted the euro currency. 

I also wish that the EU breaks away from the German politic of austerity. Because... 

  • We must avoid the domino effect
Many peoples are not happy with the European Union now. The Dutch, the Portuguese, the Greek, the French come to mind. But one of the great effects of Europe is the peace it provides, which must not be taken has granted. 

If we turn our backs on ultraliberalism, we will be able to build a far better, fairer Europe. The Brexit, for how sad as it may be, must be taken as an opportunity.

lundi 20 juin 2016

Exclusivité et autoédition: ma réaction à l'article du site Autoéditeur.com

Cyril Godefroy a fait paraître un article intéressant sur les risques de l'exclusivité, en mettant en relief les manœuvres parfois brutales de l'acteur numéro un dans le domaine des ebooks, Amazon, et ce à différents niveaux. Je poste ici ma réaction, après avoir commenté l'article directement.

L'article de Cyril est ici

Ceux qui connaissent mon blog ne verront sans doute rien de bien nouveau dans mon argumentaire. Cela dit, l'information est tellement volatile sur le net, que même répétée, elle peut avoir son utilité.

Il faut rappeler que même d'un point de vue business pur, la solution de passer en exclusivité par Amazon n'est pas forcément gagnante pour les auteurs.

En fait, on pourrait même dire que pour 95% des auteurs, en l'occurrence ceux qui ne sont pas adeptes du marketing et n'ont pas les chiffres de ventes suffisants pour que leurs ebooks deviennent visibles dans Kindle Unlimited, KDP Select et KU, non seulement ne servent à rien, mais réduisent plus encore leur visibilité, en les empêchant d'être présent ailleurs que sur Amazon, où ils ne sont déjà pas visibles.

Seuls les auteurs qui ont mené des expérimentations et comparé leurs chiffres de vente peuvent dire si oui ou non, il vaut mieux pour eux passer par KDP Select (l'option d'exclusivité d'Amazon).

Les meilleures ventes grâce à KDP Select n'ont rien d'automatique. Il y a plusieurs choses qui font la popularité de l'exclusivité Amazon, mais ce ne sont pas forcément les "bonnes" raisons:

- facilité de publication lié à l'interlocuteur unique et paresse de l'auteur
- de nombreux auteurs qui choisissent KDP Select sont des auteurs anciennement publiés par l'édition traditionnelle, ou qui avaient ou ont le projet de trouver un éditeur, et ne veulent avoir qu'un seul interlocuteur
- méconnaissance des autres plates-formes
- méconnaissance du fonctionnement d'Amazon, et surestimation des avantages de KDP Select
- aura d'Amazon en tant que site n°1 pour la vente de livres et d'ebooks
- possibilité "en trompe l’œil" de retirer ses ebooks de KDP Select au bout de trois mois (possibilité qui, en raison de la première raison, est rarement exploitée)

Il y a aussi, bien sûr, les auteurs qui utilisent KDP Select à bon escient et en tirent profit. Mais même parmi ces derniers, seuls quelques-uns ont vraiment expérimenté sur toutes les plates-formes et savent à quoi s'en tenir. 

Comme le dit très bien Cyril dans son article, on ne peut que constater qu'Amazon profite aussi de la faiblesse et de l'inertie de ses concurrents. 

Ces derniers ont cependant le mérite d'exister, et de rendre de plus en plus visibles certains auteurs indépendants, certes encore trop peu nombreux. 

Les auteurs indépendants doivent savoir miser en nombre suffisamment important sur d'autres sites qu'Amazon s'ils espèrent créer un marché plus diversifié pour leurs œuvres: il ne faut pas tout attendre d'un sauveur unique dont la chaloupe est déjà passablement surchargée.